Le producteur d’énergie photovoltaïque CVE renforce considérablement sa capacité d’investissement. L’entreprise marseillaise annonce la conclusion d’une opération de financement de 350 millions d’euros, structurée avec Macquarie Asset Management. Ce nouveau financement vise à soutenir le déploiement de la feuille de route industrielle du groupe, tout en lui donnant une assise financière durable. Retour sur les enjeux, la stratégie et les projets qui façonnent cette étape importante pour l’un des acteurs indépendants majeurs du solaire en France.
L’opération a été montée avec Macquarie Asset Management, qui agit en qualité de prêteur unique et d’underwriter, pour le compte de ses clients institutionnels et de ses fonds sous gestion. Ce montage financier reflète la confiance des investisseurs internationaux dans le modèle économique de CVE, mais aussi dans la dynamique de croissance du marché de l’énergie solaire en Europe et dans les territoires où le groupe opère.
Ce financement poursuit un double objectif : accompagner le financement de la trajectoire de développement du producteur tout en optimisant sa structure financière. En d’autres termes, CVE s’offre une marge de manœuvre plus importante pour investir dans ses futurs projets, tout en réduisant la pression sur son bilan.
« Cette opération renforce durablement la solidité financière du groupe et nous donne les moyens de poursuivre l’exécution de notre feuille de route avec la discipline, l’exigence et la vision de long terme qui guident notre développement depuis plus de seize ans », explique Kamil Beffa, directeur général de CVE.
Le groupe CVE n’en est pas à ses premiers projets. Avec plus de 1 GWc de capacité solaire en exploitation et en construction, le producteur marseillais a su bâtir un portefeuille diversifié, composé de centrales au sol, d’ombrières et d’installations sur bâtiments. Cette capacité installée place CVE parmi les acteurs indépendants les plus actifs du marché photovoltaïque français.
Cette nouvelle enveloppe intervient alors que le solaire représente aujourd’hui plus de 4 % de la production électrique française, selon les dernières données publiées par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité. Pour atteindre les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie, la France doit encore amplifier le rythme de déploiement des centrales photovoltaïques. Dans ce contexte, le financement obtenu par CVE contribuera directement à la construction de nouvelles capacités de production.
Parmi les projets emblématiques du groupe figure le démonstrateur agrivoltaïque « Fructus Aqua Solar », inauguré fin juin à Mallemort, dans les Bouches-du-Rhône. Ce projet unique associe production photovoltaïque et arboriculture, en démontrant qu’il est possible de concilier rendement agricole et génération d’électricité verte.
L’agrivoltaïsme est devenu un enjeu stratégique pour la filière. Il permet de protéger les cultures contre les aléas climatiques, tout en maintenant un revenu complémentaire pour les exploitants. L’ADEME et les pouvoirs publics ont récemment précisé le cadre réglementaire de ces installations, afin d’éviter les dérives et de garantir une réelle valeur ajoutée agricole. Des dispositifs comme celui de Mallemort servent ainsi de vitrines pour tester des modèles économiques et techniques à l’échelle nationale.
Forts de cette nouvelle capacité de financement, les dirigeants de CVE entendent poursuivre une stratégie résolument internationale. Le groupe est déjà présent dans plusieurs pays d’Europe, notamment en Grèce, en Espagne et au Portugal, et développe des projets en Amérique du Nord et en Afrique.
Cette ouverture hors de l’Hexagone est portée par une double dynamique. D’une part, les conditions d’ensoleillement et les cadres de soutien publics dans ces régions offrent des perspectives de rendement attractives. D’autre part, les coûts de construction et d’installation y sont parfois plus compétitifs qu’en France. Le groupe peut ainsi mutualiser ses compétences techniques et commerciales pour accélérer sa croissance à l’export.
L’annonce de CVE s’inscrit dans un mouvement global d’augmentation des financements dédiés aux énergies renouvelables. Selon les derniers chiffres publiés par l’Agence internationale de l’énergie, les investissements mondiaux dans le solaire photovoltaïque devraient dépasser pour la première fois ceux du pétrole et du gaz au cours des prochaines années. Dans ce paysage, les acteurs de taille intermédiaire comme CVE cherchent à capter des financements à long terme pour sécuriser leurs ambitions.
