Transition énergétique : la solution du secteur des bâtiments pour économiser de l’argent, du temps et de l’énergie - PV SOLAIRE ÉNERGIE

Transition énergétique : la solution du secteur des bâtiments pour économiser de l’argent, du temps et de l’énergie

Par Victor Charvin, Chef de Produit Transition Energétique chez Eaton. Alors que les bâtiments représentent une source importante d’émissions de gaz à effet de serre, avec 40% de l’énergie consommée dans l’UE provenant de ces structures, les innovations du domaine des énergies renouvelables ont considérablement amélioré leur efficacité énergétique. De ce fait, les bâtiments jouent un rôle central dans le processus de transition énergétique. Cependant, malgré la progression au cours de ces dernière années de la production d’énergie renouvelable, les réseaux électriques nationaux demeurent confrontés à un encombrement en raison de la demande croissante en électricité.
Bien que la recherche de durabilité, de sécurité énergétique et d’économies de coûts reste cruciale dans le secteur des bâtiments, la question persiste sur la manière dont les propriétaires de bâtiments tertiaires et résidentiels doivent réagir face à l’augmentation des prix de tous les biens et marchandises.
Voici cinq axes pour y répondre :
1.  Exploiter le potentiel des énergies renouvelables
Au sein de l’Union européenne, un peu plus de 20 % de l’ensemble de l’énergie produite est renouvelable, ce qui est bien inférieur à l’objectif de 42,5 % fixé pour 2030. Les programmes législatifs de l’UE visant à atteindre l’objectif de neutralité carbone, tels que Fit-for-55 et REPowerEU, ont accentué la pression sur les bâtiments afin d’améliorer leur efficacité et de réduire leur empreinte carbone. Par exemple, l’obligation d’équiper tous les nouveaux bâtiments de panneaux solaires entrera en vigueur en 2028, tandis que pour les bâtiments existants, cette exigence débutera en 2032, avec la mise en place des installations prévues à cet effet à partir de 2027.
De plus, en raison de l’encombrement des réseaux électriques causé par le processus global d’électrification, les propriétaires et les entreprises se trouvent confrontés à une saturation rapide de la capacité énergétique de leurs bâtiments lorsqu’ils intègrent des technologies récentes telles que des pompes à chaleur ou des bornes de recharge pour véhicules électriques. Se conformer aux objectifs de réduction des émissions de carbone, se préparer à la croissance future et adopter des pratiques plus durables sont aujourd’hui autant de préoccupations essentielles pour un propriétaire de bâtiment.
Les entreprises seront de plus en plus amenées à développer la production d’énergie renouvelable sur leur propre site afin d’atteindre les objectifs gouvernementaux et de décarbonation, et de compléter leur alimentation électrique. Cependant, la simple installation de panneaux solaires ne suffira pas à lutter contre la crise énergétique et à assurer un avenir décarboné. La mise en place de systèmes de gestion de l’énergie dans les bâtiments et de systèmes de stockage d’énergie par batteries (BESS) augmentera considérablement les avantages des énergies renouvelables, car ceux-ci permettront que l’énergie produite par les bâtiments soit utilisée au moment optimal, et plus seulement instantanément après sa production.  L’adoption des systèmes BESS est une tendance à la hausse qui devrait continuer de croitre.
2. Une utilisation plus intelligente, sans recours excessif, de l’énergie
De nombreuses entreprises investissent dans du matériel informatique et des logiciels de gestion énergétique, et créent ainsi des réseaux intelligents ou des hubs énergétiques. Une partie de l’élément humain de la gestion de l’énergie est ainsi éliminée et l’efficacité est améliorée grâce à des prises de décision instantanées, calculées par algorithmes. Cette gestion de l’énergie permet de gagner du temps et donc de réaliser des économies.
Cependant le coût de ce type d’approche peut susciter des inquiétudes pour certaines entreprises, mais des modèles de financement de la transition énergétique émergent pour pallier ce problème. Grâce à ces solutions de financement, les entreprises prévoyantes peuvent entamer la transition énergétique et commencer à bénéficier immédiatement des retombées de la production d’énergie renouvelable, du stockage d’énergie et de systèmes et technologies à haute efficacité énergétique.
3. Le rôle essentiel de la rénovation
