La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a récemment publié le cahier des charges de la nouvelle période de l’appel d’offres simplifié photovoltaïque, rebaptisé « PPE2 Petit PV ». Ce dispositif, qui concerne les installations de 100 à 500 kWc en France métropolitaine, évolue de manière significative : il intègre désormais les centrales au sol, en plus des installations sur bâtiment et ombrières. Cette ouverture suscite à la fois des opportunités et des interrogations au sein de la filière. Décryptage complet de cette évolution majeure pour le marché solaire français.

Contexte et objectifs de la PPE2 Petit PV

La « PPE2 Petit PV » s’inscrit dans le cadre de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de la France, qui vise à accélérer le déploiement des énergies renouvelables. Cet appel d’offres simplifié, géré par la CRE, cible les installations photovoltaïques de taille intermédiaire (100 à 500 kWc). Jusqu’à présent, seuls les projets sur bâtiment et ombrières étaient éligibles. Avec cette nouvelle période, les centrales au sol de même puissance peuvent désormais candidater, marquant une étape importante pour le secteur.

L’ouverture au sol : opportunités et réserves

Un avantage compétitif pour le PV au sol

L’intégration des centrales au sol dans cet appel d’offres ouvre la voie à des projets souvent moins coûteux en termes d’investissement que le photovoltaïque en toiture. Les terrains plats et dégagés permettent en effet de réduire les coûts de structure et d’installation, ce qui peut se traduire par des prix de vente de l’électricité plus bas. Cependant, cette différence de compétitivité inquiète une partie de la filière, qui craint une concurrence déséquilibrée entre les porteurs de projets sur bâtiment et ceux exploitant le sol.

Les craintes d’une distorsion de concurrence

Plusieurs acteurs du photovoltaïque, notamment les installateurs spécialisés en toiture, redoutent que les centrales au sol captent une part disproportionnée des volumes attribués, au détriment des projets intégrés au bâti. La CRE devra veiller à ce que les critères d’évaluation préservent un équilibre entre ces deux typologies. Le prix plafond, fixé à 95 €/MWh, reste le critère principal, mais d’autres éléments (comme la résilience des approvisionnements) pourraient jouer un rôle différenciant.

Complément de rémunération et autoconsommation

Comme pour les autres appels d’offres photovoltaïques, le mécanisme de complément de rémunération s’applique. Une nouveauté notable : la part d’électricité valorisée dans le cadre de l’autoconsommation (individuelle ou collective) est désormais prise en compte. Ainsi, les installations de 100 à 500 kWc, même si elles consomment tout ou partie de leur production sur site, peuvent bénéficier du dispositif. Cela encourage les modèles hybrides, où l’énergie produite est à la fois autoconsommée et vendue sur le réseau.

Critères de résilience de la chaîne d’approvisionnement

Le cahier des charges introduit des exigences inédites concernant la traçabilité et la robustesse de la chaîne d’approvisionnement. Les candidats doivent justifier de l’origine de composants stratégiques : modules photovoltaïques, cellules et onduleurs. Cette mesure vise à réduire la dépendance de la France vis-à-vis de fournisseurs extérieurs, notamment chinois, et à renforcer la souveraineté énergétique nationale. Les projets devront fournir des preuves documentaires solides pour satisfaire à ce critère.

Volume mis en concurrence et calendrier

Pour cette période, le volume total mis en concurrence est porté à 288 MWc, contre 192 MWc lors de la première session. Cette augmentation reflète la volonté des pouvoirs publics d’accélérer le déploiement solaire. Les candidatures peuvent être déposées du 20 au 31 juillet 2026, à 23h59. Le prix plafond de référence est fixé à 95 €/MWh. Les candidats devront respecter des délais stricts pour soumettre leurs dossiers complets via la plateforme dédiée de la CRE.

Enjeux et perspectives pour le photovoltaïque français

L’ouverture de la PPE2 Petit PV au sol représente une avancée majeure, mais elle soulève aussi des défis. D’un côté, elle offre aux développeurs de centrales au sol un accès à un mécanisme de soutien adapté, favorisant la diversification des sources de production. De l’autre, elle impose une vigilance sur la préservation des surfaces agricoles et naturelles, ainsi que sur l’acceptabilité locale des projets. La filière devra innover pour proposer des installations au sol respectueuses de l’environnement (agrivoltaïsme, ombrières de parking, etc.).

Les acteurs du secteur suivent de près l’évolution des critères, notamment ceux liés à la résilience et à l’autoconsommation. Pour en savoir plus, consultez le site officiel de la CRE ainsi que les analyses spécialisées de pv magazine France et du ministère de la Transition écologique.

En conclusion, la PPE2 Petit PV constitue un tournant pour le solaire de taille moyenne en France. En élargissant l’éligibilité aux centrales au sol, tout en renforçant les exigences de traçabilité et en intégrant l’autoconsommation, ce dispositif cherche à concilier croissance des renouvelables et souveraineté industrielle. Les candidats ont jusqu’à juillet 2026 pour préparer des dossiers compétitifs et conformes.

Sources : CRE, ministère de la Transition écologique, pv magazine France.

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