Leasing social pour pompe à chaleur : ouverture du guichet pour les ménages modestes en 2026

Un nouveau cap dans l’électrification du chauffage

Le gouvernement a officiellement lancé le 16 juillet 2026 le guichet réservé aux opérateurs pour le dispositif de leasing social dédié aux pompes à chaleur (PAC). Cette mesure, inscrite dans le plan d’électrification des usages annoncé en avril 2026, ambitionne d’équiper 25 000 foyers d’ici 2028. Elle vise les ménages aux revenus les plus bas, pour qui l’investissement initial dans une PAC reste un obstacle majeur. Grâce à ce mécanisme, l’installation est prise en charge par un opérateur lauréat du marché public, et le coût est étalé sur trois ans via des mensualités modérées.

Comment fonctionne le leasing social pour pompe à chaleur ?

Le principe du leasing social est simple : l’État confie à des opérateurs agréés la mission d’installer la pompe à chaleur chez le bénéficiaire. Le ménage ne paie qu’une mensualité fixe pendant 36 mois, puis devient propriétaire de l’équipement sans frais supplémentaires. Seule la facture d’électricité liée au fonctionnement de la PAC reste à sa charge, mais celle-ci est estimée jusqu’à trois fois inférieure à l’ancienne facture de chauffage, notamment pour les foyers utilisant du gaz, du fioul ou du propane.

Ce modèle permet d’éliminer le coût d’achat et d’installation, souvent compris entre 10 000 et 15 000 euros pour une PAC air-eau, tout en garantissant une transition énergétique rapide pour les ménages précaires. L’opérateur se rémunère via les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et les aides publiques associées.

Quels avantages concrets pour les foyers ?

  • Économies immédiates : la mensualité est généralement inférieure à ce que le ménage dépensait en combustible fossile chaque mois.
  • Confort accru : la pompe à chaleur offre un chauffage homogène et peut aussi produire de l’eau chaude sanitaire.
  • Valorisation du logement : l’installation d’une PAC améliore le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), ce qui peut augmenter la valeur du bien.
  • Bénéfice environnemental : en remplaçant une chaudière gaz ou fioul, on réduit les émissions de CO₂ de 50 à 70 % selon l’ancien système.

À l’issue des trois ans, le ménage devient propriétaire, sans aucun reste à charge. L’entretien courant reste de son ressort, mais l’opérateur doit fournir une garantie minimale de deux ans sur l’installation.

Conditions d’éligibilité et modalités pratiques

Le dispositif s’adresse aux ménages aux revenus très modestes et modestes, sur le même barème que MaPrimeRénov’ pour les pompes à chaleur. En 2026, les plafonds de ressources annuels sont les suivants (pour un ménage en métropole) :

  • Ménage très modeste : revenu fiscal de référence inférieur à 28 000 € (pour un couple avec un enfant).
  • Ménage modeste : revenu fiscal de référence entre 28 000 € et 40 000 €.

Les logements doivent être des résidences principales, individuelles ou des logements collectifs dans certains cas. La pompe à chaleur doit être de type air/eau ou géothermique, avec une performance énergétique minimale (SCOP ≥ 4). L’installation doit être réalisée par un professionnel certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).

Les ménages intéressés ne peuvent pas candidater directement au guichet public. Ce sont les opérateurs (entreprises spécialisées, associations, collectivités) qui répondent à l’appel d’offres, puis proposent leurs offres aux foyers éligibles. Une liste des opérateurs lauréats sera publiée le 15 septembre 2026 sur le site du ministère de la Transition écologique.

Calendrier : les dates clés à retenir

  • 16 juillet 2026 : ouverture du guichet pour les opérateurs souhaitant candidater.
  • 15 septembre 2026 : annonce des lauréats retenus par l’État.
  • À partir d’octobre 2026 : déploiement des premières installations chez les ménages.
  • 1er septembre 2026 : entrée en vigueur de la bonification CEE réservée aux modèles fabriqués en Europe.
  • 2028 : objectif de 25 000 foyers équipés.

La bonification CEE réservée aux pompes à chaleur made in Europe

Pour accompagner ce dispositif, le gouvernement a annoncé que la bonification « Coup de pouce Chauffage » pour les pompes à chaleur sera réservée, à partir du 1er septembre 2026, aux modèles agréés fabriqués sur le continent européen. Cette mesure vise deux objectifs : soutenir l’industrie européenne face à la concurrence asiatique, et garantir des critères de qualité et de recyclabilité plus stricts. Les opérateurs qui installent des PAC certifiées européennes bénéficieront d’un bonus de 200 à 500 € par installation dans le cadre des CEE, ce qui pourra réduire d’autant le coût pour le ménage ou améliorer la rentabilité du leasing social.

Leasing social pour pompe à chaleur : ouverture du guichet pour les ménages modestes en 2026

Les fabricants européens comme Atlantic, Viessmann, Daikin (produits en Europe), Hitachi ou Stiebel Eltron sont déjà positionnés. Il est conseillé aux ménages de vérifier l’origine de fabrication de la PAC proposée par leur opérateur.

Comment trouver un opérateur et candidater ?

Les ménages éligibles doivent se rapprocher des opérateurs lauréats une fois la liste publiée. En attendant, il est possible de se renseigner auprès de :

  • L’ADEME pour des informations générales sur les pompes à chaleur et les aides.
  • Le site Service-Public.fr pour vérifier son éligibilité aux aides énergétiques.
  • Les espaces France Rénov’ (anciennement FAIRE) : des conseillers locaux peuvent orienter les foyers.

Il est recommandé de préparer dès maintenant son avis d’imposition pour justifier de ses revenus, et de demander un diagnostic énergétique gratuit si le logement a plus de 15 ans.

Un pas décisif pour la transition énergétique des ménages modestes

Le leasing social pour pompe à chaleur s’inscrit dans une stratégie plus large de décarbonation du chauffage, qui représente 45 % de la consommation énergétique des logements en France. En ciblant les foyers les plus vulnérables, le gouvernement espère à la fois réduire les émissions de gaz à effet de serre (environ 1,2 tonne de CO₂ par an et par foyer remplaçant une chaudière fioul) et lutter contre la précarité énergétique. Près de 12 % des ménages français consacrent plus de 8 % de leurs revenus au chauffage selon l’Observatoire national de la précarité énergétique.

Avec 25 000 installations prévues d’ici 2028, ce dispositif représente un investissement public estimé à 200 millions d’euros, financés par le budget du plan France Relance et les CEE. Si le succès est au rendez-vous, le gouvernement pourrait étendre le leasing social à d’autres équipements (chauffe-eau thermodynamique, radiateurs connectés) dans les années suivantes.

Pour en savoir plus, consultez la page officielle du ministère de la Transition écologique.

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