Pendant des années, l’intermittence du solaire et de l’éolien a été présentée comme leur principal défaut : pas d’électricité la nuit ni quand le vent tombe. Aujourd’hui, cette limite s’efface grâce à la chute spectaculaire du coût du stockage par batteries. Des projets concrets montrent qu’il est désormais possible de fournir une électricité propre, compétitive et quasi continue, 24 heures sur 24, en couplant renouvelables et batteries à grande échelle.
Le tournant a été souligné en juin 2024 par Francesco La Camera, directeur général de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), dans la newsletter Moral Money du Financial Times. Selon lui, la question de l’intermittence a longtemps été instrumentalisée par les défenseurs des énergies fossiles, mais elle perd aujourd’hui de sa force.
La raison principale est la chute des prix des batteries. D’après BloombergNEF, le coût des installations de batteries à l’échelle du réseau a diminué de plus de moitié depuis 2022, et de 27 % sur la seule dernière année. Cette baisse est portée par les progrès industriels chinois, notamment dans la technologie lithium-fer-phosphate, moins coûteuse que les alternatives.
Pour l’IRENA, les projets combinant solaire, éolien et batteries peuvent désormais produire une électricité disponible 24 heures sur 24 à des prix compétitifs avec les centrales à gaz. Un exemple emblématique est le projet Al Dhafra à Abou Dhabi. Développé par Masdar, il associe 5 GW de solaire photovoltaïque à un vaste système de stockage, pour fournir une puissance continue de 1 GW. Le coût global de production est estimé à 70 dollars par MWh, un niveau comparable à celui de nouvelles centrales à gaz selon les références de Lazard.
En Australie, le groupe minier Fortescue Metals prévoit de mettre en service d’ici fin 2028 un système énergétique 100 % renouvelable pour ses mines du Pilbara, sans aucun combustible fossile. Il reposera sur 1,8 GW de solaire et d’éolien, associés à des batteries et à 620 kilomètres de lignes de transport. Ce projet illustre la viabilité d’un approvisionnement continu à partir de sources intermittentes.
Tout n’est pas encore résolu. Garantir une fourniture 100 % du temps, même durant de longues périodes sans soleil ni vent, exigerait des capacités de batteries considérables qui ne seraient utilisées que quelques heures par an. Cependant, l’enjeu change de nature : les centrales fossiles pourraient progressivement passer d’un rôle central à un rôle de secours, plutôt que de constituer le socle permanent du système électrique.
Cette évolution ouvre une perspective majeure pour la transition énergétique. La compétition ne se joue plus seulement entre fossiles et renouvelables, mais entre les pays capables d’accélérer le développement de systèmes combinant production renouvelable, stockage et réseaux intelligents. Pour le solaire, c’est une révolution silencieuse : l’énergie intermittente devient progressivement une énergie de système.
Pour approfondir, consultez l’article original de Simon Mundy dans le Financial Times (abonnement requis) et les données de l’IRENA sur les coûts des renouvelables.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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