L’intelligence artificielle (IA) révolutionne la production et la distribution d’énergie en permettant aux réseaux intelligents d’analyser en temps réel les données, de prévoir la demande et d’optimiser l’équilibre entre l’offre et la consommation. Selon un rapport récent de GlobalData, cette technologie devient le pilier central d’un système électrique plus propre, plus fiable et plus résilient.
Les réseaux intelligents (smart grids) intègrent des capteurs, des objets connectés (IoT) et des algorithmes d’apprentissage automatique pour gérer dynamiquement les flux d’énergie. L’IA permet notamment de :
Des entreprises comme Solcast et RisingStack utilisent déjà l’IA pour diffuser des prévisions d’irradiance solaire, aidant les opérateurs à planifier les réserves. De même, le parc éolien de Hornsdale exploite des données météorologiques pour affiner ses prévisions et éviter les pertes de capacité.
Le marché mondial du transport d’énergie connaît une croissance soutenue. Selon GlobalData, l’investissement dans ce secteur atteindra 378,3 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 10,1 % par rapport à 2024. Il devrait grimper à 586 milliards de dollars d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 9,2 %. Les postes électriques concentrent la majorité des investissements (274,3 milliards), suivis par les lignes de transmission (104 milliards).
Rehaan Shiledar, analyste énergétique chez GlobalData, explique : « Les initiatives gouvernementales, l’intégration des énergies renouvelables et la demande pour un réseau plus résilient stimulent ces investissements. »
Plusieurs innovations convergent pour créer un système énergétique plus décentralisé et intelligent :
Des entreprises comme ABB Electrification utilisent la modélisation numérique pour améliorer l’efficacité du réseau. Le Dynamic Line Rating (DLR) d’Enline permet d’optimiser les lignes de transport en temps réel.
Hitachi Energy et GE Vernova développent des solutions d’automatisation de la distribution et de contrôle des microréseaux, facilitant l’intégration des énergies renouvelables et du stockage.
Les VE deviennent un maillon essentiel des réseaux intelligents. En Inde, GNA Energy a lancé « GNAi », une plateforme IA pour l’optimisation du réseau et la gestion des compteurs intelligents.
Les systèmes de gestion des ressources énergétiques distribuées (DERMS) permettent d’intégrer harmonieusement panneaux solaires, éoliennes et batteries. EDF utilise ces outils pour atténuer les pics de tension et les fluctuations de fréquence.
Les centrales virtuelles (VPP) représentent une autre avancée majeure. Elles agrègent des ressources décentralisées (solaire résidentiel, batteries de VE, charges industrielles) pour agir comme un actif unique. Xcel Energy, en partenariat avec Itron et Tesla, a développé un VPP avancé qui intègre batteries domestiques, panneaux solaires et thermostats intelligents via la plateforme IntelliFLEX DERMS. Ce système stabilise le réseau lors des pics de charge.
Rehaan Shiledar conclut : « Ces solutions renforcent la sécurité énergétique, l’efficacité des coûts et l’intégrité écologique. Elles favorisent un écosystème énergétique véritablement durable. »
Pour approfondir le sujet, consultez le rapport complet de GlobalData sur les réseaux intelligents : Smart Grid : Strategic Intelligence. Vous pouvez également lire notre article sur les réseaux intelligents selon l’Agence internationale de l’énergie.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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