Inauguré le 18 juin 2025 sous un soleil généreux, le parc solaire photovoltaïque de Saint-Romans (Isère) transforme une ancienne carrière en une centrale de production d’électricité verte de 1,6 MWc. Porté par Enercoop Auvergne-Rhône-Alpes et la SEM Energ’Isère, ce projet de 2 hectares a été conçu en étroite collaboration avec la commune, le Parc naturel régional du Vercors, la LPO Isère et les Centrales Villageoises des Portes du Vercors. Sa particularité ? Allier production d’énergie renouvelable et préservation de la biodiversité, dans un site auparavant stérile.
La mise en service effective a eu lieu en novembre 2025, après un long processus de concertation et d’études environnementales. L’électricité produite est vendue à Enercoop pour une durée de 30 ans, alimentant directement les consommateurs de la coopérative. Il s’agit du premier parc solaire au sol d’Enercoop en Isère et du plus important (1,8 ha de panneaux) dans le périmètre du Parc du Vercors.
Le terrain, longtemps impropre à toute activité agricole ou urbaine, était une ancienne carrière partiellement remblayée. Identifié dès 2020 grâce au travail de prospection foncière d’Enercoop AURA, le site a fait l’objet d’études d’impact, de potentiel et de rencontres avec le propriétaire, les pouvoirs publics et les associations locales. Le permis de construire a été déposé en mai 2022 et accordé en mai 2023 après une enquête publique en mars-avril 2023. Les travaux ont débuté en novembre 2024 pour une mise en service en novembre 2025.
Ce type de projet illustre la stratégie nationale de développement des énergies renouvelables sur des fonciers dégradés, évitant ainsi la consommation d’espaces naturels ou agricoles. Selon l’Ademe, le potentiel solaire sur les friches industrielles et carrières est considérable en France.
Pour Frédéric Marillier, directeur d’Enercoop Auvergne Rhône-Alpes, « ce parc solaire incarne la transition énergétique que nous souhaitons accompagner, avec des centrales concertées et intégrées dans leur environnement ». La coopération avec le Parc naturel régional du Vercors et la LPO 38 a été exemplaire : un comité de suivi réunit tous les acteurs locaux (commune, communauté de communes, associations, riverains).
Jacques Adenot, président du Parc du Vercors, souligne : « Rassembler largement les parties prenantes dès l’amont d’un projet n’est pas une garantie absolue, mais c’est la condition nécessaire à sa réussite. Ici, cela a parfaitement fonctionné. » Le projet a obtenu le label Énergie Partagée, qui distingue les projets citoyens et territoriaux exemplaires.
La SEM Energ’Isère, structure locale d’économie mixte, a apporté son expertise en ingénierie territoriale. Les Centrales Villageoises des Portes du Vercors, association de citoyens, ont participé à la définition des actions environnementales. Cette collaboration a permis de concilier production d’énergie et respect des singularités du territoire, notamment la proximité du Massif du Vercors, zone de haute valeur écologique.

Une étude d’impact complète sur quatre saisons a été réalisée par le bureau Auddicé Environnement pour identifier les enjeux écologiques. Ensuite, des actions concrètes ont été mises en œuvre avec le Parc du Vercors, la LPO 38 et les Centrales Villageoises :
Ces mesures confirment l’importance d’une conception bioclimatique des centrales photovoltaïques. Selon la LPO, bien conçus, les parcs solaires peuvent offrir des habitats de substitution pour la faune locale, en particulier dans des zones artificialisées. Le site de Saint-Romans, après des années d’inactivité, redevient un refuge pour la biodiversité.
Au-delà de la production de 1,6 MWc d’électricité propre (équivalent à la consommation de plusieurs centaines de foyers), le parc contribue à la lutte contre le changement climatique et à la restauration des écosystèmes. La renaturation du site permet de retrouver des fonctions écologiques perdues : infiltration des eaux, habitats pour les pollinisateurs, corridor biologique. C’est un exemple de solution fondée sur la nature appliquée au photovoltaïque.
Pascal Cervantes, de la SEM Energ’Isère, résume : « L’exploit de ce projet est d’avoir revalorisé cette ancienne carrière, où toute autre activité était inenvisageable. Le site produit une énergie 100% renouvelable pour les habitants et sert d’habitat aux espèces locales. C’est le sens des projets à long terme. »
Saint-Romans ouvre la voie à d’autres initiatives similaires en région Auvergne-Rhône-Alpes et au-delà. Avec la montée en puissance de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), ce type de réalisation démontre qu’il est possible de concilier urgence climatique et préservation du vivant. Pour en savoir plus sur le potentiel des friches, consultez l’étude de l’Ademe sur les énergies renouvelables.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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