La France toujours en retard dans les renouvelables, malgré les progrès du solaire - PV SOLAIRE ÉNERGIE

La France toujours en retard dans les renouvelables, malgré les progrès du solaire

La France a connu l’an dernier une nette accélération dans le déploiement des installations solaires mais reste malgré tout en retard et rate dans l’éolien les objectifs que le pays s’était lui-même fixés pour 2020-23, selon le Baromètre annuel Observ’ER publié jeudi.
 
La France affichait à fin septembre 2023 plus de 70 gigawatts (GW) de capacités électriques renouvelables, issues à 37% des barrages, construits il y a des dizaines d’années. Les autres principales filières sont l’éolien (22,5 GW) et le solaire photovoltaïque (19 GW).
 
Energies marines, géothermie, biomasse et déchets comptent pour une part minime (4% des capacités électriques vertes du pays). L’éolien marin, avec le raccordement de nouveaux parcs (Saint-Brieuc, Fécamp), doit cependant contribuer à accélérer le mouvement.
 
Notablement, le solaire photovoltaïque a redressé « de façon spectaculaire » son rythme de croissance, souligne le rapport, réalisé avec la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) et l’Ademe, l’agence de la transition écologique.
 
« Il y a quelques années encore on allait dans le mur! », note un des auteurs, Frédéric Tuillé, qui relève un « changement de dynamique ».
 
Le secteur a installé 8 GW en trois ans, soit autant que sur la période 2012-2020. Un succès porté par les grandes toitures et l’autoconsommation des particuliers, artisans, entreprises, collectivités… désireux de s’assurer un approvisionnement et des prix stables et prévisibles dans un contexte de crise de l’énergie.
 
A 19 GW fin septembre et 19,5 GW attendu fin 2023, le photovoltaïque devrait se rapprocher de l’objectif fixé par l’Etat de 20,1 GW à fin 2023, note le bilan.
 
En revanche, l’activité sur le segment des très grandes installations (1 MW et plus) est « beaucoup plus erratique », pointe le rapport.
 
Celui-ci est en outre prudent pour les objectifs suivants, fixés par la loi à 35,1-44 GW pour la fin 2028, et note que le solaire devrait pour cela encore accélérer.
 
En revanche, pas d’amélioration observée sur l’éolien terrestre, avec environ un GW installé l’an dernier, note le bilan.
 
Avec un total de 22,3 GW raccordés fin 23, la France finit loin de son objectif de 24,1 GW pour la fin 2023. En comparaison, l’Allemagne comptait 66,2 GW d’éolien installés fin 2022 (dont 8 GW d’offshore).
 
L’accumulation des freins réglementaires et administratifs porte le délai moyen d’obtention de l’autorisation de construction, purgée de recours, à sept ans, soit plus du double que dans d’autres pays européens, expliquent les auteurs.
 
Pour atteindre les objectifs actuels de 33,2-34,7 GW à fin 2028, il faudrait doubler le rythme de déploiement, à 2 GW par an.
 
Le secteur des énergies renouvelables a en 2022 couvert 28% de la consommation électrique en France. Il représente plus de 69.000 emplois directs, pour un chiffre d’affaires de 17,15 milliards d’euros.

    

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