Galileo énergies nouvelles, filiale du groupe d’investissement Galileo (ex-Quénéa), annonce le développement de cinq nouveaux projets photovoltaïques à grande échelle dans le département du Lot-et-Garonne. Ces installations, situées aux alentours d’Agen, s’inscrivent dans une stratégie de déploiement de l’agrivoltaïsme, combinant production d’électricité solaire et activités agricoles, notamment l’élevage bovin.
Chaque projet représente une puissance d’environ 10 MWc, pour une capacité totale de près de 50 MWc. Selon un porte-parole de l’entreprise, certains projets seront soumis aux appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), tandis que d’autres pourront être développés via des contrats d’achat direct d’électricité (PPA). Cette flexibilité permet de s’adapter aux fluctuations du marché, comme le précise le développeur : « En fonction des opportunités de marché au moment de leur financement ou mise en service, nous choisirons le modèle le plus pertinent. »
L’agrivoltaïsme, qui associe production photovoltaïque et exploitation agricole sur une même parcelle, connaît un essor important en France. Dans le Lot-et-Garonne, les projets de Galileo sont conçus en partenariat avec des exploitations d’élevage bovin. Les panneaux solaires surélevés offrent une ombre partielle aux animaux, réduisant le stress thermique en été et améliorant le bien-être animal, tout en permettant le maintien des cultures fourragères sous les structures.
Cette approche répond aux exigences du cadre réglementaire français, qui impose que la production agricole reste l’activité principale sur les terrains agrivoltaïques. Galileo précise que les systèmes de montage sont étudiés pour préserver la mécanisation agricole et assurer une compatibilité totale avec les cycles d’élevage.
Dès la phase de conception, Galileo étudie l’intégration de systèmes de stockage par batteries. Cette hybridation répond aux nouveaux enjeux du réseau électrique : flexibilité, valorisation des périodes de prix bas ou négatifs, services système et meilleure gestion des contraintes de réseau. Comme l’explique le porte-parole : « Nous anticipons l’évolution du mix électrique en couplant le solaire au stockage, ce qui permet de lisser la production et d’optimiser les revenus. »
Cette tendance est confirmée par les récentes analyses de l’Réseau de transport d’électricité (RTE), qui souligne l’importance du stockage pour accompagner la croissance des énergies renouvelables intermittentes.

Les demandes d’autorisation seront déposées à partir de la fin de l’été, avec un passage devant la Commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) prévu d’ici la fin de l’année. Galileo reconnaît que les délais d’instruction constituent un facteur de ralentissement notable : « Les interrogations exprimées par les riverains et les collectivités sont légitimes. Nous investissons beaucoup dans la médiation locale et les prises de contact en amont. »
Pour chaque projet, l’entreprise organise des réunions publiques et des visites de sites afin d’expliquer les bénéfices agronomiques, environnementaux et économiques. Cette démarche de concertation vise à limiter les recours et à accélérer l’obtention des permis.
Le Sud-Ouest de la France, et particulièrement le Lot-et-Garonne, est identifié comme une zone à fort potentiel pour l’agrivoltaïsme. Les surfaces agricoles y sont vastes, l’ensoleillement important et la filière élevage structurée. Galileo, tout comme d’autres acteurs du secteur, y voit un levier pour atteindre les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) tout en soutenant l’agriculture locale.
Ces cinq projets s’ajoutent au portefeuille déjà conséquent de Galileo énergies nouvelles, qui poursuit sa prospection foncière en propre. Le groupe mise sur une combinaison de projets avec stockage et de modèles en PPA pour sécuriser ses investissements face à la volatilité des prix de l’électricité.
L’initiative de Galileo dans le Lot-et-Garonne illustre la maturité croissante de l’agrivoltaïsme en France. En alliant production solaire, élevage bovin et stockage par batteries, ces projets répondent aux enjeux de transition énergétique et de résilience agricole. Le succès de leur déploiement dépendra de la fluidité des procédures administratives et de l’acceptation locale, deux défis que le développeur entend relever par une communication transparente et une anticipation des contraintes.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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