Le groupe marocain OCP met en service une batterie lithium-fer-phosphate de 25 MW pour 125 MWh sur son site minier de Benguerir, couplée à une centrale photovoltaïque existante de 67 MWc. Objectif : stocker l’électricité solaire produite en journée pour la restituer aux heures de pointe industrielle et réduire les appels au réseau.
OCP souligne le calendrier de l’opération : la commande des équipements, passée au quatrième trimestre 2025, est intervenue avant de nouvelles tensions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales de batteries, ce qui lui aurait permis d’obtenir des coûts d’investissement bas. Le groupe ne publie toutefois ni le coût détaillé du système ni son prix par MWh installé — la seule donnée chiffrée étant l’enveloppe globale de 170 millions de dirhams.
La mise sous tension précède une phase d’essais et une mise en service progressive.
La batterie stockera une partie de l’électricité produite dans la journée par la centrale de 67 MWc pour la restituer lors des pics de demande des installations industrielles. Deux effets recherchés : augmenter la part de production photovoltaïque effectivement valorisée sur site, et réduire les appels d’électricité aux heures de pointe.
C’est le schéma type de l’autoconsommation industrielle à grande échelle, où la valeur ne tient pas au volume produit mais à sa coïncidence avec la charge — un arbitrage documenté pour les sites industriels par l’ADEME.
Spécialiste de l’extraction, de la transformation et de la commercialisation du phosphate et de ses dérivés, le groupe développe depuis 2023 des centrales destinées à alimenter ses activités minières et industrielles. Une première tranche de 202 MWc est en service, répartie entre Benguerir (67 MWc), Foum Tizi (30 MWc) et Oulad Farès à Khouribga (105 MWc).
Le programme est porté par OCP Green Energy, filiale à 100 % créée en 2022, et s’inscrit dans un plan d’investissement vert de 13 milliards de dollars sur 2023-2027, avec pour horizon la couverture progressive des besoins électriques par des sources bas carbone et le développement d’ammoniac et d’hydrogène verts.
Deux prêts verts de 100 millions d’euros accordés par l’International Finance Corporation en 2023 soutiennent ce déploiement. Le premier, annoncé en avril 2023, a financé quatre centrales pour 202 MWc à Benguerir et Khouribga ; le second, signé en octobre, cofinance deux centrales supplémentaires de 400 MW et prévoit jusqu’à 100 MWh de stockage par batteries pour lisser la production.

L’intérêt des bailleurs s’explique par la position de ces sites : Benguerir et Khouribga abritent des réserves de phosphate majeures à l’échelle mondiale. Dans un contexte de perturbation durable des marchés d’engrais et de risques pesant sur les routes maritimes, sécuriser l’approvisionnement énergétique de ces mines relève d’un enjeu qui dépasse la seule décarbonation.
25 MW de puissance pour 125 MWh de capacité, en technologie lithium-fer-phosphate (LFP), pour un investissement de 170 millions de dirhams — environ 16 millions d’euros.
À décaler dans le temps l’électricité produite par la centrale solaire de 67 MWc du site : elle est stockée en journée et restituée aux heures de forte demande des installations industrielles, ce qui augmente la part de production réellement consommée sur place et réduit les appels au réseau en pointe.
202 MWc en première tranche — Benguerir (67 MWc), Foum Tizi (30 MWc) et Oulad Farès (105 MWc) — dans le cadre d’un plan d’investissement vert de 13 milliards de dollars sur 2023-2027, avec deux centrales supplémentaires de 400 MW cofinancées.
Le lithium-fer-phosphate s’est imposé sur les projets de stockage stationnaire pour sa durée de vie en cyclage et son coût, au prix d’une densité énergétique inférieure à d’autres chimies — un compromis sans conséquence sur un site industriel fixe.
En résumé — l’opération illustre la bascule du solaire industriel vers le pilotage : après 202 MWc installés, l’enjeu n’est plus de produire mais de faire coïncider cette production avec la charge minière. Le point notable reste le calendrier d’achat, revendiqué comme antérieur à la remontée des prix des cellules — un avantage que les projets lancés aujourd’hui n’auront plus.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Saisissez le code reçu par SMS :
Entrez le code de validation envoyé sur votre mobile pour finaliser votre demande.