Dans le secteur de l’énergie solaire en pleine numérisation, la disponibilité permanente des systèmes de supervision et de contrôle est cruciale. Parmi les cybermenaces les plus redoutées figurent les attaques par déni de service distribué (DDoS). Ces assauts visent à paralyser les infrastructures en les submergeant de trafic, compromettant ainsi la stabilité des réseaux et la production d’énergie renouvelable. Cet article décrypte le mécanisme de ces attaques, leur impact spécifique sur les parcs photovoltaïques et les solutions pour s’en protéger.
Une attaque par déni de service distribué (DDoS) a pour objectif de rendre un service réseau indisponible en l’écrasant sous un flux de données massif. Contrairement à une attaque simple, une attaque DDoS est lancée depuis un grand nombre de machines compromises (un botnet), ce qui la rend plus puissante et difficile à bloquer.
Le processus suit généralement ces étapes :
Pour comprendre l’ampleur mondiale de cette menace, vous pouvez consulter les rapports réguliers du Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA).
Les centrales solaires et les systèmes de stockage par batterie (BESS) modernes dépendent d’une communication continue avec le réseau électrique pour optimiser la production, participer aux services auxiliaires et assurer la stabilité. Cette interconnectivité les expose.
Une attaque réussie peut avoir des conséquences graves :
« Les attaques DDoS sont particulièrement risquées pour les opérateurs de BESS. Une centrale BESS dépend de communications en temps réel avec le réseau pour participer aux marchés de stabilité. Une attaque DDoS va effectivement brouiller ces communications… Cela va nuire à la capacité de la centrale à générer des revenus », explique Uri Sadot, directeur général de SolarDefend.
Les cybercriminels adaptent leurs méthodes aux spécificités des infrastructures énergétiques.
Elles saturent la bande passante totale de la connexion internet du site, empêchant toute communication. C’est la méthode la plus brutale.
Plus ciblées, elles visent des services précis comme les interfaces web des onduleurs, les API des plateformes de supervision ou les serveurs SCADA. En envoyant des requêtes apparemment légitimes mais en très grand nombre, elles épuisent les ressources du serveur.
Elles exploitent les faiblesses des protocoles de communication (comme TCP/IP) pour épuiser les tables de connexion des équipements, les rendant incapables de gérer de nouvelles demandes.
Une stratégie de défense efficace repose sur plusieurs couches de protection.
Avoir un plan de réponse aux incidents cyber est essentiel. Ce plan doit définir qui fait quoi, comment isoler les segments attaqués et comment basculer vers des modes de fonctionnement dégradés pour maintenir une production minimale.
La menace DDoS n’est pas théorique. « Lors d’un incident récent en 2024, le fournisseur japonais d’outils de supervision Contec a annoncé que 800 de ses produits avaient été détournés pour former un botnet DDoS », rappelle Uri Sadot. Cet exemple montre que les équipements de l’Internet des Objets (IoT), de plus en plus présents dans les centrales, peuvent devenir des vecteurs d’attaque s’ils ne sont pas sécurisés.
La sécurisation d’un parc photovoltaïque contre les DDoS est un investissement continu. Elle combine une architecture réseau robuste, des outils de protection adaptés et une vigilance opérationnelle. En adoptant une approche proactive, les opérateurs peuvent garantir la disponibilité et la résilience de leurs actifs, piliers de la transition énergétique.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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