L’Union européenne intensifie ses efforts pour sécuriser ses infrastructures énergétiques en limitant le financement des projets photovoltaïques équipés d’onduleurs provenant de fournisseurs jugés à haut risque. Cette décision, motivée par des préoccupations croissantes en matière de cybersécurité, a été confirmée par un porte-parole de la Commission européenne à pv magazine. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire la dépendance technologique et à protéger le réseau électrique européen contre d’éventuelles intrusions ou sabotages.

Des orientations strictes pour les projets financés par l’ue

Selon des informations initialement rapportées par le média allemand Der Spiegel, les nouvelles orientations de la Commission européenne imposent des restrictions immédiates. Tous les projets bénéficiant de fonds européens doivent désormais se conformer aux dernières normes de cybersécurité. L’objectif est d’éliminer progressivement les fournisseurs considérés comme présentant un risque élevé pour la sécurité du réseau.

Pour les projets déjà en cours, une période de transition est prévue, à condition qu’ils soient notifiés à la Commission avant le 1er mai et soumis pour décision avant le 1er novembre. En revanche, tous les nouveaux projets doivent exclure ces fournisseurs sans délai. Les projets situés en dehors de l’UE et non connectés au réseau européen disposent d’un délai plus long, avec une élimination complète des onduleurs à haut risque fixée au 15 avril 2027.

Des dérogations ciblées sont possibles, notamment en cas de retards de plus d’un an ou pour des considérations politiques ou de sécurité prépondérantes. Cependant, la Commission n’a pas fourni de détails supplémentaires sur ces exceptions.

Une réponse aux risques de cybersécurité identifiés

Cette décision fait suite à une série d’alertes et de rapports sur les vulnérabilités des infrastructures solaires. En janvier, la Commission européenne a entamé une révision de sa loi sur la cybersécurité. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, a souligné que la dépendance à un nombre très limité de fournisseurs d’onduleurs solaires pourrait constituer un risque de sécurité significatif pour l’Europe.

En décembre dernier, une doctrine de sécurité publiée par la Commission a explicitement identifié les onduleurs solaires comme une dépendance à haut risque. Plus tôt cette année, SolarPower Europe a publié un rapport détaillant les préoccupations en matière de cybersécurité liées aux installations solaires dans l’UE.

Des mesures nationales déjà en place

Plusieurs États membres ont déjà pris des mesures unilatérales. Les Pays-Bas ont déclaré rester vigilants face aux menaces potentielles. La Lituanie a interdit l’accès à distance chinois aux systèmes de gestion des installations solaires, éoliennes et de stockage. En République tchèque, le bureau de cybersécurité a indiqué que les onduleurs solaires chinois dans les petites centrales électriques constituent une menace potentielle pour la sécurité nationale.

Ces actions nationales, combinées aux nouvelles orientations européennes, montrent une volonté politique forte de sécuriser la chaîne d’approvisionnement solaire et de réduire les risques de cyberattaques sur le réseau électrique européen.

Pour en savoir plus sur les enjeux de cybersécurité dans le secteur solaire, consultez le rapport de l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA).

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