Le photovoltaïque résidentiel français ne s’effondre pas, il se déplace : les puissances installées se normalisent autour de 6 à 8 kWc, les prix reculent progressivement et les installateurs envoient davantage de scénarios par client. C’est le constat de la première édition du « Baromètre du solaire » publié par Revolt.eco, à partir des données d’usage de sa plateforme.
Là où la plupart des études de marché reposent sur des sondages déclaratifs, ce baromètre s’appuie sur les données d’usage anonymisées d’une plateforme de conception : plus de 1 000 installateurs actifs chaque mois et plus de 45 000 projets analysés partout en France. Publication mensuelle, cinq indicateurs suivis d’une édition à l’autre — prix moyen des installations par puissance et par segment d’équipement, puissance moyenne installée par région, nombre de projets créés puis vendus par installateur et par région, et nombre moyen d’offres envoyées par client.
La limite méthodologique est à garder en tête : l’échantillon reflète l’activité des utilisateurs d’un outil commercial précis, non l’ensemble du marché français. L’objectif affiché est de permettre à chaque installateur de se comparer à ses pairs et d’ajuster ses décisions commerciales mois après mois.
Le coût des installations diminue progressivement, sous le double effet de la baisse continue du prix des équipements et d’une concurrence accrue entre installateurs. Le baromètre estime que le photovoltaïque reste rentable pour le client final même sans subvention — une question d’autant plus sensible que les dispositifs d’aide évoluent régulièrement, comme le documente l’ADEME, tandis que les tarifs d’achat relèvent du cadre suivi par la Commission de régulation de l’énergie.
Côté puissance, après un pic en 2025, la moyenne installée se stabilise entre 6 et 8 kWc. Le baromètre y voit non pas un recul de l’ambition, mais le passage du « plus de puissance » au « mieux dimensionné, couplé au stockage ».
La digitalisation des outils de conception accélère le cycle commercial : le nombre de projets configurés progresse de 8 % entre le premier semestre 2025 et celui de 2026, les équipes multipliant les scénarios soumis à un même client (puissance, équipements complémentaires, financement).
La moyenne nationale se maintient à 3,7 projets vendus par installateur et par mois entre les deux semestres comparés, mais cette stabilité masque des écarts marqués. Certaines régions, comme la Nouvelle-Aquitaine, progressent nettement, ce qui suggère un potentiel encore inexploité ailleurs.
Le nombre moyen d’offres envoyées par client augmente de 9 %. Les installateurs ne présentent plus une proposition unique mais plusieurs scénarios : avec ou sans batterie, avec ou sans pilotage, en anticipant les usages futurs du foyer.

De la puissance brute vers le dimensionnement optimisé, des panneaux seuls vers le stockage et le pilotage, du devis unique vers le conseil multi-scénarios : le métier d’installateur se transforme. « L’installateur de demain ne vendra plus simplement des kilowattheures produits, mais des kilowattheures optimisés, pilotés et valorisés », résume Guillaume Berson, cofondateur de Revolt.eco.
Entre 6 et 8 kWc en moyenne, après un pic constaté en 2025. Cette stabilisation traduit un arbitrage vers un dimensionnement mieux ajusté à la consommation réelle du foyer, souvent couplé à une batterie.
3,7 en moyenne nationale, un niveau stable entre le premier semestre 2025 et celui de 2026, avec de fortes disparités régionales — la Nouvelle-Aquitaine étant citée parmi les territoires en progression nette.
Sur les données d’usage anonymisées d’une plateforme de conception de projets solaires : plus de 1 000 installateurs actifs chaque mois et plus de 45 000 projets. Il s’agit donc de projets réellement configurés, et non de réponses à un sondage — mais l’échantillon reste celui des utilisateurs de cet outil.
Selon le baromètre, oui : la baisse du coût des équipements et la concurrence entre installateurs font reculer le prix des installations, ce qui maintient la rentabilité pour le client final même en l’absence de subvention.
En résumé — la lecture proposée est celle d’un marché qui se restructure plutôt qu’il ne décline : moins de kilowatts vendus à l’unité, mais davantage de conseil, de stockage et de pilotage. Pour l’installateur, l’indicateur à surveiller n’est plus la puissance posée mais la valeur ajoutée par projet — et, à en croire les écarts régionaux relevés, la marge de progression dépend encore largement du territoire.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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