Un logiciel gratuit permet de calculer le nombre de modules installables sur une toiture à partir d’une simple photographie, sans relevé sur place ni outil de conception assistée par ordinateur. Développé par l’entreprise allemande Tegrona, Tegrona Lite obtient son échelle d’un élément déjà présent sur l’image : les tuiles elles-mêmes.
L’outil s’adresse aux installateurs et planificateurs qui veulent estimer, lors d’une première visite, combien de modules tiennent sur un toit — sans monter sur la toiture, sans relevé et sans passer par un logiciel de CAO. C’est l’étape qui, aujourd’hui, retarde souvent la remise d’un premier chiffrage.
L’usage est simple : à partir de l’image, l’utilisateur délimite la surface du toit avec trois ou quatre points, puis définit des zones d’exclusion autour des obstacles — cheminées, lucarnes, fenêtres de toit, conduits de ventilation.
La difficulté d’une photo prise depuis le sol est connue : les lignes d’égout et de faîtage apparaissent déformées, les rangées de tuiles convergent vers des points de fuite, et rien n’indique l’échelle. La réponse retenue consiste à utiliser la couverture elle-même comme référence dimensionnelle.
Le logiciel redresse la perspective d’après les rangées de tuiles, puis lit les dimensions grâce au pureau — la partie visible d’une tuile une fois posée — dont la valeur est connue pour chaque modèle. L’utilisateur sélectionne le type de tuile, le logiciel identifie et compte les tuiles visibles, et en déduit le rapport entre pixels et dimensions réelles. Des profils courants comme la Frankfurter Pfanne ou la Hohlfalzziegel sont intégrés, et d’autres types peuvent être ajoutés à partir de leurs dimensions de couverture. À défaut, une seule mesure connue — celles d’une fenêtre de toit, par exemple — suffit à fixer l’échelle.
Cette méthode permet aussi de traiter des toitures trapézoïdales ou triangulaires, pour lesquelles une correction fondée uniquement sur quatre coins ne reproduirait pas fidèlement la géométrie. Une fois l’image redressée, la ligne d’égout apparaît à l’horizontale et les rangées de modules peuvent s’aligner dessus.
Géométrie et échelle établies, l’algorithme répartit les modules selon leurs dimensions et leur puissance. Ils peuvent être posés en portrait, en paysage, ou dans une combinaison des deux lorsque cela exploite mieux l’espace. Sur les pans qui se rétrécissent vers le faîtage, les rangées peuvent être décalées latéralement et l’orientation modifiée pour occuper les espaces restants. L’utilisateur fixe les distances minimales aux bords et les zones d’exclusion.
À chaque modification, le logiciel met à jour le nombre de modules, la puissance totale, la surface occupée et le nombre de brides intermédiaires et d’extrémité nécessaires — donnée directement utile au chiffrage, puisqu’elle conditionne la commande de fixations. La configuration s’exporte en PDF ou PNG, l’implantation étant superposée à la photographie d’origine.

Tous les calculs sont réalisés sur l’appareil de l’utilisateur. Dans la version web, le traitement s’effectue dans le navigateur et les photographies ne sont pas transmises à un serveur — ce qui évite aussi le transfert des données de géolocalisation qu’elles contiennent souvent. Un point non négligeable lorsqu’on photographie la maison d’un client, les métadonnées d’un cliché révélant l’adresse précise du bâtiment.
Cet outil ne remplace évidemment pas une étude de dimensionnement complète : productible, orientation, ombrages et adéquation à la consommation relèvent d’outils dédiés, dont les référentiels sont publiés par l’ADEME, tandis que les conditions de raccordement dépendent d’Enedis.
Il utilise les tuiles comme étalon. L’utilisateur indique le type de tuile, le logiciel compte celles visibles sur la photo et, connaissant leur pureau, calcule le rapport entre pixels et dimensions réelles. Une mesure connue, comme une fenêtre de toit, peut aussi servir de référence.
Des photographies prises par drone, des images réalisées depuis le sol ou des plans de toiture. Pour les prises de vue au sol, le logiciel corrige la perspective à partir des rangées de tuiles.
Une fiche au format PDF ou PNG indiquant le nombre de modules, la puissance installée en kWc, la surface couverte ainsi que le nombre de crochets et de pinces intermédiaires et d’extrémité, avec l’implantation superposée à la photo d’origine.
Non. Les calculs sont effectués localement ; dans la version web, le traitement se fait dans le navigateur, ce qui évite également de transmettre les données de géolocalisation contenues dans les images.
En résumé — l’idée tient en une phrase : un toit en tuiles porte déjà sa propre règle graduée. En exploitant les dimensions normalisées de la couverture, l’outil transforme une photo prise depuis le trottoir en calepinage chiffré, fixations comprises. Ce n’est pas une étude de dimensionnement, mais c’est ce qui manquait pour donner un ordre de grandeur crédible au premier rendez-vous.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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