La start-up française Rosi, spécialisée dans le recyclage des panneaux photovoltaïques, a bouclé un tour de financement de série B de plus de 20 millions d’euros. Cette levée de fonds doit lui permettre d’industrialiser sa technologie de recyclage et d’accélérer la mise en service de sa nouvelle usine à Teruel, en Espagne. L’objectif : récupérer des matériaux critiques comme l’argent, le silicium et le cuivre avec une pureté suffisante pour être réintroduits dans l’industrie.
Ce tour de table de 20 millions d’euros réunit à la fois des investisseurs internationaux et des actionnaires historiques. Parmi eux figurent InnoEnergy, le géant du transport maritime CMA CGM, le Conseil européen de l’innovation (EIC) et la société de gestion espagnole G3T. La banque d’affaires zurichoise Finadvice, spécialisée dans la deeptech, a joué le rôle de conseiller financier stratégique et a également participé en tant qu’investisseur, aux côtés de sociétés de gestion suisses et polonaises.
Ce financement doit permettre à Rosi de déployer ses projets industriels, en particulier son site espagnol de Teruel. Il s’agit de la première ligne entièrement standardisée de sa technologie de recyclage, qui bénéficie de l’expérience acquise sur son site pilote dans les Alpes françaises.
Située à Teruel, en Aragon, la future usine de Rosi disposera d’une capacité de traitement de 10 000 tonnes de panneaux solaires par an. Elle produira des matières premières recyclées de haute pureté : argent, silicium, cuivre, aluminium et verre. Les études préliminaires sont achevées ; la phase de construction débutera dès la finalisation du cahier des charges techniques et l’obtention des autorisations nécessaires.
L’implantation en Espagne n’est pas un hasard : le pays est l’un des leaders européens du solaire photovoltaïque, avec une forte croissance du déploiement de panneaux. Selon SolarPower Europe, la capacité installée en Espagne dépasse les 25 GW en 2024, générant d’importants gisements de déchets en fin de vie.
La technologie développée par Rosi repose sur un procédé de pyrolyse. Cette décomposition thermique des matériaux organiques en absence d’oxygène permet d’isoler les métaux présents dans les cellules photovoltaïques sans les dégrader. La pyrolyse est déjà utilisée dans l’industrie chimique pour produire de l’éthylène, du carbone ou du coke, mais Rosi l’a adaptée spécifiquement aux panneaux solaires.
« L’argent représente moins de 0,1 % des composants d’un module solaire, mais constitue une part significative de sa valeur, explique Yun Luo, cofondatrice et présidente de Rosi Solar. Notre procédé innovant sépare les métaux et les cellules de manière à préserver la pureté des matériaux. » Cette approche permet de récupérer du silicium de qualité suffisante pour être réutilisé dans la fabrication de nouvelles cellules ou dans d’autres secteurs industriels.
Rosi a également mis au point un procédé breveté pour purifier le silicium issu des déchets de découpe de plaquettes, avec le soutien de l’Ademe pour la validation du concept.
Le recyclage des panneaux solaires est un enjeu stratégique pour l’Union européenne, qui cherche à réduire sa dépendance aux importations de matières premières critiques. L’argent, le silicium et le cuivre sont classés comme stratégiques par la Commission européenne. Une usine comme celle de Teruel contribuera à sécuriser l’approvisionnement en ces matériaux tout en limitant l’impact environnemental de l’extraction minière.
Selon l’IEA-PVPS, le volume mondial de déchets photovoltaïques pourrait atteindre 78 millions de tonnes d’ici 2050. Des technologies de recyclage efficaces comme celle de Rosi sont donc essentielles pour boucler la boucle de l’économie circulaire.
En France, Rosi fait partie des six opérateurs industriels retenus par Soren, l’éco-organisme agréé pour la collecte et le traitement des panneaux photovoltaïques en fin de vie. À l’issue d’un appel d’offres public, Rosi a été sélectionné aux côtés d’Envie 2E, Galloo, RVE et First Solar. Ces acteurs disposent d’installations réparties en France métropolitaine et dans les outre-mer, et pourront traiter ensemble plus de 45 000 tonnes de modules solaires par an.
Cette reconnaissance par Soren confirme la pertinence de l’approche de Rosi et ouvre la voie à un déploiement industriel à grande échelle. L’usine espagnole viendra compléter les capacités françaises et européennes de recyclage, en visant des taux de récupération supérieurs à 95 %.
Avec ce nouveau financement et l’usine de Teruel, Rosi se positionne comme un acteur incontournable du recyclage photovoltaïque en Europe. La start-up prévoit d’étendre sa capacité de traitement dans les prochaines années et de nouer des partenariats avec les fabricants de panneaux et les producteurs d’énergie. L’objectif est de créer une filière circulaire complète, de la collecte des modules usagés à la réintroduction des matériaux recyclés dans la fabrication de nouveaux panneaux.
Pour en savoir plus, consultez le site officiel de Rosi Solar ou les rapports de l’IRENA sur le recyclage des énergies renouvelables.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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