Dans une décision majeure du 30 mars 2026, le Conseil d’État a annulé l’interprétation restrictive de l’administration fiscale concernant l’exonération de la taxe intérieure de consommation sur l’électricité (TICFE, dite « accise ») pour l’autoconsommation collective (ACC). Cette décision garantit que le tarif nul d’accise s’applique pleinement à toutes les formes d’ACC, y compris les opérations dites « étendues », conformément à l’esprit de la loi.
Le parcours a débuté avec la Loi de finances pour 2025. Après de longs débats parlementaires, le législateur a étendu le bénéfice du tarif nul d’accise – auparavant réservé à l’autoconsommation individuelle – aux opérations d’autoconsommation collective. Cette extension visait explicitement toutes les configurations définies à l’article L. 315-2 du Code de l’énergie, qu’elles aient lieu au sein d’un même bâtiment ou de manière étendue sur un réseau public.
Cette mesure était saluée comme une victoire par la filière des énergies renouvelables, promouvant un modèle essentiel à la transition énergétique. Cependant, l’administration fiscale a publié le 21 mai 2025, au BOFIP, des commentaires (réf. BOI-RES-EAT-000208) limitant considérablement cette exonération. Elle y subordonnait le tarif nul à une « connexion physique directe » entre production et consommation, excluant de fait les opérations étendues où l’électricité transite par le réseau public de distribution.
Face à cette interprétation jugée contraire à la loi, un recours pour excès de pouvoir a été introduit au nom de plusieurs acteurs de la filière. Me Frédéric Paquet, avocat associé au cabinet De Gaulle Fleurance & Associés, a porté ce dossier devant la plus haute juridiction administrative.
L’argumentation reposait sur un principe clair : l’administration fiscale ne peut ajouter des conditions non prévues par le législateur. La loi de finances 2025 renvoyait expressément à l’article L. 315-2 du Code de l’énergie, qui englobe sans distinction l’ACC dans un même bâtiment et l’ACC étendue. En créant une distinction matérielle, l’administration était sortie de son rôle d’interprète pour édicter une règle nouvelle.
Suivant les conclusions favorables du rapporteur public, le Conseil d’État, dans son arrêt du 30 mars 2026, a annulé les commentaires litigieux du BOFIP. Les juges ont estimé que l’administration avait excédé ses compétences en ajoutant une condition de « connexion physique directe » aux articles L. 312-79 et L. 312-87 du code des impositions sur les biens et services.
La haute juridiction a ainsi réaffirmé la primauté de la volonté du législateur, qui avait explicitement choisi d’inclure toutes les formes d’ACC dans le bénéfice de l’exonération pour soutenir le développement des énergies renouvelables.
Cette victoire juridique a des implications concrètes et immédiates pour la filière :
Cette décision stabilise le cadre juridique et économique de l’autoconsommation collective, un levier essentiel pour atteindre les objectifs de la Stratégie Française pour l’Énergie et le Climat.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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