Le paysage énergétique africain est en pleine mutation, porté par une croissance spectaculaire de l’énergie solaire. Alors que les bases de données officielles recensent une capacité opérationnelle significative, de nouvelles analyses révèlent que le parc photovoltaïque du continent est en réalité beaucoup plus important. Ce dynamisme positionne l’Afrique comme un marché solaire de premier plan à l’échelle mondiale.
L’Africa Solar Industry Association (AFSIA), référence du secteur, maintient une base de données exhaustive des projets solaires. Celle-ci fait état de 23,4 GW de capacité solaire opérationnelle cumulée à travers plus de 42 000 installations. Cependant, son dernier Africa Solar Outlook 2026 souligne un décalage majeur : la capacité réelle installée pourrait être jusqu’à 2,75 fois supérieure aux chiffres officiellement documentés.
Pour estimer le parc photovoltaïque réel, AFSIA s’est appuyée sur les données d’exportation de modules photovoltaïques depuis la Chine, premier fournisseur mondial. Depuis 2017, l’Afrique a importé 58,1 GW de modules, avec un pic de 16,1 GW rien qu’en 2025. En ajoutant une estimation des importations antérieures à 2017, la capacité totale installée sur le continent pourrait atteindre 63,9 GW.
Cette nouvelle estimation place l’Afrique sous un jour nouveau. En 2025, avec un taux de croissance annuel composé de 17%, le continent a été la région à la croissance solaire la plus rapide au monde, loin devant la moyenne mondiale qui stagnait autour de 2%. Cette performance remet en cause l’idée reçue d’un marché africain peu attractif pour les énergies renouvelables.
D’où provient cette capacité « invisible » ? Elle est principalement attribuable au segment dit Commercial et Industriel (C&I) et au résidentiel. Les grands projets solaires à l’échelle des services publics sont généralement bien répertoriés. En revanche, les installations sur les toits des entreprises, des usines et des foyers, ainsi que les systèmes solaires domestiques, échappent souvent aux radars des bases de données centralisées. Selon AFSIA, 85% de cette capacité non identifiée proviendrait du marché C&I et 15% du résidentiel.
Pour John van Zuylen, CEO d’AFSIA, cette tendance transforme profondément le marché. « L’Afrique semble désormais connaître l’une des croissances les plus rapides au monde et devient un marché clé pour tous les acteurs de l’industrie », explique-t-il. La question centrale est de savoir si cette dynamique est durable. Les prochaines années seront déterminantes pour consolider cette croissance et faire de l’énergie solaire le pilier incontournable de l’électrification africaine.
Cette expansion, soutenue par la baisse continue des coûts des technologies et un besoin criant d’accès à une électricité fiable, ouvre des perspectives immenses. Elle contribue non seulement à combler le déficit énergétique mais aussi à impulser un développement économique résilient et sobre en carbone. Pour suivre l’évolution des politiques et des technologies en la matière, les ressources de l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables (IRENA) sont une référence précieuse.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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