EDF associe batteries et hydraulique pour soutenir le réseau électrique

Face aux enjeux croissants de stabilité du réseau électrique français, EDF innove avec une solution hybride inédite. En combinant des batteries lithium-ion et des centrales hydroélectriques au fil de l’eau, le groupe a mis en service une centrale virtuelle capable de réagir en moins d’une seconde. Cette installation, baptisée « Stockage Énergie Catalan » (SEC), constitue une première sur le territoire métropolitain et illustre la transition vers un système électrique plus flexible et décentralisé.

Une centrale virtuelle unique en France métropolitaine

Implantée à Baixas, dans les Pyrénées-Orientales, la centrale virtuelle SEC développe une capacité totale de 28 MW. Elle repose sur l’association de quatre conteneurs de batteries lithium-ion disséminés dans le département et de dix centrales hydroélectriques au fil de l’eau exploitées par EDF dans le sud de la France. L’ensemble est piloté en temps réel par un système intelligent de gestion de la puissance et de l’énergie, fruit des travaux de la R&D d’EDF.

SEC constitue la toute première installation de stockage par batteries d’EDF en France métropolitaine. À titre de comparaison, le groupe dispose déjà de 1 GW de capacités de stockage en exploitation et de 1,7 GW en construction à l’international ainsi que dans les zones non interconnectées d’outre-mer. Ce projet marque donc un tournant stratégique pour l’électricien, qui cherche à étendre son expertise sur le territoire continental.

Technologie et performance : une réponse ultra-rapide aux besoins du réseau

La particularité de SEC réside dans sa capacité à réagir en seulement 500 millisecondes. Elle peut atteindre sa puissance maximale en 30 secondes, ce qui lui permet de répondre aux sollicitations de RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité français. L’installation peut injecter ou absorber de l’électricité pendant des périodes allant jusqu’à quinze minutes.

Pour y parvenir, elle mobilise de manière coordonnée les batteries dans un premier temps, puis les centrales hydroélectriques dans un second temps. Cette complémentarité permet d’ajuster finement la production en fonction des fluctuations de la demande et des apports des énergies renouvelables. Le système intelligent gère ainsi l’équilibre fréquence du réseau en temps réel, garantissant une stabilité optimale.

Un projet collaboratif au service de la transition énergétique

La centrale virtuelle SEC est le fruit d’une collaboration étroite entre plusieurs entités du groupe EDF : EDF Power Solutions, Agregio Solutions, EDF Hydro, la R&D, ainsi que les équipes d’optimisation. Cette synergie interne illustre la capacité d’EDF à mobiliser ses compétences diversifiées pour développer des solutions innovantes.

Au-delà de sa performance technique, SEC joue un rôle clé dans la transition énergétique. En permettant une meilleure intégration des énergies renouvelables intermittentes comme le solaire ou l’éolien, elle contribue à réduire la dépendance aux centrales fossiles. Selon EDF, cette installation pourrait servir de modèle pour d’autres régions de France et d’Europe.

Les bénéfices concrets pour le réseau électrique français

L’association de batteries et d’hydraulique offre plusieurs avantages :

EDF associe batteries et hydraulique pour soutenir le réseau électrique

  • Réactivité accrue : les batteries fournissent une réponse quasi instantanée, tandis que les centrales hydroélectriques assurent un soutien prolongé.
  • Optimisation des coûts : le système intelligent permet de réduire le recours aux centrales de pointe, souvent coûteuses et polluantes.
  • Réduction des émissions de CO2 : en favorisant le stockage d’électricité renouvelable, SEC limite l’usage d’énergies fossiles.
  • Fiabilité renforcée : la redondance entre batteries et hydraulique garantit une sécurité d’approvisionnement accrue.

Selon les experts d’ADEME, ce type d’installation hybride est appelé à se multiplier dans les années à venir, en particulier dans les régions où le potentiel hydraulique est important.

Perspectives d’avenir pour le stockage d’énergie en France

Le succès de SEC ouvre la voie à d’autres projets de centrales virtuelles en France métropolitaine. EDF prévoit d’étendre ce modèle à d’autres territoires, notamment dans les Alpes et les Pyrénées, où le réseau hydroélectrique est dense. Par ailleurs, le groupe investit dans la recherche sur les batteries de nouvelle génération, comme les batteries sodium-ion ou les batteries à flux.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), qui fixe des objectifs ambitieux pour le stockage d’énergie en France. D’ici 2035, le pays devrait multiplier par cinq ses capacités de stockage stationnaire, un objectif que des projets comme SEC permettent d’envisager sereinement.

Conclusion : une innovation au service d’un réseau plus résilient

En associant batteries lithium-ion et centrales hydroélectriques au fil de l’eau, EDF démontre qu’il est possible de combiner réactivité et durabilité. La centrale virtuelle SEC représente une avancée majeure pour la stabilité du réseau électrique français et pour l’intégration des énergies renouvelables. Avec ce projet, EDF prouve que l’innovation technologique et la collaboration interne peuvent répondre aux défis de la transition énergétique.

Pour les collectivités locales et les industriels, ce modèle offre une solution concrète pour sécuriser l’approvisionnement électrique tout en réduisant l’empreinte carbone. Reste à savoir si d’autres opérateurs emboîteront le pas à EDF pour généraliser ce type d’installation hybride sur l’ensemble du territoire.

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