Face aux défis de l’intégration massive des énergies renouvelables, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) propose une refonte des mécanismes de soutien au photovoltaïque. L’objectif est clair : encourager le développement de projets hybrides couplant production solaire et stockage par batteries, jugés essentiels pour la stabilité du réseau et l’optimisation des dépenses publiques.
Le développement du parc photovoltaïque français rencontre un défi majeur : la « cannibalisation ». Ce phénomène, lié à une production solaire abondante aux mêmes heures, entraîne une baisse de la valeur marchande de l’électricité produite et multiplie les épisodes de prix négatifs sur le marché. En 2025, la France a enregistré 513 heures de prix négatifs, contre 352 en 2024. Selon les analyses de RTE, ces épisodes ont conduit à une perte de 1,6 TWh de production solaire, soit près de 20% du productible des installations subventionnées.
Cette situation pèse sur les finances publiques, les mécanismes de soutien compensant largement les pertes des producteurs. Avec près de 10 GW de capacités solaires supplémentaires attendus d’ici 2029, la CRE alerte sur l’urgence d’adapter le modèle de soutien pour mieux partager les risques et maîtriser l’évolution des charges de service public de l’énergie (CSPE).
Pour le régulateur, le couplage systématique du solaire avec des solutions de flexibilité, notamment des batteries, est une solution incontournable. Le stockage permet de :
Une dynamique est déjà en marche avec 1,5 GW de capacités de batteries installées fin 2025. Cette tendance doit être accélérée par des signaux économiques et réglementaires adaptés.
La CRE a transmis ses recommandations à la mission Lévy-Tuot. Elles visent à créer un cadre incitatif spécifique pour les projets « PV + stockage », tout en protégeant le budget de l’État.
La proposition phare consiste à changer le mode de calcul du prix de référence servant de base au complément de rémunération. Il ne serait plus pondéré par le profil de production solaire (qui génère aux heures les moins chères), mais calculé comme une moyenne simple des prix de marché. Ce transfert partiel de risque prix vers le producteur l’inciterait naturellement à optimiser ses revenus, notamment en stockant l’électricité pour la revendre plus cher.
Actuellement, cette prime est versée si l’installation photovoltaïque ne produit pas pendant les heures de prix négatifs. La CRE propose de la conditionner à la non-injection sur le réseau de l’installation hybride. Cette nuance est cruciale : elle laisse au producteur la liberté de choisir, pendant ces heures, de charger sa batterie (soit avec sa propre production, soit en soutirant de l’électricité du réseau à prix très bas) en fonction des signaux économiques. Cela aligne l’intérêt du producteur avec les besoins du système, qui est de réduire les injections massives.
Le régulateur propose également de verser le complément de rémunération sur la production photovoltaïque qui, grâce au stockage, aurait été déplacée en dehors des heures de prix négatifs. L’objectif est de récompenser financièrement la production d’électricité décarbonée « utile » au réseau, plutôt que de simplement compenser les arrêts de production.
Consciente des enjeux, la CRE préconise une approche prudente. Ces nouvelles règles seraient d’abord testées de manière expérimentale dans les appels d’offres existants pour les grandes installations (puissance > 100 kWc). Les projets solaires « isolés » et les projets hybrides seraient mis en concurrence, avec une augmentation limitée des prix plafonds (environ +10 €/MWh) pour les projets avec stockage, afin de contenir l’impact budgétaire tout en reconnaissant leur valeur ajoutée pour le réseau.
Cette évolution réglementaire, si elle est adoptée, marquerait un tournant vers un modèle de soutien plus intelligent, récompensant non plus seulement la production d’électricité verte, mais sa valeur pour la stabilité et l’efficacité du système électrique dans son ensemble.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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