En France, le déploiement des énergies renouvelables soulève une question cruciale : à quel prix écologique ? Une enquête approfondie menée par le magazine Reporterre révèle que les centrales solaires au sol occupent désormais plus de 11 400 hectares de terrains naturels, forestiers et agricoles. Cette artificialisation massive, équivalente à la superficie de Paris et du bois de Vincennes, interroge sur l’équilibre entre transition énergétique et préservation des écosystèmes.

Une enquête inédite sur l’occupation des sols par le solaire

En croisant les données publiques de l’IGN (Institut national de l’information géographique et forestière) et les études d’impact environnemental, Reporterre a pu cartographier avec précision la nature des sols concernés par les installations photovoltaïques au sol. Fin 2025, ce sont au moins 1 573 centrales qui ont été construites, représentant entre 10 et 12 GW de puissance installée, soit près d’un tiers de la production d’électricité solaire nationale.

Selon cette enquête, la répartition des surfaces est la suivante :

  • 53 % sont d’anciennes forêts (6 100 hectares défrichés)
  • 41 % étaient des parcelles agricoles
  • 6 % concernent d’autres espaces naturels

Le massif des Landes, épicentre du solaire au sol

La majorité des panneaux solaires installés sur des forêts défrichées se concentre dans le massif des Landes, entre la Gironde, les Landes et le Tarn-et-Garonne. On y trouve notamment la plus grande centrale au sol de France : Cestas, en activité depuis 2015 sur 233 hectares. À proximité, le gigantesque projet Horizeo, porté par Engie, a vu son avenir compromis durant l’été 2025, face à la contestation locale et aux enjeux environnementaux.

Pour en savoir plus sur les controverses liées aux grands projets photovoltaïques, consultez l’analyse de Actu Environnement.

Les Alpes du sud et l’Occitanie, autres zones sous pression

Les contreforts des Alpes du sud sont également très prisés par les développeurs, avec plus de 1 000 hectares de panneaux déjà construits sur des forêts et zones naturelles. Mais c’est la région Occitanie qui concentre le plus de projets, notamment dans le Roussillon, entre les Pyrénées-Orientales et l’Aude. On y dénombre près de 700 hectares d’installations, répartis sur une centaine de sites.

L’agrivoltaïsme, une alternative en développement

Face à ces constats, l’agrivoltaïsme (ou agriPV) apparaît comme une solution plus vertueuse. Ce concept consiste à combiner production agricole et production d’électricité photovoltaïque sur une même parcelle. L’Observatoire de l’agrivoltaïsme, piloté par l’ADEME, met à disposition une cartographie détaillée des projets agriPV en France hexagonale et dans les DOM-COM. Cette approche permet de maintenir une activité agricole tout en produisant de l’énergie, réduisant ainsi l’artificialisation des sols.

Découvrez la cartographie interactive sur le site officiel de l’ADEME.

Quel équilibre pour la transition énergétique ?

L’enquête de Reporterre met en lumière un paradoxe : la production d’énergie solaire, indispensable à la décarbonation, peut entrer en conflit avec la préservation des forêts, de la biodiversité et des terres agricoles. Alors que la France vise une multiplication par dix de sa capacité solaire d’ici 2050, le choix des terrains d’implantation devient un enjeu stratégique et politique majeur.

Pour approfondir, lisez le rapport du Haut Conseil pour le Climat sur la planification écologique.

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