L’agrégateur et énergéticien français Elmy franchit une étape majeure dans l’optimisation des énergies renouvelables. La société a signé son premier contrat de valorisation hybride avec un industriel propriétaire d’une centrale photovoltaïque de 6 MWc. Ce modèle innovant combine plusieurs mécanismes de marché pour sécuriser les revenus et améliorer la rentabilité des actifs solaires, une réponse directe à l’évolution du cadre réglementaire et aux nouveaux défis du système électrique.

Comment fonctionne la valorisation hybride d’Elmy ?

Le modèle déployé par Elmy repose sur une segmentation intelligente de la production en trois parts distinctes, chacune valorisée sur un marché spécifique. Cette approche « tranche » permet au producteur de diversifier ses sources de revenus et de s’adapter en temps réel aux conditions du marché.

Une part fixe sécurisée par le complément de rémunération

Une première partie de l’électricité produite est vendue dans le cadre du mécanisme de complément de rémunération. Ce dispositif de soutien public garantit un prix fixe, offrant une visibilité et une stabilité financière essentielle pour les investisseurs. La rémunération est établie au mois M0.

Une part variable en autoconsommation collective

La seconde part est destinée à l’autoconsommation collective (ACC). Elle permet à l’industriel client d’alimenter plusieurs de ses sites distants avec sa propre production solaire. Le prix est fixé au pas mensuel et la répartition de l’énergie entre les sites peut être ajustée chaque mois. Cette flexibilité opérationnelle permet au producteur de valoriser son électricité indépendamment des prix de marché, en fonction de ses besoins propres.

Une part optimisée sur les marchés d’équilibre

La troisième et dernière tranche est valorisée sur les marchés de l’équilibre, au coût des écarts. Elmy utilise ses capacités d’agrégation pour optimiser cette vente en temps réel, en jouant sur la flexibilité. Cette part permet de capter les opportunités de prix élevés et de contribuer activement à la stabilité du réseau électrique.

Une réponse stratégique aux nouvelles obligations réglementaires

Ce développement intervient dans un contexte réglementaire en pleine mutation. Depuis le 1er janvier 2026, la loi DDADUE impose aux parcs solaires et éoliens de puissance supérieure à 10 MW de participer obligatoirement au mécanisme d’ajustement (MA). Cette obligation concerne une part significative du parc français, avec environ 800 MW sur le réseau de transport (RTE) et 3,4 GW sur les réseaux de distribution.

Elmy anticipe cette contrainte et va même au-delà. La société propose sa solution de valorisation hybride à toutes les puissances, y compris inférieures au seuil de 10 MW. « Nous gérons déjà 250 GW d’actifs renouvelables sortis de l’obligation d’achat. Notre objectif est d’atteindre plusieurs centaines de GW d’ici fin 2026 », explique Marc Dando, responsable de la valorisation des flexibilités chez Elmy.

Le pilotage en temps réel, clé de la performance

La réussite de ce modèle repose sur un pilotage fin et réactif des actifs de production. Les équipes d’Elmy surveillent en continu les signaux de prix sur huit marchés différents de l’électricité. « Nous pilotons en temps réel les actifs… en arrêtant la production lorsque les prix sont négatifs », précise Marc Dando. Cette capacité à intervenir sur le marché intraday, où Elmy affiche des performances de premier plan en France, permet de maximiser les revenus tout en apportant la flexibilité nécessaire au système électrique.

En déployant ce premier contrat hybride, Elmy ouvre la voie à une gestion plus agile, optimisée et rentable des parcs renouvelables. Cette innovation positionne l’agrégateur comme un acteur clé pour accompagner la transition énergétique et aider les producteurs à naviguer dans un paysage de plus en plus complexe et concurrentiel.

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