Une partie de l’électricité produite sur le toit de l’école primaire du Louvois, à Strasbourg, est désormais partagée entre des habitants du quartier et le magasin Biocoop Neudorf. Cette première boucle d’autoconsommation collective de l’Eurométropole est portée par Les Brasseurs d’Énergie, société créée en 2020 par onze habitants du territoire.
Les Brasseurs d’Énergie ont été créés en 2020 par un groupe de onze habitants de l’Eurométropole de Strasbourg, avec pour objet le développement des énergies renouvelables sur le territoire. Le projet du Louvois a été mené avec le soutien de la ville et de l’Eurométropole, dans le cadre du projet européen Interreg E2-Cuties, après plusieurs mois de travail collectif.
La configuration retenue — une toiture publique, un producteur citoyen, des consommateurs de proximité incluant un commerce — illustre le format type de l’autoconsommation collective, dont les règles de périmètre et de répartition sont encadrées par Enedis.
La communauté énergétique est pour l’heure alimentée par la première des deux centrales installées par Enerios Associés, de Sainte-Marie-aux-Mines. Mise en service en février 2024, Louvois 1 s’étend sur 165 m² pour 34 kWc, équipée de panneaux Voltec Solar, et produit plus de 30 000 kWh par an pour un investissement de 62 600 euros HT.
Une seconde centrale, de puissance comparable, est raccordée au réseau depuis 2025. Sa production — environ 35 000 kWh annuels — est aujourd’hui entièrement réinjectée et revendue, dans l’attente de nouveaux participants à la boucle. C’est le point de passage obligé de ce type de projet : la production précède le recrutement des consommateurs, et la valeur ne se matérialise qu’une fois ces derniers rassemblés.
Pour rejoindre la boucle et bénéficier d’une électricité 100 % renouvelable produite à côté de chez eux, les participants doivent être situés à moins de deux kilomètres de la centrale. Ce critère de proximité, propre à l’autoconsommation collective étendue, conditionne directement la taille du vivier de consommateurs mobilisables — un enjeu que documente l’ADEME dans ses travaux sur les communautés énergétiques.

C’est un dispositif où l’électricité produite par une installation locale est partagée entre plusieurs consommateurs situés à proximité, ici dans un rayon de deux kilomètres. Chacun consomme une part définie de la production, le complément venant du réseau.
34 kWc sur 165 m² pour la première centrale, mise en service en février 2024, avec une production supérieure à 30 000 kWh par an. Une seconde centrale de puissance comparable produit environ 35 000 kWh annuels.
Les habitants et les entreprises situés à moins de deux kilomètres de la centrale. Le magasin Biocoop Neudorf et des habitants du quartier font partie des premiers consommateurs.
Parce que le nombre de participants ne le justifie pas encore : sa production est réinjectée et revendue au réseau en attendant que de nouveaux consommateurs rejoignent le dispositif.
En résumé — le projet montre qu’une boucle locale peut naître d’un collectif de riverains plutôt que d’un opérateur, en s’appuyant sur une toiture publique et un soutien de collectivité. Il en montre aussi la limite : avec 65 000 kWh disponibles pour une poignée de consommateurs, l’enjeu n’est plus de produire mais de recruter dans le rayon de deux kilomètres.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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