À quelques semaines de la Coupe du monde de football, Emmanuel Macron a convié mardi 26 mai 2025 à l’Élysée plus de 200 industriels, énergéticiens, distributeurs et acteurs de la mobilité pour une « équipe de France de l’électrification ». L’objectif affiché : accélérer la transition énergétique du pays en multipliant les investissements dans la mobilité électrique, le chauffage décarboné et les infrastructures de recharge. Ce sommet intervient juste avant le rendez-vous annuel Choose France, visant à attirer les capitaux étrangers. Retour sur les principales annonces et leur portée stratégique.
La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) fixe un cap ambitieux : inverser le rapport entre consommation d’énergies fossiles et électricité, qui est aujourd’hui de 60 % contre 40 %, pour atteindre l’inverse d’ici 2030. Pour y parvenir, l’exécutif a réuni les grands décideurs du secteur, les invitant à dévoiler leurs projets concrets. Cette « équipe de France » informelle doit permettre de coordonner les efforts publics et privés, tout en donnant une visibilité internationale aux ambitions françaises en matière de décarbonation.
Parmi les participants figuraient des constructeurs automobiles comme Stellantis, des énergéticiens (EDF, Engie), des spécialistes de la recharge (Electra, Lidl, Leclerc) et des industriels britanniques comme Octopus Energy. Le président a rappelé que l’électricité française est déjà produite à 95 % sans CO₂ (nucléaire et renouvelables), mais que la demande intérieure doit décoller pour valoriser cette production et réduire notre dépendance aux importations fossiles.
Le groupe Stellantis a annoncé un investissement de plus d’un milliard d’euros sur son site de Mulhouse pour y produire des véhicules électriques à partir de 2029. Cette décision s’inscrit dans l’objectif présidentiel d’atteindre 400 000 véhicules électriques produits par an en France d’ici la fin de la décennie. Le site alsacien, jusqu’alors dédié aux moteurs thermiques, sera progressivement reconverti. Ce type d’engagement est crucial pour maintenir la souveraineté industrielle de la France face à la concurrence chinoise et américaine.
Le réseau de bornes publiques doit passer de 180 000 points de recharge aujourd’hui à 400 000 d’ici 2030. Plusieurs acteurs ont pris des engagements concrets :
Ces annonces doivent rassurer les consommateurs sur la disponibilité des infrastructures, frein majeur à l’adoption du véhicule électrique. Selon le ministère de la Transition énergétique, le taux d’équipement des parkings privés et publics reste encore insuffisant.
Le secteur du chauffage, dominé par le gaz et le fioul, est une autre priorité. Le gouvernement veut accélérer le remplacement des chaudières fossiles par des pompes à chaleur (PAC). L’objectif est d’atteindre un million d’installations par an d’ici 2030, contre environ 200 000 actuellement. Pour y contribuer, le britannique Octopus Energy a confirmé un projet d’usine en France (montant jusqu’à 150 millions d’euros, 500 à 1 000 emplois potentiels), sans préciser ni site ni calendrier. Il prévoit aussi d’installer 10 000 pompes à chaleur dans l’Hexagone dans les douze prochains mois.
Par ailleurs, la marque française Thomson devrait produire des pompes à chaleur sous son nom en France. Ces initiatives visent à créer une filière industrielle nationale pour réduire la dépendance aux importations asiatiques, qui représentent aujourd’hui plus de 60 % du marché européen des PAC.

Pour les ménages, le dispositif MaPrimeRénov’ reste le principal levier d’aide, même si son budget a été révisé à la baisse en 2025. Les associations de consommateurs réclament des aides plus stables et un accompagnement technique renforcé pour éviter les installations de mauvaise qualité.
Pour financer ces transformations sans alourdir le budget de l’État, le gouvernement mise sur les certificats d’économie d’énergie (CEE). Ce dispositif oblige les fournisseurs d’énergie (les « obligés ») à réaliser des économies d’énergie ou à financer des actions chez les consommateurs. Dans ce cadre, EDF a annoncé une prime supplémentaire de 1 000 € pour certaines pompes à chaleur et une enveloppe additionnelle de 30 millions d’euros pour accélérer l’installation de chaudières électriques dans l’industrie.
Les CEE permettent de débudgétiser une partie des aides, mais leur efficacité est régulièrement critiquée : complexité administrative, fraudes, et effets d’aubaine. Le ministère a promis une réforme du système pour 2026, visant à mieux cibler les ménages les plus modestes et à simplifier les démarches.
Au-delà des annonces, l’enjeu géopolitique est central. La France, qui importe encore massivement des hydrocarbures (gaz, pétrole), subit les fluctuations des marchés mondiaux et les crises – comme celle provoquée par la guerre en Ukraine. En électrifiant massivement les usages (transport, chauffage, industrie), elle pourrait réduire sa facture énergétique et améliorer sa souveraineté. Actuellement, entre 17 % et 20 % de la production électrique française est exportée faute d’une demande intérieure suffisante. Mieux utiliser cette électricité bas carbone est donc une priorité économique et climatique.
Le sommet de l’Élysée a montré une volonté politique forte, mais la concrétisation des projets dépendra de la stabilité réglementaire, du maintien des aides, et de la capacité à former les professionnels du bâtiment et de la mobilité. Les prochains mois seront décisifs pour transformer ces annonces en réalisations tangibles.
Pour approfondir : consultez le site du ministère de la Transition énergétique sur la PPE3, et l’article des Échos sur les détails des investissements.
Article rédigé à partir des annonces du 26 mai 2025 et des données publiques disponibles.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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