Premier consommateur d’électricité de France avec un réseau de plus de 40 000 km de voies ferrées, la SNCF s’engage résolument dans la transition énergétique. Dans le cadre de son plan stratégique visant à réduire ses émissions de CO₂ de 30 % d’ici 2030, le groupe ferroviaire a lancé une phase de test ambitieuse : produire de l’électricité solaire directement sur ses infrastructures. Plusieurs entreprises innovantes ont été retenues pour cette expérimentation, parmi lesquelles Bankset Energy Group, à l’origine d’un concept unique de station photovoltaïque amovible et connectée posée sur les rails.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de valorisation du patrimoine foncier et industriel de la SNCF. En exploitant les emprises ferroviaires souvent inutilisées – talus, abords de voies, et désormais les rails eux-mêmes – le groupe espère produire une électricité locale, renouvelable et adaptée aux besoins des trains et des infrastructures.
Bankset Energy Group, présidé par l’ingénieur et entrepreneur Patrick Buri, a développé une technologie particulièrement ingénieuse : des modules solaires montés sur une paire de fixations qui s’installent et se démontent en moins de deux minutes, sans aucune intervention lourde sur la voie ferrée. Chaque module fonctionne en mode « off-grid » et est raccordé à une batterie centrale, permettant une production et un stockage décentralisés de l’électricité.
« Je salue l’ouverture de la SNCF à l’innovation et la rigueur de sa démarche d’expérimentation. J’adore innover, et être retenu par le premier groupe ferroviaire de France – exigeant et tourné vers l’avenir – constitue une reconnaissance pour nos équipes comme pour une technologie que nous avons inventée puis éprouvée aux côtés des chemins de fer suisses et allemands », confie Patrick Buri, fondateur et président de Bankset Group.
Une station de démonstration est actuellement déployée sur un site technique SNCF à Paris, et fait l’objet d’un suivi rigoureux depuis plus d’un an. Les premiers retours sont encourageants : selon Bankset, chaque kilomètre de voie équipé pourrait produire suffisamment d’électricité pour alimenter l’équivalent d’une centaine de foyers – une performance qui sera mesurée précisément durant la phase de test.
Bankset ne part pas de zéro. La société a déjà déployé ses premières installations chez la Deutsche Bahn en Allemagne (dès 2020) et auprès des chemins de fer suisses (SOB/CFF) en 2016. Ces expériences ont permis de valider la robustesse des panneaux face aux vibrations, aux intempéries et aux opérations de maintenance ferroviaire.
En Suisse, les modules installés sur une voie de service ont démontré une production stable et une facilité de maintenance qui ont convaincu les opérateurs. Le site officiel de Bankset détaille ces réalisations et les mesures de performance. Ces retours d’expérience sont précieux pour la SNCF, qui dispose du plus grand réseau d’Europe.
L’expérimentation française permettra d’adapter la technologie aux normes et aux contraintes spécifiques du réseau hexagonal : circulation à grande vitesse, trafic dense, zones de transition électrique entre courant continu et alternatif.
L’intégration du solaire sur les voies ferrées présente plusieurs bénéfices majeurs :
D’après la page Transition Énergétique de la SNCF, le groupe vise 20 % d’énergie renouvelable dans son mix d’ici 2025, dont une partie pourrait provenir de ces installations ferroviaires.

Malgré son potentiel, le photovoltaïque ferroviaire doit surmonter plusieurs obstacles :
Bankset a conçu ses fixations pour répondre à ces exigences. Une vidéo de démonstration disponible sur YouTube (exemple à remplacer par une vraie ressource) montre le montage ultra-rapide.
À terme, l’objectif est ambitieux : faire circuler des trains dont une partie de l’énergie provient directement des panneaux installés sur les voies qu’ils empruntent. Ce concept d’« autorail solaire » est déjà à l’étude dans plusieurs pays. En Australie, un train solaire circule sur une ligne touristique depuis 2017. En Inde, certains trains de banlieue intègrent des panneaux sur les toits.
L’expérimentation SNCF-Bankset pourrait ouvrir la voie à une généralisation à grande échelle. Si les résultats sont concluants, la France pourrait devenir un leader du solaire ferroviaire, avec un potentiel de plusieurs centaines de mégawatts installés sur les voies d’ici 2030.
Bankset est un groupe privé d’investissement et une holding globale spécialisée dans l’infrastructure et l’énergie. Présidé par Patrick Buri – ingénieur autodidacte diplômé de Columbia University à New York – le groupe emploie 204 collaborateurs actifs en Suisse, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Italie et à Singapour. Fort d’une expérience dans la banque d’affaires depuis 1996 (Clariden Leu, Credit Suisse), Patrick Buri a fait de l’innovation ferroviaire un axe stratégique.
L’entreprise développe également des solutions de stockage stationnaire et de gestion intelligente des réseaux. Sa présence dans plusieurs pays lui permet de mutualiser les retours d’expérience et d’accélérer la maturation technologique.
En conclusion, la collaboration entre la SNCF et Bankset illustre parfaitement comment l’industrie ferroviaire peut se réinventer pour répondre aux enjeux climatiques. En transformant ses rails en générateurs d’énergie propre, la SNCF pourrait bien inspirer l’ensemble du secteur des transports.
Pour en savoir plus sur les avancées du solaire dans les transports, consultez PV Magazine France qui suit régulièrement ces innovations.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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