Face à la hausse durable des tarifs de l’électricité, les ménages français tentent de s’adapter en réduisant leur consommation, mais une part importante d’entre eux ignore encore les technologies d’autoproduction qui pourraient alléger leurs factures. Une enquête récente réalisée par OpinionWay pour Anker SOLIX met en lumière ce paradoxe.
L’étude, intitulée « Les Français et l’autoproduction d’électricité », a été menée en ligne du 12 au 16 juin 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 003 personnes. Ses enseignements révèlent un écart saisissant entre les intentions et les connaissances réelles des consommateurs en matière de solutions photovoltaïques.
La pression tarifaire n’est plus un simple scénario d’avenir, elle s’inscrit concrètement dans le quotidien des Français. Selon l’étude OpinionWay, plus de sept personnes sur dix (72 %) déclarent avoir modifié leurs comportements de consommation au cours des deux dernières années pour faire face à l’augmentation des prix de l’électricité.
Parmi les ajustements les plus courants, 59 % des répondants affirment consommer moins, notamment en baissant le chauffage ou en réduisant l’usage de la climatisation. Parallèlement, 33 % des ménages décalent leurs usages énergivores pendant la nuit afin de profiter des tarifs heures creuses. Ces adaptations témoignent d’une volonté de maîtriser son budget, mais elles impliquent aussi des sacrifices de confort et une organisation contraignante.
Dans les foyers les plus modestes, ceux dont les revenus sont inférieurs à 2 000 euros par mois, la proportion de personnes ayant modifié leurs habitudes atteint même 77 %. Ce constat souligne l’impact social de la hausse des coûts de l’énergie sur les populations les plus vulnérables.
Si les Français subissent de plein fouet la hausse des prix, ils ne sont pas pour autant résignés. L’étude OpinionWay révèle que 82 % d’entre eux citent au moins une motivation à investir dans une solution d’autoproduction d’électricité.
La réduction de la facture sur le long terme constitue la première motivation, devant le désir d’indépendance énergétique et la protection contre les variations tarifaires. Malgré cette appétence, seuls 7 % des répondants connaissent précisément la batterie de stockage domestique, pourtant considérée comme l’une des solutions les plus efficaces pour optimiser sa production solaire.
Ce décalage s’explique par un manque d’information criant. Environ un Français sur cinq (20 %) cite le manque de connaissances sur les produits disponibles comme frein principal à l’adoption. Ce taux atteint 31 % chez les 18-24 ans, une tranche d’âge pourtant très mobilisée en faveur de la transition énergétique.
Kelvin Cao, PDG Europe d’Anker SOLIX, résume ainsi la situation : « Le marché de l’autoproduction en France n’est pas un marché de convaincus à reconvaincre, c’est un marché de curieux qui attendent d’être informés. Sept Français sur dix ne font plus confiance aux politiques énergétiques pour stabiliser leurs prix, et pourtant 82 % ont une motivation réelle à agir. »
La batterie de stockage à domicile constitue l’un des maillons essentiels de l’autoproduction solaire. Elle permet de conserver l’électricité produite en journée par des panneaux photovoltaïques afin de l’utiliser en soirée ou lors des pics de consommation. Elle offre également la possibilité de stocker l’électricité du réseau lorsqu’elle est moins chère, notamment pendant les heures creuses, pour la restituer aux moments les plus coûteux.
Malgré ces avantages évidents, la batterie n’est citée que par 7 % des personnes interrogées. Plusieurs obstacles expliquent cette faible notoriété : le coût d’acquisition, l’adaptation du logement, mais surtout le manque d’information sur les technologies existantes et leurs bénéfices concrets.
Pour lever ces freins, les acteurs du secteur misent sur la pédagogie et la simplification de l’offre. Comme le souligne Kelvin Cao : « La priorité n’est pas de réduire le prix des solutions, c’est de les rendre compréhensibles. »
L’étude OpinionWay met en lumière une génération émergente de consommateurs bien plus disposés à adopter des solutions solaires originales. Ainsi, 90 % des 18-24 ans envisagent au moins une mesure pour réduire leur facture d’électricité, et 17 % d’entre eux pourraient installer des panneaux solaires sur leur balcon, soit deux fois plus que la moyenne nationale.

Cette appétence pour le solaire de balcon s’inscrit dans une tendance plus large de végétalisation des espaces urbains et de recherche d’autonomie énergétique en appartement. Les kits solaires plug-and-play, qui se branchent simplement sur une prise, séduisent particulièrement les citadins en location qui ne peuvent pas modifier leur logement.
Le signal le plus révélateur de cette curiosité réside dans la disposition des Français à s’informer auprès de leur entourage. Si un voisin leur annonçait qu’il produit sa propre électricité, 58 % des répondants souhaiteraient savoir comment il fait. Parmi ceux qui ne se disent pas encore prêts à franchir le pas, 44 % poseraient tout de même la question à leur voisin. L’autoproduction ne suscite donc pas de méfiance, mais de la curiosité.
L’Allemagne constitue un laboratoire à grande échelle pour mesurer les bénéfices du solaire de balcon. Un livre blanc publié par Anker SOLIX en mars 2026, basé sur une année complète de données opérationnelles issues de 230 000 foyers, fait état d’économies annuelles moyennes de 270 à 360 euros par ménage.
Cette étude révèle également un taux d’autoconsommation pouvant atteindre 83 %, illustrant la capacité des foyers à utiliser directement une part importante de l’électricité qu’ils produisent. Ces résultats concernent aussi bien des appartements en location que des maisons occupées par leurs propriétaires, car les systèmes de balcon ne nécessitent aucune modification du logement.
Parmi les foyers ayant activé la gestion intelligente de la charge, les économies supplémentaires ont atteint en moyenne 270 euros sur six mois. Ces données tangibles pourraient convaincre les sceptiques français et accélérer l’adoption de solutions similaires dans l’Hexagone.
Pour en savoir plus sur les bonnes pratiques et les retours d’expérience, l’ADEME propose des recommandations sur le choix des équipements photovoltaïques et leur intégration au bâti.
Face au manque d’information identifié par l’étude, plusieurs pistes s’offrent aux particuliers souhaitant se lancer dans l’autoproduction solaire :
Le secteur photovoltaïque évolue rapidement, et les solutions deviennent progressivement plus abordables et plus simples à installer. Les aides publiques, comme la prime à l’autoconsommation ou l’obligation d’achat du surplus pour les installations en toiture, peuvent également réduire significativement le temps de retour sur investissement. Les informations actualisées sont disponibles sur le site du ministère de la Transition écologique.
L’étude « Les Français et l’autoproduction d’électricité » a été réalisée par OpinionWay pour Anker SOLIX, par questionnaire auto-administré en ligne (système CAWI), du 12 au 16 juin 2026, auprès d’un échantillon de 1 003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas, appliquée aux critères suivants : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, catégorie d’agglomération et région de résidence. La marge d’incertitude pour un échantillon de 1 000 répondants est comprise entre 1,4 et 3,1 points au plus.
Ces enseignements interviennent dans un contexte où 74 % des Français se disent préoccupés par de nouvelles hausses à venir, et où 71 % n’accordent plus leur confiance aux politiques énergétiques pour garantir la stabilité des prix sur le long terme. L’enjeu de la pédagogie n’a jamais été aussi crucial pour permettre aux ménages de choisir en connaissance de cause.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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