Plus de 1 500 GW de projets d’énergies renouvelables seraient actuellement bloqués dans des files d’attente de raccordement en Europe, tandis que la puissance des centres de données pourrait atteindre 35 GW d’ici 2030. Face à cet engorgement des réseaux, le groupe CHINT a présenté au salon CIGRE 2026, à Paris, une gamme complète de solutions de transport et de distribution destinées à accélérer leur modernisation.
En bref :
Les réseaux européens doivent relever simultanément deux défis : intégrer des volumes croissants d’électricité renouvelable et répondre à l’augmentation de la demande, notamment celle des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Dans plusieurs grands pôles économiques européens, les délais de raccordement peuvent désormais atteindre sept à dix ans. Selon les données citées par CHINT, plus de 1 500 GW de projets d’énergies renouvelables seraient actuellement engagés dans des files d’attente de raccordement en Europe, tandis que la puissance informatique des centres de données européens pourrait atteindre 35 GW à l’horizon 2030. Cette situation place la capacité des réseaux au cœur des enjeux de compétitivité industrielle et numérique : les investissements nécessaires à leur modernisation et à leur extension sont estimés entre 650 et 900 milliards d’euros en Europe pour la période 2026-2035.
« Le goulet d’étranglement ne se situe plus seulement au niveau des capacités de production, mais aussi dans les réseaux. Les infrastructures européennes n’évoluent pas au même rythme que la demande », souligne Beibei Zheng, vice-présidente de CHINT Global. Selon elle, les gestionnaires de réseaux ont besoin de partenaires capables de fournir rapidement des solutions intégrées, fiables et durables, en s’appuyant sur des équipes locales et des chaînes d’approvisionnement résilientes.
Au CIGRE 2026, organisé du 23 au 28 août au Palais des Congrès de Paris, CHINT a présenté un portefeuille destiné aux gestionnaires de réseaux de transport et de distribution ainsi qu’aux entreprises d’ingénierie et de construction, avec pour objectif d’augmenter la capacité, la flexibilité et la stabilité des infrastructures existantes tout en préparant leurs extensions futures. Pour les réseaux à haute et très haute tension, le groupe a exposé un transformateur de puissance immergé dans l’huile de 1 000 kV, conçu pour limiter les pertes et les nuisances sonores, ainsi que des transformateurs de 750 kV utilisant une huile à base d’ester naturel.
CHINT développe parallèlement une gamme d’appareillages moyenne et haute tension sans hexafluorure de soufre (SF6) — un gaz traditionnellement utilisé pour ses propriétés isolantes mais au pouvoir de réchauffement climatique particulièrement élevé. Parmi les équipements présentés figuraient des cellules en anneau de 24 kV ainsi que des postes sous enveloppe métallique de 145 et 420 kV fonctionnant sans SF6. Le groupe a également mis en avant des solutions pour le stockage d’énergie et les infrastructures numériques : systèmes de stockage en cascade, postes intégrés dotés de convertisseurs de puissance de 13,8 MW, transformateurs statiques, disjoncteurs à semi-conducteurs et modules électriques préassemblés pour centres de données.

CHINT affirme disposer de plus de dix années d’expérience dans le déploiement d’équipements de transport et de distribution en Europe. Ses matériels haute tension sont déjà utilisés dans plusieurs projets importants : un contrat-cadre portant sur 147 transformateurs en Italie, des lots haute tension en France, des transformateurs destinés à l’intégration de parcs solaires et éoliens en Allemagne et en Espagne, ou encore des raccordements d’installations de stockage en Pologne. L’entreprise participe également à des projets de transport d’électricité aux Pays-Bas, en Suède et en Grèce. Pour répondre aux délais d’approvisionnement, qui peuvent atteindre deux à quatre ans chez certains équipementiers européens, CHINT met en avant une capacité mondiale de production supérieure à 10 000 unités par an. Le groupe indique que ses gammes moyenne et haute tension disposent de certifications indépendantes KEMA conformes aux normes IEC, et revendique, selon les projets, une réduction de 20 à 35 % du coût total de possession associée à des délais de livraison raccourcis.
CHINT a organisé le 25 août, sur son stand, une table ronde intitulée « La résilience des réseaux à la croisée des chemins : modernisation, énergies renouvelables, MACF, transformation de la demande sous l’effet de l’IA et nouvelles approches de l’investissement ». La hausse de la consommation des centres de données dédiés à l’IA y a occupé une place centrale, obligeant les opérateurs à anticiper de nouveaux besoins de raccordement tout en recherchant des solutions permettant d’utiliser plus efficacement les infrastructures existantes. Les outils numériques, les algorithmes d’intelligence artificielle et les jumeaux numériques peuvent améliorer la prévision, la conduite et la maintenance des réseaux, mais ne dispensent pas de renforcer les infrastructures physiques : transformateurs de puissance, appareillages de commutation, postes électriques et équipements de protection. « Le prochain défi ne consiste pas simplement à construire davantage d’infrastructures, mais à bâtir un réseau beaucoup plus intelligent, résilient et flexible », a conclu Michel Serra, président de SuperGrid Institute.
La croissance simultanée des projets d’énergies renouvelables (plus de 1 500 GW en file d’attente) et de la demande liée aux centres de données IA (jusqu’à 35 GW d’ici 2030) dépasse le rythme de modernisation des infrastructures de réseau existantes, entraînant des délais pouvant atteindre 7 à 10 ans dans certains pôles économiques.
Le SF6, traditionnellement utilisé comme isolant dans les appareillages électriques, possède un pouvoir de réchauffement climatique très élevé. Les équipements sans SF6, comme ceux présentés par CHINT, permettent de réduire l’empreinte carbone des infrastructures de réseau sans sacrifier leurs performances.
Les investissements nécessaires à la modernisation et à l’extension des réseaux électriques européens sont estimés entre 650 et 900 milliards d’euros pour la période 2026-2035.
En résumé : le CIGRE 2026 a confirmé que le réseau électrique, plus que la seule production, est devenu le principal goulet d’étranglement de la transition énergétique européenne — un constat qui pousse les équipementiers comme CHINT à combiner équipements haute tension nouvelle génération, solutions sans SF6 et outils numériques pour accélérer les raccordements sans attendre des années de construction d’infrastructures. Référence citée dans l’article original : Commission européenne, ETIP SNET, Unlocking the potential of AI and generative AI in European smart grids, 2025. Plus d’informations sur les solutions présentées auprès de CHINT Global.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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