Le 14 octobre 2025, le pape Léon XIV a officialisé la création de la fondation « Fratello Sole » (frère Soleil), une initiative historique visant à piloter un projet agrivoltaïque sur une zone extraterritoriale du Vatican. Cette fondation a pour mission de construire, gérer et financer une installation qui combinera production d’énergie solaire et activité agricole, conformément à l’accord signé entre le Saint-Siège et l’Italie en juillet 2025, entré en vigueur en mai dernier. L’objectif est d’alimenter l’État de la Cité du Vatican en électricité renouvelable tout en préservant les terres agricoles et en respectant l’environnement.
L’agrivoltaïsme, aussi appelé agri-photovoltaïque, est une innovation qui permet d’installer des panneaux solaires au-dessus des cultures, créant une synergie entre production d’énergie et agriculture. Le Vatican, sous l’impulsion du pape Léon XIV, souhaite montrer l’exemple en conciliant ces deux usages tout en suivant les principes de l’Église catholique, notamment l’encyclique Laudato Si’ sur la sauvegarde de la création. La fondation Fratello Sole sera chargée, directement ou indirectement, de la production, de la distribution, de la vente et du suivi de l’électricité produite sur le site de Santa Maria di Galeria, une zone extraterritoriale où se trouvent déjà les infrastructures de Radio Vatican.
L’accord avec l’Italie prévoit que cette installation agrivoltaïque serve de modèle pour d’autres projets en Europe et dans le monde. Selon les statuts de la fondation, celle-ci devra assurer une gestion transparente et durable, avec un volet financier solide pour garantir l’autonomie énergétique du Vatican à long terme. Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction de l’empreinte carbone de la Cité du Vatican, qui vise à devenir neutre en carbone d’ici 2050.
La fondation Fratello Sole a son siège légal dans la Cité du Vatican et exerce pleinement ses activités opérationnelles dans la zone extraterritoriale de Santa Maria di Galeria, située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Rome. Cette zone, déjà utilisée pour les antennes de Radio Vatican, offre un espace suffisant pour déployer des panneaux photovoltaïques surélevés, permettant le passage des machines agricoles et la culture en dessous. Les études préliminaires menées par des experts italiens et internationaux estiment que l’installation pourrait produire jusqu’à 200 MWh par an, soit l’équivalent d’un tiers des besoins énergétiques du Vatican.
Sur le plan financier, la fondation bénéficiera d’un capital initial provenant de dons et de subventions, ainsi que de revenus issus de la vente d’électricité. Le modèle économique prévoit de revendre le surplus d’énergie au réseau italien, générant ainsi des fonds pour l’entretien et l’expansion du projet. Les statuts précisent que la fondation devra respecter des critères stricts de rentabilité et de durabilité, sous le contrôle du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican et de l’Administration du Patrimoine du Siège apostolique.
Pour le premier mandat triennal, le pape a nommé deux personnalités de premier plan à la tête de la fondation. Raffaella Petrini, présidente du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican, occupera le poste de présidente. Giordano Piccinotti, président de l’Administration du Patrimoine du Siège apostolique, sera vice-président. Ces nominations montrent l’importance stratégique du projet pour le Saint-Siège. Raffaella Petrini est une économiste reconnue, experte en gestion publique, tandis que Giordano Piccinotti supervise les biens immobiliers et financiers du Vatican. Le conseil d’administration inclura également des experts en énergie renouvelable et en agriculture durable.
La gouvernance de Fratello Sole prévoit une transparence totale, avec des rapports annuels publics sur les performances énergétiques et environnementales. Un comité scientifique, composé de chercheurs de l’Université pontificale et d’institutions italiennes, suivra les impacts sur la biodiversité et la qualité des sols.

Selon le pape Léon XIV, cette fondation a été créée comme un exemple montrant qu’il est possible de concilier production d’énergie et agriculture tout en respectant et en protégeant l’environnement. Dans son discours de lancement, il a souligné que l’agrivoltaïsme répond aux défis du changement climatique et de la sécurité alimentaire, deux priorités de l’Église contemporaine. « Nous devons être des gardiens de la création, pas des exploitants », a-t-il déclaré. Le Vatican espère que ce projet inspirera d’autres États et institutions religieuses à adopter des solutions similaires.
L’installation utilisera des panneaux solaires bifaciaux et un système de suivi solaire pour maximiser le rendement. Les cultures choisies, principalement des légumineuses et des céréales rustiques, sont adaptées à l’ombrage partiel créé par les panneaux. Des études italiennes récentes montrent que l’agrivoltaïsme peut augmenter le rendement global des terres de 60 à 80 % par rapport à une exploitation séparée. Le projet inclura aussi des ruches et des haies pour favoriser la pollinisation et la biodiversité.
La fondation Fratello Sole ne se limite pas à un simple projet technique. Elle représente une étape clé dans la transition énergétique du Vatican, amorcée avec l’installation de panneaux solaires sur le toit de la salle Paul VI en 2008. En choisissant l’agrivoltaïsme, le Saint-Siège innove et montre une voie pragmatique pour les pays densément peuplés où les conflits d’usage des terres sont fréquents. L’initiative a déjà reçu le soutien de plusieurs organisations écologiques, dont le Réseau européen pour l’agrivoltaïsme.
À plus long terme, la fondation pourrait étendre ses activités à d’autres propriétés du Vatican, notamment à Castel Gandolfo ou dans des enclaves extraterritoriales en Italie. Le pape a également évoqué la possibilité de partager l’expertise avec des pays en développement, via des partenariats avec Caritas et d’autres œuvres caritatives.
En conclusion, la fondation Fratello Sole incarne la volonté du Vatican de conjuguer foi, écologie et innovation. Ce projet agrivoltaïque est un signal fort envoyé à la communauté internationale, prouvant qu’il est possible de produire de l’énergie propre sans sacrifier l’agriculture ni l’environnement. Il reste à suivre sa mise en œuvre dans les mois à venir, avec la construction prévue début 2026.
Pour en savoir plus :
– Site officiel du Vatican sur l’énergie : Vatican Energy
– Article de référence sur l’agrivoltaïsme en Europe : Agrivoltaics Europe

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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