Un consortium européen baptisé SUNRISE veut produire des modules photovoltaïques sans verre, en intégrant les cellules solaires dans des composites renforcés de fibres, pour équiper des véhicules, des écrans antibruit et des ponts de bateaux. Une première preuve de faisabilité industrielle est attendue d’ici mai 2029.
L’idée répond à une limite des panneaux classiques : leur face avant en verre les rend lourds et rigides. En remplaçant le verre par des polymères renforcés, les partenaires veulent poser du photovoltaïque sur des surfaces courbes ou de forme complexe, là où un module standard ne peut pas aller.
Les cellules sont noyées dans un composite renforcé de fibres (FRP), mis en forme par stratification ou par moulage de composites par voie liquide (LCM, pour Liquid Composite Molding). Le module obtenu est plus léger et peut épouser une forme courbe.
Le consortium ne part pas de zéro. Damien Gautier, du Becquerel Institute, qui coordonne deux volets du projet, et Jaime Cuartero, coordinateur de SUNRISE, expliquent à pv magazine France que certains partenaires avaient déjà validé des travaux avant le lancement : traitement des composites, intégration de cellules en silicium polycristallin dans des structures composites, découpe et texturation laser. Leurs procédés de réplication ont permis de réduire la réflexion totale jusqu’à 50 % lors d’essais menés en laboratoire et en extérieur.
Les travaux portent sur la découpe des cellules, le câblage réversible, les procédés de moulage et de lamination, ainsi que sur des encapsulants conçus pour faciliter le démontage, la réparation et le recyclage. Les rôles sont déjà répartis :
Les développements sur les composites seront adaptés aux installations de Solbian et de Solitek pour la stratification, et à celles de Forster System-Montage-Technik pour les procédés LCM. Le projet s’appuiera ainsi sur trois installations pilotes, chacune dédiée à une partie des procédés. « À ce stade, les travaux portent principalement sur le développement et la validation de ces différents procédés », précisent les chercheurs. La feuille de route de la montée en échelle sera élaborée plus tard, au cours du projet.
L’objectif est de réduire le poids d’au moins 80 %, de diminuer de 30 % les coûts liés au système et de diviser au moins par deux le temps de lamination.
Les partenaires visent un poids réduit d’au moins 30 %, un rendement atteignant 98 % de celui d’une référence TOPCon et une résistance à une pression statique de 5 400 Pa.

Il s’agit d’intégrer le photovoltaïque dans un pont de bateau, sans espace entre les éléments, avec une surface antidérapante et une baisse des coûts supérieure à 20 %.
Passer du prototype à la production commerciale en Europe suppose de lever plusieurs verrous :
Reste l’adoption par une industrie « encore largement habituée aux solutions d’encapsulation conventionnelles à base de verre », soulignent Damien Gautier et Jaime Cuartero. Un comité consultatif industriel doit s’assurer de la pertinence commerciale des solutions développées.
Sources : pv magazine France ; normes de qualification et de sécurité des modules : Commission électrotechnique internationale (IEC).
Le verre rend les modules lourds et rigides. En le remplaçant par un composite renforcé de fibres, le projet SUNRISE vise des modules plus légers, capables de prendre des formes courbes et assez résistants pour être intégrés à un véhicule, à un bateau ou à une infrastructure comme un écran antibruit.
Le projet a démarré fin juin pour 36 mois, et la première preuve de faisabilité industrielle est prévue d’ici mai 2029. La montée en échelle et le déploiement industriel feront l’objet d’une feuille de route établie en cours de projet.
C’est un objectif fixé dès la conception : les encapsulants doivent faciliter le démontage, la réparation et le recyclage. Tout l’enjeu sera de conserver cette recyclabilité avec des cellules à haut rendement comme les TOPCon, IBC, pérovskites ou tandem.
La question reste ouverte. Les normes de référence, IEC 61215 et IEC 61730, ont été conçues pour des modules à base de verre, et la certification des modules en composite fait partie des chantiers à approfondir.
Le projet européen SUNRISE, lancé fin juin pour 36 mois, veut remplacer le verre des modules photovoltaïques par des composites renforcés de fibres afin d’équiper véhicules, écrans antibruit et ponts de bateaux. Ses douze partenaires de huit pays visent des modules plus légers, courbes et recyclables, avec une preuve de faisabilité industrielle d’ici mai 2029. La certification, la durabilité en extérieur et le coût restent les principaux défis avant une production européenne.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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