C’est un fait, les bâtiments plus anciens sont énergivores, avec plus de 220 millions de bâtiments en Europe construits avant 2001, entraînant ainsi un gaspillage énergétique de 75% dans l’UE, la rénovation devient donc un enjeu crucial, mais elle ne se limite pas à l’amélioration de l’isolation des bâtiments et des systèmes de chauffage. L’investissement dans des technologies telles que la production d’énergie renouvelable et les logiciels de gestion de l’énergie sera tout aussi important.
Pourtant, alors que nous adoptons des technologies toujours plus modernes, la main-d’œuvre qualifiée nécessaire à leur installation commence à faire défaut. On estime à 1 million le nombre de personnes devant être requalifiées pour répondre aux seules exigences de l’agenda de déploiement de l’énergie solaire, et la demande de main-d’œuvre est orientée vers l’apport de professionnels dans des domaines physiquement intensifs tels que celui de l’installation de panneaux photovoltaïques. Ainsi pour palier à ces problèmes, l’UE a révisé en décembre 2023 sa directive sur la performance énergétique des bâtiments, obligeant ainsi les États membres à créer des plans nationaux de rénovation des bâtiments qui éliminent les obstacles actuels à la décarbonation, tels que le financement, la formation et la garantie d’une main-d’œuvre qualifiée.
Les solutions précâblées et prêtes à l’emploi sont rapides, faciles, réduisent les risques, et permettent ainsi de réduire considérablement les coûts d’installation et de convertir plus de bâtiments en beaucoup moins de temps
4. Définir des priorités : véhicules électriques ou infrastructures de recharge ?
Les ventes de véhicules électriques (VE) progressent rapidement, mais les flottes traditionnelles de véhicules thermiques sont encore responsables de 12% des émissions de carbone de l’UE. Les ventes de VE devraient connaître une croissance exponentielle, à condition que les infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE) suivent le même rythme.
Maintenir l’élan des ventes de véhicules électriques et tout en déployant de nouvelles IRVE est un exercice d’équilibre complexe. Certains pays européens observent un ralentissement des ventes de VE à mesure que le développement des infrastructures nécessaires prend du retard. Toutefois, avec l’interdiction par l’UE de la vente de nouvelles voitures à moteur à combustion interne à partir de 2035, la transition vers les VE est inévitable. L’augmentation du nombre de VE sur les routes de l’UE entraînera nécessairement une augmentation du nombre de bornes de recharge, et réciproquement.
Cependant cela augmentera également la demande d’électricité sur les réseaux nationaux. Ainsi, pour maintenir l’équilibre du réseau, les entreprises adoptant des flottes de véhicules électriques devront probablement investir dans des systèmes de recharge sur site. En fonction de leur taille, elles devront envisager des technologies telles que les panneaux solaires et les BEMS pour gérer la distribution d’énergie dans leurs bâtiments
5. Le temps est-il venu de dire adieu au modèle d’économie linéaire ?
La nécessité d’adopter des modèles d’économie circulaire pour l’avenir des entreprises et de la planète est devenue une évidence. Une réduction de 33 % de l’extraction globale de matières première s’impose. Bien que les énergies renouvelables soient inépuisables, les matériaux nécessaires à la fabrication des produits de transition énergétique tels que les panneaux photovoltaïques ou les systèmes de stockage d’énergie par batterie, pourraient venir à manquer. Actuellement, seuls 7,2% de tous les matériaux sont recyclés. Des secteurs tels que ceux des véhicules électriques et de l’énergie verte connaissent déjà des difficultés d’approvisionnement dus à la rareté des ressources qu’ils exploitent.
Les parties prenantes sont tenues d’assurer une transition complète en éliminant le gaspillage. Le secteur des bâtiments est d’ores et déjà encouragé par la Commission européenne à réfléchir aux différents moyens d’améliorer la longévité, la durabilité et l’adaptabilité des bâtiments. La recherche de nouvelles façons de recycler certains produits et matériaux pourrait être une des clés du problème. Par exemple, avec l’essor des VE, les batteries en fin de vie s’accumulent, et on estime que seulement 5 % d’entre elles sont recyclées. De nombreuses entreprises ont démontré qu’il était possible de réutiliser les batteries rejetées à des fins de stockage d’énergie ou pour d’autresapplications de seconde vie.
Alors que les pays de l’UE prennent connaissance des détails du plan d’action pour l’économie circulaire adopté par la Commission européenne, il est indéniable que l’industrie du bâtiment verra la fin de l’économie linéaire se profiler à l’horizon de la fin de la décennie. Les mois à venir pourraient donc être décisifs.

    

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