Pour Macquarie Asset Management, ce partenariat représente également une opportunité de renforcer son exposition au secteur des infrastructures énergétiques bas carbone en France. Le groupe australien est déjà bien implanté dans le pays et multiplie les opérations dans les énergies renouvelables, le transport et la transition écologique.
Avec cette enveloppe de 350 millions d’euros, CVE se donne les moyens de viser une étape supplémentaire : porter sa capacité installée à plusieurs gigawatts dans les prochaines années. La société prévoit notamment de développer de nouveaux projets photovoltaïques en s’appuyant sur des technologies toujours plus performantes, comme les panneaux bifaciaux ou les systèmes de suivi solaire.

Le groupe entend par ailleurs poursuivre sa collaboration avec le monde agricole, à travers des installations pensées pour préserver les sols et améliorer la conduite des cultures. C’est tout le sens du projet Fructus Aqua Solar, qui doit permettre de valider des protocoles de gestion de l’eau et de production sous panneaux.
Dans un marché français en pleine structuration, la solidité financière devient un avantage compétitif décisif. Elle permet d’investir dans le foncier, de préfinancer les études environnementales et de sécuriser les raccordements au réseau électrique.
La transition énergétique pousse les entreprises et les collectivités à rechercher des solutions locales de production d’énergie propre. La finance verte joue ici un rôle clé, en apportant des capitaux à long terme aux porteurs de projets. Les fonds d’infrastructure et les assureurs, via des acteurs comme Macquarie, considèrent les centrales solaires comme des actifs stables, prévisibles et rentables sur plusieurs décennies.
Sur le plan réglementaire, la loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, promulguée en 2023, a fixé un cap clair : multiplier par dix la capacité solaire installée en France d’ici 2050. Pour atteindre cet objectif, les acteurs privés devront mobiliser des milliards d’euros. L’opération conduite par CVE montre qu’une partie de ce financement peut venir de partenaires bancaires et d’investisseurs institutionnels spécialisés.
Reste encore à lever des freins administratifs et fonciers, notamment sur l’accès au foncier artificiel et la rénovation des grandes toitures. Les retours d’expérience comme celui de CVE, qui parvient à combiner croissance rapide et solidité financière, devraient encourager les autres acteurs de la filière à renforcer leurs propres capacités de financement.
Avec un carnet de commandes bien rempli, un actionnariat stable et des partenaires financiers de premier plan, CVE aborde une nouvelle phase de son développement. L’entreprise continue par ailleurs d’explorer de nouveaux segments comme le stockage par batteries, qui devient une composante stratégique des centrales solaires pour garantir la stabilité du réseau électrique.
La levée de 350 millions d’euros ne constitue donc pas une simple opération financière : elle marque une accélération dans la consolidation du secteur des énergies renouvelables en France, et témoigne de la maturité atteinte par des sociétés comme CVE pour structurer des financements massifs.
Depuis sa création, CVE a fondé son développement sur une conviction : le solaire doit s’imaginer à l’échelle locale, en lien étroit avec les territoires. Le siège marseillais du groupe incarne cet ancrage méditerranéen, tandis que les projets se déploient aujourd’hui bien au-delà des frontières françaises.
En parallèle de la croissance de ses capacités, l’entreprise accorde une attention particulière à la protection de la biodiversité, à l’économie circulaire des panneaux photovoltaïques et au dialogue avec les riverains. Ces éléments sont désormais intégrés par les prêteurs institutionnels comme des critères d’éligibilité, renforçant la nécessité pour chaque développeur de bien prendre en compte ces aspects dès la conception des centrales.
CVE prouve que l’on peut conjuguer rentabilité financière, utilité sociale et respect de l’environnement. Son exemple inspire d’autres énergéticiens, et contribue à dessiner les contours d’une industrie solaire française plus compétitive et plus responsable.
L’opération de financement avec Macquarie Asset Management est désormais bouclée. Tous les feux sont au vert pour qu’au fil des prochains trimestres, de nouveaux chantiers sortent de terre, en France et à l’étranger.
Pour en savoir plus sur les acteurs et le marché cités dans cet article, vous pouvez consulter le site officiel de CVE, la page dédiée de Macquarie Asset Management, ou encore les ressources de l’ADEME sur le photovoltaïque.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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