Les salariés de la filière des énergies renouvelables appellent à une nouvelle journée de mobilisation le 29 septembre 2026, à Paris lors du colloque du Syndicat des énergies renouvelables et devant la préfecture de Montpellier. Leur motif : plus d’une dizaine de milliers d’emplois directs et indirects supprimés depuis 2025, sur fond d’appels d’offres revus à la baisse.
La mobilisation de février portait déjà sur le manque de visibilité et sur l’ambition de la future programmation pluriannuelle de l’énergie. Publiée dans la foulée, celle-ci « reste tout à fait insatisfaisante avec des appels d’offres revus à la baisse, des investissements ralentis et une casse sociale qui s’accélère », estiment les représentants des salariés.
Le diagnostic porte sur trois éléments qui se cumulent : des appels d’offres publiés au compte-gouttes et à volumes réduits — leur calendrier relève de la Commission de régulation de l’énergie —, un ralentissement des délivrances d’autorisations, et les conséquences sociales qui en découlent.
Plans de sauvegarde de l’emploi, ruptures conventionnelles collectives, licenciements, suppressions de postes, gels d’embauches et départs non remplacés : les annonces se succèdent. Les salariés citent Urbasolar, Valorem, Boralex, Elements, Voltalia, RWE, Iberdrola, Okwind, Tenergie ou encore Lhyfe.
« Les conséquences sont déjà là avec des équipes qui se disloquent, des conditions de travail qui se dégradent et un risque de voir le savoir-faire de la filière s’effriter », soulignent-ils. C’est ce point qui distingue une crise conjoncturelle d’une perte structurelle : les compétences dispersées ne se reconstituent pas au rythme d’une reprise des appels d’offres.
Les organisateurs rappellent la convergence des grands scénarios français : électrifier les transports, le chauffage et l’industrie suppose de développer les renouvelables, les réseaux et le stockage, tout en progressant vers plus de sobriété — trajectoire documentée notamment par RTE. « La France a et aura besoin de technicien·nes, développeur·euses, ingénieur·es, chef·fes de projets, exploitant·es, spécialistes du droit de l’énergie et de la planification territoriale, pour construire sa transition énergétique », écrivent-ils, refusant que la filière serve de « variable d’ajustement dans une politique énergétique instable ».

Le 29 septembre 2026, à Paris à l’occasion du colloque du Syndicat des énergies renouvelables, et devant la préfecture de Montpellier.
Plus d’une dizaine de milliers d’emplois directs et indirects supprimés depuis 2025, selon les représentants des salariés de la filière.
Des appels d’offres publiés au compte-gouttes et à volumes réduits, un ralentissement des délivrances d’autorisations de projets, et une programmation pluriannuelle de l’énergie jugée insuffisamment ambitieuse.
Les organisateurs placent explicitement leur action dans la perspective de 2027, en demandant une politique énergétique stable et lisible sur la durée d’un quinquennat plutôt qu’au rythme des arbitrages budgétaires annuels.
En résumé — le conflit porte moins sur le niveau des objectifs que sur leur prévisibilité : une filière qui recrute sur des projets pluriannuels ne peut absorber des volumes d’appels d’offres révisés d’une année sur l’autre. Le risque signalé par les salariés est celui d’une perte de compétences difficilement réversible, au moment même où les scénarios d’électrification supposent d’en mobiliser davantage.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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