Dans l’Oise, l’ancienne base aérienne 110 de Creil, Apremont et Verneuil-en-Halatte connaît une métamorphose spectaculaire. Ce site historique, jadis dédié à l’aviation militaire, accueille désormais le deuxième parc solaire le plus puissant de France, développé par Rubis Photosol. Avec une puissance installée de 202 MWc et une production annuelle de 202 GWh, cette installation photovoltaïque s’impose comme un pilier de la transition énergétique dans les Hauts-de-France.
La base aérienne 110 « Lieutenant-colonel Guy de La Horie » trouve ses racines en 1910, aux débuts de l’aviation. Officiellement créée en 1954, elle a joué un rôle stratégique pendant plus d’un demi-siècle, accueillant notamment la 10e escadre de chasse. Après la cessation des activités aériennes, le site est devenu une friche militaire marquée par une pollution pyrotechnique héritée des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Cette contamination rendait impossible toute reconversion classique en logements ou activités économiques, mais offrait un terrain idéal pour un projet solaire d’envergure.
Le choix de transformer ces 250 hectares en parc photovoltaïque répond à une double nécessité : valoriser un foncier inutilisable autrement et contribuer massivement à la production d’énergie renouvelable. La localisation, proche de Paris et des grands axes de transport, facilite en outre le raccordement au réseau électrique national.
En 2018, le ministère des Armées a lancé le plan national « Place au Soleil » pour mobiliser jusqu’à 2 000 hectares de terrains militaires inutilisés, avec l’objectif d’accélérer le déploiement de l’énergie solaire en France. Sur les 32 sites sélectionnés, la base de Creil s’est imposée comme un projet phare. Cette démarche illustre la volonté de l’État de concilier reconversion de friches militaires et transition énergétique, en s’appuyant sur des acteurs privés comme Rubis Photosol.
L’initiative s’inscrit dans la stratégie nationale bas-carbone et la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui visent à multiplier par cinq la puissance solaire installée d’ici 2050. Des informations complémentaires sont disponibles sur le site du ministère de la Transition écologique.
Le projet de Creil représente un investissement total de 150 millions d’euros. Sur ce montant, 130 millions d’euros ont été levés sous forme de dette senior auprès de six banques françaises, dont la Caisse d’Épargne CEPAC et Bpifrance. Olivier Camau, directeur de la Banque des Territoires Hauts-de-France, a salué « un protocole d’accord exemplaire pour la transformation écologique ». Guillaume Thrierr, directeur financier de Rubis Photosol, a souligné la confiance du secteur bancaire dans la viabilité du projet.
Cette structuration financière solide a permis de sécuriser l’ensemble de la chaîne de valeur, de la conception à l’exploitation. Le parc solaire est désormais opérationnel et produit l’équivalent de la consommation annuelle de 85 000 personnes, évitant le rejet de plus de 13 000 tonnes de CO2 par an.
Rubis Photosol a fait le choix d’une chaîne d’approvisionnement responsable et locale. Plus des trois quarts des investissements bénéficient à des entreprises et matériaux européens, dont plus de la moitié à des acteurs français. Bien que les panneaux photovoltaïques soient l’élément le plus visible, ils ne représentent que 8 % du prix de vente d’un kWh sur la durée de vie du projet. L’essentiel de la valeur créée est ancré en Europe, via l’exploitation, la maintenance, la fiscalité locale et les services.
Cette approche renforce la souveraineté énergétique et économique des territoires. Elle s’inscrit dans une tendance plus large, documentée par la Commission de régulation de l’énergie, qui encourage le recours à des filières industrielles locales pour les grands projets renouvelables.

Avant l’installation des panneaux, un vaste travail de dépollution pyrotechnique a été mené. Les engins explosifs non neutralisés datant de la Seconde Guerre mondiale ont été soigneusement retirés. En parallèle, les services de l’État, notamment la Direction régionale des affaires culturelles et les Architectes des Bâtiments de France, ont veillé à la préservation des vestiges emblématiques : le dépôt d’armement, les antennes de radionavigation aérienne, plusieurs bunkers uniques en France sur le plan architectural, et un ancien atelier d’assemblage de pièces de bombes nucléaires utilisé dans les années 1980.
Cette double exigence – sécurité et conservation – a nécessité une étroite collaboration entre Rubis Photosol, l’armée et les autorités locales. Le projet démontre qu’il est possible de concilier production d’énergie propre et respect du patrimoine historique.
La diversité des sols – tarmac d’aviation, béton épais, terrains naturels – a constitué un défi géotechnique majeur. Les études préalables ont permis d’adapter les ancrages des structures à chaque configuration : fondations profondes par battage ou préforage sur sols naturels, ancrages mécaniques ou chimiques sur surfaces rigides, et utilisation raisonnée de longrines en béton uniquement là où c’était nécessaire.
Jusqu’à 300 personnes et 11 entreprises ont travaillé sur ce chantier complexe, coordonnant génie civil, électricité, câblage et raccordement. Hamza El Hassnaoui, responsable construction chez Rubis Photosol, a souligné que « la réussite repose sur la coordination rigoureuse de notre équipe, faisant de cette installation une référence en maîtrise et innovation ». La mise en service par tranches, menée en parallèle des travaux, a renforcé la complexité mais aussi l’efficacité du projet.
Le parc solaire de Creil est bien plus qu’une infrastructure énergétique : c’est un moteur de développement territorial. Les collectivités locales perçoivent plus de 600 000 euros par an sous forme de taxes et contributions, des recettes qui financent des services publics locaux. Par ailleurs, une levée de fonds citoyenne a permis de réunir 3 millions d’euros auprès de plus de 400 investisseurs particuliers, habitants de l’Oise et des départements voisins. Ce modèle participatif associe directement les citoyens à la transition énergétique, créant un sentiment d’appropriation et de fierté locale.
Alix Lajoie, présidente de Rubis Photosol, a conclu : « Ce projet illustre notre capacité à concrétiser nos ambitions, entre confiance dans nos choix et dialogue permanent avec les acteurs du territoire. Nous avons construit ensemble bien plus que le second parc solaire le plus puissant de France : une expérience fondatrice de notre trajectoire industrielle. »
Ce projet exemplaire ouvre la voie à d’autres reconversions de friches militaires et industrielles en centrales solaires, partout en France. Pour en savoir plus sur les projets de Rubis Photosol, consultez leur site officiel.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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