Dans un entretien récent accordé au supplément économique de Midi Libre, André Joffre, président de Tecsol et du pôle de compétitivité DERBI-CEMATER, a livré une analyse percutante sur les défis énergétiques liés à l’essor de l’intelligence artificielle (IA). Selon lui, la France ne peut plus compter durablement sur un excédent d’électricité : les besoins des data centers, couplés à l’électrification des usages, imposent un déploiement massif des énergies renouvelables et en particulier du photovoltaïque.
Publié le 2 juin 2026, cet entretien replace l’Occitanie au cœur des enjeux énergétiques. Région « bénie des dieux » par son ensoleillement, son potentiel éolien et ses ressources agricoles, elle dispose de tous les atouts pour devenir un modèle de la transition. Mais André Joffre prévient : sans accélération des capacités de production, la demande liée au numérique risque de faire vaciller l’équilibre électrique.
L’intelligence artificielle générative, le streaming vidéo, le cloud computing… Autant de technologies qui explosent et qui réclament toujours plus d’électricité. Selon une étude de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation des data centers pourrait doubler d’ici 2030, pour atteindre près de 4 % de la demande mondiale d’électricité. En France, le gestionnaire du réseau RTE estime que la filière numérique pourrait représenter jusqu’à 12 % de la consommation nationale en 2035 contre 5 % aujourd’hui.
André Joffre souligne que cette réalité remet en cause le discours dominant sur le « surplus électrique français » hérité du parc nucléaire historique. « Nous avons besoin de toutes les énergies renouvelables disponibles, et le photovoltaïque arrive en tête grâce à sa compétitivité et à sa rapidité de déploiement », insiste-t-il dans l’entretien. Un message d’autant plus fort que la construction de nouveaux data centers, souvent localisés en Occitanie, accroît la pression sur le réseau local.
Avec plus de 2 500 heures d’ensoleillement par an sur une large partie de son territoire, l’Occitanie est la région française la mieux dotée pour le solaire photovoltaïque. Selon les données d’Enedis, la région comptait fin 2025 plus de 4,5 GW de puissance photovoltaïque installée, soit environ 20 % du parc national. Mais André Joffre estime que ce chiffre pourrait être multiplié par deux d’ici 2030 si les conditions réglementaires et foncières le permettent.
Au-delà du solaire, l’Occitanie mise aussi sur l’éolien terrestre et maritime, le biogaz (via sa forte agriculture) et l’hydrogène vert. Le pôle DERBI-CEMATER, que préside Joffre, fédère d’ailleurs des centaines d’acteurs industriels et académiques autour de ces filières. « Notre région a la chance de concentrer des chercheurs, des fabricants et des installateurs de panneaux solaires, des producteurs de biométhane, des spécialistes de l’éolien flottant… C’est un écosystème unique », rappelle-t-il.
Alors que le prix des panneaux solaires a chuté de plus de 80 % en dix ans, le photovoltaïque s’impose comme l’une des sources d’électricité les moins chères à produire, avec un coût actualisé (LCOE) inférieur à 50 €/MWh dans les régions ensoleillées. André Joffre insiste sur le fait que cette compétitivité permet d’alimenter directement les data centers en autoconsommation, réduisant ainsi leur empreinte carbone.

L’entretien aborde également un angle souvent négligé : le solaire thermique. Alors que la chaleur représente près de 40 % de la consommation énergétique finale, les capteurs thermiques restent sous-exploités en France. « Pourtant, l’Occitanie abrite des industriels de pointe dans ce secteur, et les applications pour l’industrie, le chauffage des bâtiments ou les réseaux de chaleur sont immenses », souligne André Joffre.
Le président de Tecsol ne se contente pas de dresser un état des lieux. Il appelle les pouvoirs publics à intégrer les besoins de l’IA dans les prochaines programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE). « Si nous ne construisons pas dès maintenant des capacités solaires et éoliennes à la hauteur, nous risquons de subir des pénuries ou d’importer une électricité carbonée », avertit-il.
Pour les particuliers et les entreprises, il recommande d’installer des panneaux photovoltaïques en toiture, combinés à du stockage par batterie, afin de lisser la consommation et de réduire la facture. Les aides comme MaPrimeRénov’ ou les certificats d’économies d’énergie (CEE) facilitent aujourd’hui ces investissements.
Loin d’être un simple cri d’alarme, l’entretien d’André Joffre dans Midi Libre propose une feuille de route réaliste : faire de l’intelligence artificielle un accélérateur de la transition énergétique, et non un facteur de régression climatique. Avec le potentiel exceptionnel de l’Occitanie, la région peut montrer l’exemple, à condition que les décisions politiques et industrielles suivent le rythme de l’innovation.
L’intégralité de l’entretien est à retrouver sur le site de Midi Libre. Pour approfondir, vous pouvez consulter les données de RTE sur les prévisions électriques ou le rapport de l’AIE sur la consommation des data centers.
Article rédigé à partir des propos d’André Joffre rapportés par Midi Libre, enrichi de données actualisées sur les énergies renouvelables et l’intelligence artificielle.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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