La relocalisation de la chaîne de valeur photovoltaïque en Europe prend forme avec deux avancées majeures : l’Espagnole Sunwafe obtient le feu vert pour une usine de lingots et plaquettes de silicium dans les Asturies, tandis que la start-up néerlandaise Resilicon voit son projet de polysilicium classé stratégique par la législation « Net Zero Industry Act » (NZIA). Ces deux initiatives illustrent la volonté européenne de réduire sa dépendance aux importations asiatiques, tout en adoptant des procédés plus respectueux de l’environnement.
Créée en août 2024 avec un capital social de 3 000 euros, Sunwafe est issue de l’incubateur InnoEnergy. L’entreprise a reçu en mars 2025 l’autorisation des autorités régionales pour un site de 30 hectares dans la Zone d’activités logistiques et industrielles des Asturies, à Gijón. La décision finale d’investissement est attendue pour février 2027, avec un début de construction la même année et une mise en service commerciale prévue début 2029.
L’investissement de la première phase est estimé à 670 millions d’euros, le coût total pouvant atteindre 1,4 milliard d’euros. D’ici 2030, Sunwafe vise une capacité de production annuelle de 2,5 milliards de plaquettes de silicium, soit l’équivalent de 20 GW. Son PDG, Michael Pinto, a déclaré à pv magazine que l’entreprise « se prépare à approvisionner un nombre croissant de fabricants de cellules et de modules en Europe et en Amérique du Nord ». Plusieurs accords préliminaires couvrent déjà la capacité initiale prévue.
Sunwafe bénéficie de capitaux chinois et d’EIT InnoEnergy. En mars 2025, le programme espagnol Renoval lui a accordé une subvention de 200 millions d’euros dans le cadre du PERTE « Cadena de Valor » pour la construction de son usine, décision définitive notifiée en juin. L’ingénierie du projet a été confiée à la société léonaise Tresca Ingeniería.
Autre avancée significative : le ministère de l’Économie et du Climat des Pays-Bas a classé l’usine de polysilicium de Resilicon à Groningen comme projet stratégique au titre du NZIA. L’usine, implantée à Farmsum, aura une capacité de 13 GW (26 000 tonnes) de polysilicium ultra-pur, obtenu par procédé Siemens à partir de silicium de qualité métallurgique.
Resilicon s’est associée à l’institut de recherche néerlandais TNO pour développer des technologies de fabrication avancées, notamment pour la production de plaquettes. L’entreprise a obtenu les droits exclusifs en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique pour la technologie d’Advanced Material Systems (AMS), qui réduit jusqu’à 30 % la consommation d’énergie lors de la production de polysilicium. Cette technologie est déjà déployée en Corée du Sud et en Inde.
La pureté visée est de grade N11, permettant la production de lingots et plaquettes pour l’industrie des semi-conducteurs et pour des cellules solaires à haut rendement, y compris les technologies hétérojonction (HJT) et TOPCon. L’étude de faisabilité est achevée ; l’entreprise entre désormais dans la phase d’ingénierie de base.
Ces deux projets illustrent la dynamique européenne pour reconstruire une filière solaire souveraine. Pour en savoir plus, consultez l’article original sur pv magazine et les informations officielles du ministère néerlandais de l’Économie et du Climat.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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