Le ministère de la Transition énergétique a publié les résultats de la quatrième période de l’appel d’offres (AO) solaire dédié aux Zones non interconnectées (ZNI) pour l’année 2023. Les chiffres confirment une tendance persistante : le dispositif reste fortement sous-souscrit, avec seulement cinq projets retenus pour une puissance totale de 40,07 mégawatts crête (MWc), sur un objectif initial de 99 MWc. Cette nouvelle session, marquée par une baisse significative des prix, soulève des questions sur les freins structurels au développement photovoltaïque dans ces territoires insulaires et ultramarins.
Les cinq dossiers lauréats se répartissent principalement en Corse, en Guyane et à La Réunion. Ils concernent des installations de puissance supérieure à 500 kWc, incluant des centrales au sol et des projets sur bâtiments ou ombrières.
Cette répartition géographique reste déséquilibrée, avec une concentration des candidatures en Corse et une absence de projets déposés en Martinique, comme lors de la période précédente.
Un des enseignements de cette session est la chute du prix moyen pondéré de l’électricité produite. Il s’établit à 92,04 € par mégawattheure (MWh), en nette diminution par rapport au prix moyen de 112,52 €/MWh observé lors de la troisième période. Cette baisse pourrait refléter une optimisation des coûts par les développeurs ou une concurrence accrue sur les projets présentés.
Cependant, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) appelle à la prudence dans l’interprétation de ce chiffre. Dans sa délibération, elle note que « compte tenu du faible nombre de dossiers, aucune tendance de fond statistiquement fiable ne saurait être dégagée ». La robustesse statistique de ce prix moyen est donc limitée.
Face à la sous-souscription chronique de cet appel d’offres depuis son lancement, la CRE a engagé une analyse des causes. Plusieurs freins majeurs ont été pointés du doigt :
Le développement du solaire dans les ZNI est pourtant un levier stratégique. Comme le rappelle la CRE, il permet de substituer une production locale et renouvelable à celle, plus coûteuse et carbonée, des centrales thermiques historiques. Cette substitution génère des économies substantielles sur les charges de service public de l’énergie (CSPE), qui financent la péréquation tarifaire dans ces zones.
La persistance de la sous-souscription appelle à une adaptation du dispositif. La CRE plaide pour la poursuite de l’analyse et la mise en œuvre de mesures correctives afin de fluidifier le développement des projets, d’améliorer la visibilité pour les investisseurs et d’atteindre les objectifs de transition énergétique fixés par la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour ces territoires.
La prochaine période de cet appel d’offres sera donc scrutée avec attention pour voir si les enseignements tirés permettront d’inverser la tendance et d’attirer un volume de projets à la hauteur des ambitions.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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