SMA a inauguré le 17 septembre sa Gigawatt Factory à Niestetal, près de Kassel : 46 000 m² de terrain, 20 500 m² de bâtiment, 80 millions d’euros d’investissement et une capacité de plus de 60 GW par an à plein régime. La particularité du site tient moins à sa taille qu’à un choix industriel : l’intégration des produits moyenne tension, habituellement sous-traitée, est internalisée.
« Ce qui rend cette usine unique, c’est que nous avons internalisé l’intégration complète des produits moyenne tension, alors que cette étape est traditionnellement réalisée chez des sous-traitants », explique Christoph Zopf, responsable de la production et des opérations. Le site met en œuvre des véhicules à guidage automatique et des systèmes de levage capables de déplacer des conteneurs de 40 pieds pesant jusqu’à 40 tonnes, de nouveaux robots Kuka pour l’assemblage et le vissage, ainsi que des systèmes automatisés pour les étapes critiques mettant en jeu les semi-conducteurs en carbure de silicium.
L’objectif affiché est la polyvalence des lignes : « Nous produisons aujourd’hui des blocs de puissance DC/AC et, à l’avenir, nous produirons également sur la même ligne les systèmes de puissance DC/DC destinés aux solutions hybrides, combinant photovoltaïque et stockage, ainsi qu’aux applications Power-to-Gas. » Plutôt que d’affecter une ligne par produit, l’industriel cherche à réallouer rapidement sa production selon la demande.
Trois familles sortent des lignes : l’onduleur centralisé Sunny Central (2,6 à 5 MW), l’onduleur string Sunny Highpower Peak3 (jusqu’à 180 kW) et le Sunny Central Flex, solution modulaire de conversion intégrée dans un conteneur de 40 pieds.
Ce dernier regroupe dans une même unité conversion DC/AC, conversion DC/DC, transformation moyenne tension et appareillage de commutation, pour atteindre 7,36 MW en DC/AC et 6 MW en DC/DC, avec des semi-conducteurs en carbure de silicium pour le rendement. Ces équipements visent les grandes centrales photovoltaïques, les systèmes de stockage par batteries, les installations hybrides, la production d’hydrogène par électrolyse et les applications nécessitant des fonctions de formation de réseau (« grid-forming ») — des services dont l’importance croît avec la part de production variable, comme le documente RTE.
L’entreprise a recentré sa stratégie sur les grandes infrastructures énergétiques ces deux dernières années, et fait évoluer son portefeuille en conséquence. « Le défi ne consiste désormais plus seulement à produire davantage d’énergie renouvelable. Il s’agit de plus en plus de construire et d’exploiter les infrastructures nécessaires pour intégrer cette énergie renouvelable, stabiliser les réseaux et garantir un approvisionnement énergétique sûr et abordable », souligne Florian Bechtold, vice-président exécutif chargé des grandes installations.
L’ouverture intervient alors que l’Union européenne renforce ses exigences sur les équipements électriques et la sécurité des infrastructures, cherchant à réduire la dépendance envers des fournisseurs de pays tiers sur les installations sensibles — une orientation portée par la Commission européenne. L’industriel indique que certains clients l’interrogent déjà sur le remplacement de technologies chinoises, tout en précisant qu’il est trop tôt pour mesurer l’effet réel de ces évolutions sur ses ventes.

Sur la capacité disponible, son constat est net : avec 60 GW sur ce seul site et les autres fabricants européens, la capacité cumulée atteindrait environ 100 GW, de quoi couvrir largement le marché européen.
Plus de 60 GW par an à pleine capacité, sur un site de 46 000 m² comprenant 20 500 m² de bâtiment, pour un investissement d’environ 80 millions d’euros.
Une solution modulaire de conversion de puissance intégrée dans un conteneur de 40 pieds, réunissant conversion DC/AC, conversion DC/DC, transformation moyenne tension et appareillage de commutation, jusqu’à 7,36 MW en DC/AC et 6 MW en DC/DC.
Parce que cette étape, habituellement confiée à des sous-traitants, conditionne les délais et le contrôle qualité sur des équipements devenus critiques pour le raccordement des grandes centrales. L’internaliser permet de maîtriser la montée en cadence.
Les grandes centrales photovoltaïques, les systèmes de stockage par batteries, les installations hybrides solaire-stockage, l’électrolyse pour la production d’hydrogène et les applications de formation de réseau.
En résumé — l’annonce dit deux choses sur l’état du marché : la valeur se déplace des modules vers l’électronique de puissance et les fonctions réseau, et la capacité européenne sur ce segment n’est plus le facteur limitant. Reste l’inconnue commerciale — les exigences européennes sur la sécurité des infrastructures créent une fenêtre pour les fabricants locaux, mais son effet sur les commandes n’est pas encore mesurable.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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