Le réseau TEPOS — plus de 150 collectivités et acteurs locaux visant au moins 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2050 — tient sa 16e rencontre nationale du 30 septembre au 2 octobre à Bram, dans le Pays Lauragais. Une édition marquée par l’arrivée de nouveaux élus municipaux et, pour la première fois, par une place spécifique accordée à la question de l’eau.
Les nouveaux mandats municipaux s’ouvrent dans un contexte où canicules, tensions sur la ressource en eau et volatilité des prix de l’énergie s’inscrivent dans le quotidien des collectivités. Les questions posées aux élus sont très concrètes : adapter logements et espaces publics aux fortes chaleurs, réduire la facture énergétique des bâtiments, assurer le confort d’été, produire localement une énergie renouvelable respectueuse des paysages, et conserver sur le territoire la richesse créée par ces investissements.
Après quinze ans d’existence, l’enjeu affiché de cette édition est la transmission : faire bénéficier les élus nouvellement installés de l’expérience accumulée par les territoires pionniers.
Les territoires engagés construisent une trajectoire associant sobriété, efficacité énergétique et développement des renouvelables, avec pour cible au moins 100 % d’énergies renouvelables en 2050. Mais la démarche interroge aussi le modèle de développement local : une stratégie TEPOS se co-construit avec les habitants pour planifier les transformations, à commencer par les nouvelles infrastructures énergétiques, en tenant compte de la géographie et des paysages.
Dans un contexte de budgets locaux contraints et d’incertitude sur la pérennité des dispositifs de soutien — sujet suivi de près par l’ADEME —, la question centrale des rencontres sera celle du financement : comment continuer d’investir dans la transition tout en renforçant les capacités financières et la résilience des territoires, et comment réinvestir localement les bénéfices produits, notamment dans les services publics.
C’est la première fois que les rencontres consacrent une place spécifique à l’eau. Dans les territoires méditerranéens comme le Lauragais, fortes chaleurs et pluies intenses rendent les effets du dérèglement climatique particulièrement visibles, tandis qu’agriculture, tourisme et évolution démographique imposent de repenser les équilibres. L’approche proposée dépasse la sobriété : favoriser la présence de l’eau dans les sols et les paysages, restaurer les cycles naturels, faire de la régénération de la ressource un levier d’adaptation — le tout articulé à la gestion des sols, aux mobilités, à l’agriculture et à l’habitat.
Le choix du territoire n’est pas neutre : ses acteurs travaillent depuis plus de vingt-cinq ans à renforcer la coopération intercommunale et à accompagner les transitions environnementales. Le PETR du Pays Lauragais réunit quatre intercommunalités et 167 communes réparties sur l’Aude, la Haute-Garonne et le Tarn, en région Occitanie.

Avec l’adoption de son premier plan climat-air-énergie territorial, il s’est fixé en 2020 l’objectif de devenir territoire à énergie positive en 2050. En 2021, 415 GWh d’énergie renouvelable ont été produits sur son périmètre. Le programme des rencontres associera visites de sites en parcours thématiques, ateliers, conférences plénières et démonstrations. Les données de production renouvelable par territoire sont par ailleurs publiées par RTE.
C’est un territoire qui vise à produire, à partir de ressources renouvelables locales, au moins autant d’énergie qu’il en consomme. La démarche associe trois leviers : la sobriété, l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables, avec un horizon fixé à 2050 pour atteindre au moins 100 % de renouvelables.
Plus de 150 acteurs — collectivités locales, porteurs de projets et acteurs de terrain — engagés dans la transition énergétique de leur territoire, fédérés par le réseau Cler.
Parce que l’adaptation au changement climatique ne se découpe pas par thème : dans les territoires méditerranéens, la raréfaction de la ressource conditionne l’agriculture, l’habitat et l’aménagement, au même titre que les choix énergétiques. L’édition 2026 propose d’aborder la régénération de l’eau comme un levier d’adaptation.
À Bram, dans le Pays Lauragais (Aude), du 30 septembre au 2 octobre 2026, avec plus de 500 participants attendus.
En résumé — l’édition 2026 se tient à un moment charnière : des équipes municipales renouvelées héritent de territoires confrontés à la chaleur, à la ressource en eau et à des budgets contraints. Le fil conducteur n’est plus la démonstration technique du renouvelable, mais son modèle économique local — comment financer la transition et retenir sur le territoire la valeur qu’elle produit.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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