Le groupe canadien Boralex, en partenariat avec son coactionnaire Energy Infrastructure Partners (EIP), a annoncé la conclusion d’un financement de 1,45 milliard d’euros (environ 2,34 milliards de dollars canadiens) dédié à ses activités en France. Il s’agit de la plus importante levée de fonds par dette jamais réalisée par Boralex pour son portefeuille d’actifs renouvelables dans l’Hexagone. Cette opération, qui couvre l’ensemble des projets en exploitation et en développement, marque un tournant dans la stratégie de croissance du groupe sur le marché français.
Ce montant record permettra à Boralex de passer d’une structure multi-emprunteurs à un financement unique et centralisé, offrant une flexibilité accrue pour déployer rapidement de nouveaux parcs solaires, éoliens et de stockage. Selon les dernières données de l’ADEME, la France doit encore doubler sa capacité installée en énergies renouvelables d’ici 2030 pour atteindre ses objectifs climatiques. Ce financement vient donc soutenir directement l’effort national.
Le marché français des énergies renouvelables connaît une dynamique soutenue, portée par la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) et les nouveaux appels d’offres lancés par la CRE. Boralex, déjà bien implanté avec plus de 700 MW d’actifs en exploitation, ambitionne de doubler sa capacité installée en France d’ici 2025. Ce financement de 1,45 G€ arrive à point nommé pour financer des projets éoliens terrestres, des centrales solaires au sol et en toiture, ainsi que des installations de stockage par batteries. Selon PV Magazine France, le solaire photovoltaïque devrait représenter une part croissante du mix électrique français dans les prochaines années, avec un objectif de 40 GW installés d’ici 2030.
Le financement annoncé par Boralex s’inscrit dans une tendance plus large : les grands groupes énergétiques européens et nord-américains multiplient les levées de fonds pour sécuriser les ressources nécessaires à la construction de nouveaux parcs. La solidité du modèle d’affaires de Boralex, combinée à l’expertise d’EIP dans les infrastructures, a convaincu un pool de dix banques internationales, incluant à la fois des partenaires historiques et de nouveaux entrants.
Le montage financier se compose de plusieurs tranches, conçues pour répondre aux besoins spécifiques du cycle de vie des projets :
Cette structure permet à Boralex de centraliser sa liquidité, de réduire les risques d’exécution et d’optimiser ses stratégies contractuelles. Comme l’a souligné Jean-Christophe Dall’Ava, vice-président exécutif et directeur général de Boralex Europe, cette approche offre une agilité commerciale renforcée sur un marché français où les opportunités sont nombreuses mais nécessitent des réponses rapides.

Ce financement est le fruit d’une collaboration étroite entre Boralex (détenant 70 % des activités françaises) et Energy Infrastructure Partners (30 %), qui ont investi ensemble depuis 2022. Eduardo Sauer, directeur général d’EIP, a déclaré que cette opération témoigne de la qualité des actifs et du potentiel de croissance de la plateforme française. Pour Boralex, cette liquidité centralisée permet non seulement d’accélérer les mises en service, mais aussi de renforcer sa capacité à répondre aux appels d’offres de la CRE et aux contrats d’achat direct (PPA) avec des entreprises.
Le conseil financier a été assuré par Rothschild & Co, tandis que le cabinet A&O Shearman a fourni l’accompagnement juridique. Ces acteurs de premier plan garantissent la solidité du montage. Selon Reuters, ce type de financement « hybride » combinant dette amortissable et revolving devient une référence pour les producteurs d’énergies renouvelables cherchant à conjuguer stabilité et flexibilité.
Boralex prévoit de consacrer une part significative de cette enveloppe à des projets solaires photovoltaïques, qui offrent des délais de construction plus courts et un bon rendement sur investissement. La France, avec son plan de 1 000 MW de solaire par an dans les appels d’offres, constitue un marché clé. Le groupe vise également le stockage par batteries, indispensable pour compenser l’intermittence des énergies renouvelables. Selon le ministère de la Transition écologique, la production d’électricité renouvelable a augmenté de 12 % en 2023, portée par une progression record du solaire.
En consolidant sa structure financière, Boralex se donne les moyens de maintenir un rythme de croissance soutenu tout en réduisant son coût moyen du capital. Les analystes du secteur estiment que ce financement pourrait permettre à Boralex d’ajouter 500 à 700 MW de nouvelles capacités en France dans les trois prochaines années, renforçant ainsi sa position parmi les leaders indépendants de l’énergie renouvelable en Europe.
Article rédigé d’après les informations publiées par Boralex et les données du secteur.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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