Le 10 avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté les grandes lignes du plan d’électrification du gouvernement. Si l’objectif affiché est d’accélérer la transition énergétique, certaines mesures techniques, en cours d’examen, pourraient avoir l’effet inverse en fragilisant un levier essentiel : l’énergie solaire chez les particuliers. L’exécutif envisage en effet une réduction drastique du tarif de rachat du surplus d’électricité photovoltaïque, une décision qui inquiète les professionnels du secteur et les défenseurs de la transition énergétique.
Le gouvernement a soumis deux textes au Conseil Supérieur de l’Énergie. S’ils sont adoptés, ils entraîneront :
Ces changements rendraient bien moins attractive la perspective de revendre son surplus d’électricité verte, un argument financier clé pour de nombreux ménages envisageant de s’équiper.
Contrairement à ce que ces mesures pourraient laisser penser, le solaire chez les particuliers n’est pas un aboutissement, mais bien un point de départ. Les données sont éloquentes. Selon une analyse exclusive de la startup Hello Watt auprès de ses 80 000 utilisateurs :
L’impact économique est concret. Ces foyers ont réduit leur électricité achetée sur le réseau de 32% à 43% (avec batterie de stockage). Couplée à une pompe à chaleur, qui divise par deux la facture de chauffage par rapport au gaz, la démarche devient vertueuse sur tous les plans.
Comme l’explique Sylvain Le Falher, cofondateur d’Hello Watt : « Après avoir installé des panneaux solaires et commencé à produire gratuitement une partie de leur électricité, les ménages ont tout intérêt à électrifier leur chauffage et leur mobilité. Le solaire résidentiel est un levier majeur pour l’ensemble de la transition. »
Publié le même jour que l’annonce du gouvernement, le rapport Lévy-Tuot sur le soutien aux énergies renouvelables propose une voie différente. S’il évoque aussi la fin du rachat du surplus, il avance des mesures d’accompagnement pour l’autoconsommation, comme l’application d’une TVA réduite sur les batteries de stockage ou l’éligibilité des installations solaires à l’éco-PTZ. La non-intégration de ces propositions dans le plan gouvernemental interroge sur la cohérence de la stratégie globale.
La question centrale est de savoir si la politique énergétique française privilégie une approche purement économique à court terme, ou une vision systémique de la transition. Démanteler les incitations financières au solaire résidentiel risque de casser un cercle vertueux qui a fait ses preuves : l’énergie solaire conduit naturellement à l’adoption de la pompe à chaleur et du véhicule électrique. Dans un contexte de nécessaire accélération de la décarbonation, freiner ce principal accélérateur pourrait coûter cher à la France pour atteindre ses objectifs climatiques.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
Inscrivez-vous en avant-première pour ne rien manquer de nos prochaines actualités.