Neoen a lancé les travaux de trois parcs solaires en France pour 87 MWc cumulés : 41 MWc sur l’ancienne base aérienne de Brétigny-sur-Orge, qui deviendra la plus grande installation photovoltaïque d’Île-de-France, et deux parcs agrivoltaïques associés à de l’élevage ovin, dans le Cher et en Charente. Les trois doivent entrer en service au premier semestre 2028.

En bref

  • 41 MWc sur la base militaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), lauréat de l’AMI « Place au Soleil » du ministère des Armées remporté en 2021.
  • 30 MWc à Saint-Just (Cher), avec construction d’une bergerie pour un cheptel d’environ 150 brebis.
  • 16 MWc à La Ferme des Cros (Charente), également en agrivoltaïsme ovin.
  • Mise en service des trois parcs prévue au premier semestre 2028.
  • Plus de 2,5 GW de capacités renouvelables en exploitation ou en construction en France, et près de 300 MW supplémentaires attendus en chantier sous douze mois.

Brétigny-sur-Orge : une friche militaire dépolluée

Le projet le plus important, porté par la société Centrale Solaire BA 217, s’implante sur des terrains de la base militaire de Brétigny-sur-Orge, à cheval sur les communes du Plessis-Pâté et de Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne. Il s’inscrit dans l’appel à manifestation d’intérêt « Place au Soleil » lancé par le ministère des Armées, remporté par le développeur en 2021.

Le chantier a exigé d’importantes opérations de dépollution pyrotechnique avant de pouvoir démarrer — une contrainte propre aux emprises militaires, qui explique le délai entre l’attribution en 2021 et le lancement des travaux. La construction et la maintenance ont été confiées à Eiffage Énergie Systèmes. À sa mise en service, prévue au premier semestre 2028, la centrale deviendra la plus grande installation photovoltaïque d’Île-de-France — une région où la rareté et le prix du foncier limitent fortement le solaire au sol, ce qui donne toute leur valeur aux emprises publiques déjà artificialisées.

Deux parcs agrivoltaïques adossés à l’élevage ovin

Dans le Cher, le parc de Saint-Just développera 30 MWc. Le projet prévoit l’installation d’une nouvelle bergerie destinée à accueillir le cheptel de l’éleveur, composé d’environ 150 brebis. La construction et la maintenance ont été confiées à Sireos, pour une mise en service au premier semestre 2028.

En Charente, le parc de La Ferme des Cros atteindra 16 MWc, avec l’objectif de maintenir et développer une activité ovine tout en produisant une électricité renouvelable locale. Eiffage Énergie Systèmes en assurera la construction et la maintenance, avec la même échéance de mise en service.

Le pâturage ovin est l’association la plus répandue en agrivoltaïsme sur prairie : les brebis circulent sous les panneaux, entretiennent le couvert végétal et bénéficient de l’ombrage lors des épisodes de chaleur. La construction d’un bâtiment d’élevage aux frais du projet, comme à Saint-Just, est l’un des indices permettant de distinguer une opération agricole réelle d’un habillage de centrale au sol — un point d’attention que documente l’ADEME dans ses travaux sur l’agrivoltaïsme.

Un portefeuille français de plus de 2,5 GW

En parallèle de ces trois projets solaires, le développeur construit le parc éolien de Moulin à Vent, en Haute-Vienne : 14 MW répartis sur trois éoliennes, pour une production attendue de près de 28,5 GWh par an.

Neoen engage 87 MWc : une base militaire et deux parcs ovins

Avec ces chantiers, l’entreprise dispose de plus de 2,5 GW de capacités renouvelables en exploitation ou en construction en France, et annonce près de 300 MW supplémentaires devant entrer en construction dans les douze prochains mois. Le rythme est notable dans un contexte où les perspectives d’appels d’offres photovoltaïques sont jugées incertaines par la filière ; il illustre le décalage habituel entre les décisions d’aujourd’hui et des projets attribués plusieurs années plus tôt, dont les conditions de raccordement relèvent d’Enedis et de RTE selon la puissance.

Questions fréquentes

Quels sont les trois parcs solaires lancés ?

Brétigny-sur-Orge dans l’Essonne (41 MWc, sur une base militaire), Saint-Just dans le Cher (30 MWc, agrivoltaïsme ovin) et La Ferme des Cros en Charente (16 MWc, agrivoltaïsme ovin), soit 87 MWc au total, tous prévus en service au premier semestre 2028.

Qu’est-ce que l’AMI « Place au Soleil » ?

C’est un appel à manifestation d’intérêt du ministère des Armées visant à valoriser des emprises militaires pour y implanter des installations photovoltaïques. Le projet de Brétigny-sur-Orge en est issu, le développeur l’ayant remporté en 2021.

Comment fonctionne l’agrivoltaïsme avec des ovins ?

Les brebis pâturent sous et entre les rangées de panneaux : elles entretiennent le couvert végétal, ce qui réduit les besoins de fauche, et trouvent de l’ombre lors des fortes chaleurs. À Saint-Just, le projet finance en outre une bergerie pour accueillir le cheptel d’environ 150 brebis.

Quelle est la capacité de Neoen en France ?

Plus de 2,5 GW de capacités renouvelables en exploitation ou en construction, avec près de 300 MW supplémentaires dont la construction doit démarrer dans les douze prochains mois.

En résumé — 87 MWc engagés sur trois sites qui ont un point commun : aucun ne consomme de terre agricole nouvelle. Une friche militaire dépolluée d’un côté, deux exploitations ovines maintenues de l’autre. C’est désormais la condition d’acceptabilité du solaire au sol en France, et l’échéance commune de 2028 rappelle le temps réellement nécessaire entre l’attribution d’un projet et sa production.

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