Lors du colloque annuel de l’Union française de l’électricité (UFE), Maud Bregeon, ministre de l’Énergie, a réaffirmé la feuille de route du gouvernement : poursuivre simultanément le développement du nucléaire et des énergies renouvelables, tout en accélérant massivement l’électrification des usages. Ce message de continuité arrive à moins d’un an de l’élection présidentielle, dans un contexte géopolitique tendu et des marchés de l’énergie toujours volatils.
La ministre a insisté sur l’urgence de renforcer l’indépendance énergétique nationale. « L’énergie est devenue une composante du conflit à part entière », a-t-elle déclaré, en référence aux tensions internationales qui perturbent les approvisionnements. Selon elle, « l’urgence de la transition se rappelle à nous chaque jour ».
Pour en savoir plus sur les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie, consultez le site officiel du ministère de la Transition écologique.
Maud Bregeon a rappelé que la France dispose d’atouts considérables pour réussir sa transition énergétique. « Nous avons un parc nucléaire performant et des parcs d’énergies renouvelables qui se déploient rapidement. C’est une excellente nouvelle », a-t-elle souligné. Le gouvernement entend capitaliser sur cette double force pour atteindre ses objectifs climatiques.
Depuis la crise énergétique de 2022, la France a accéléré sur tous les fronts : relance du nucléaire avec les projets EPR2, développement des filières solaire et éolienne, et électrification de l’économie. « Il aura fallu des crises pour accélérer sur les énergies renouvelables et pour développer l’électrification », a observé la ministre, appelant à ne pas relâcher l’effort.
Concernant la production d’électricité, le gouvernement maintient le cap fixé dans la PPE3. « Nous faisons le choix d’accélérer le développement de la production électrique, renouvelable et nucléaire », a insisté Maud Bregeon. Cette double approche vise à sécuriser l’approvisionnement tout en réduisant les émissions de CO2.
Les objectifs de la PPE3 sont ambitieux : porter la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie à au moins 33 % d’ici 2030, contre environ 20 % aujourd’hui. Un défi de taille qui nécessite des investissements massifs et une planification rigoureuse.
Les filières renouvelables ont reçu un message de soutien particulièrement attendu. Alors que certains acteurs craignaient un ralentissement lié aux échéances électorales de 2027, Maud Bregeon a voulu dissiper toute ambiguïté. Après avoir évoqué l’accélération de l’éolien en mer (avec le lancement de l’appel d’offres AO10 de 10 GW), elle a confirmé la poursuite des appels d’offres pour l’éolien terrestre et le photovoltaïque.
« Nous ouvrirons de nouveaux appels d’offres cet automne », a-t-elle indiqué, précisant que l’objectif est d’ouvrir un nouvel appel d’offres dès janvier prochain. « Il est hors de question d’avoir un abandon ou une mise sur pause qui mettrait entre parenthèses toute perspective pendant au moins douze mois », a-t-elle affirmé devant les représentants des filières.
Ces annonces sont cruciales pour maintenir la dynamique du secteur photovoltaïque en France. Pour suivre l’actualité des appels d’offres, le site de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie régulièrement les calendriers actualisés.
Les prochains appels d’offres devraient concerner des volumes significatifs pour le solaire photovoltaïque et l’éolien terrestre. Le gouvernement souhaite maintenir un rythme de déploiement soutenu, avec des objectifs annuels de plusieurs GW pour chaque filière.
Selon les données de l’Union française de l’électricité (UFE), la France a installé environ 3 GW de capacités photovoltaïques en 2025. L’objectif est de porter ce chiffre à 5-6 GW par an d’ici 2030 pour rester sur la trajectoire de la PPE3.
Maud Bregeon a également rejeté l’idée d’une opposition entre nucléaire et renouvelables. « On ne choisit pas entre le nucléaire et les énergies renouvelables », a-t-elle déclaré, réaffirmant la complémentarité des différentes sources de production dans le futur mix électrique français.
Cette approche pragmatico-consensuelle vise à rassembler les acteurs de la filière énergétique autour d’un objectif commun : décarboner le mix électrique tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement. Le nucléaire assure une production de base stable et pilotable, tandis que les renouvelables apportent flexibilité et réduction des coûts marginaux.
Pour approfondir ce débat, l’article de Connaissance des Énergies propose une analyse détaillée des complémentarités techniques entre nucléaire et renouvelables.

Au-delà de la production, Maud Bregeon a surtout insisté sur la nécessité de développer les usages électriques. L’objectif gouvernemental est de porter la part de l’électricité de 28 % à 40 % de la consommation énergétique française d’ici 2035. Une évolution qu’elle a qualifiée de « défi majeur ».
Cette stratégie passe notamment par :
La ministre a notamment annoncé la prochaine désignation des cent « territoires d’électrification ». Ces zones pilotes serviront de laboratoires pour expérimenter des solutions innovantes (smart grids, autoconsommation collective, mobilité électrique partagée) avant un déploiement national.
Ces territoires bénéficieront d’un accompagnement spécifique de l’État pour préparer la sortie progressive des énergies fossiles. L’objectif est d’identifier les bonnes pratiques et de les diffuser à l’ensemble du territoire.
Pour en savoir plus sur les territoires d’électrification, le site de l’ADEME propose des ressources et des retours d’expérience sur ces démarches.
Voici un aperçu du calendrier annoncé par la ministre :
| Période | Type d’appel d’offres | Volume prévu |
|---|---|---|
| Automne 2026 | Photovoltaïque au sol | 1 GW |
| Automne 2026 | Éolien terrestre | 800 MW |
| Janvier 2027 | Photovoltaïque sur bâtiments | 500 MW |
| Janvier 2027 | Éolien en mer (AO10 suite) | 10 GW |
Ces volumes sont donnés à titre indicatif et pourront être ajustés en fonction des retours du marché et des objectifs de la PPE3.
Le secteur photovoltaïque français bénéficie d’un contexte favorable avec la baisse continue des coûts des panneaux solaires et l’amélioration des rendements. Les appels d’offres réguliers offrent une visibilité aux acteurs industriels et permettent de maintenir une filière compétitive.
Selon les dernières données de l’Union française de l’électricité, la France a dépassé les 20 GW de capacités photovoltaïques installées fin 2025. L’objectif de la PPE3 est d’atteindre 35 à 40 GW d’ici 2030, ce qui nécessite un rythme d’installation soutenu.
Les acteurs du secteur peuvent consulter le site de l’Syndicat des énergies renouvelables (SER) pour suivre l’actualité réglementaire et technique de la filière.
Les annonces de Maud Bregeon confirment la volonté du gouvernement de maintenir le cap sur les énergies renouvelables, malgré les échéances électorales et les tensions géopolitiques. Les appels d’offres à venir offrent une visibilité précieuse aux acteurs de la filière, qu’il s’agisse du photovoltaïque, de l’éolien terrestre ou de l’éolien en mer.
La complémentarité assumée entre nucléaire et renouvelables, couplée à l’objectif ambitieux d’électrification des usages, dessine une trajectoire cohérente pour la transition énergétique française. Reste à transformer ces annonces en projets concrets sur le terrain, avec les collectivités locales et les citoyens.
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Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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