Le marché secondaire des actifs photovoltaïques — la revente de centrales déjà construites ou en projet — se structure en France. Dernier signal en date : Énergie de Loire, développeur-exploitant actif en Pays de la Loire et en Bretagne, ouvre une activité de rachat et a acquis fin août un portefeuille de 7 MWc auprès de Valénergies.
Trois facteurs se conjuguent selon l’acquéreur. Le ralentissement du développement de nouveaux projets réduit les perspectives de croissance organique. L’accès au financement devient plus sélectif pour les acteurs de taille moyenne. Enfin, la baisse continue des tarifs de rachat pousse certains propriétaires à arbitrer entre conserver l’actif et dégager de la liquidité — un arbitrage d’autant plus pressant que les conditions d’achat de l’électricité renouvelable relèvent d’un cadre encadré par la Commission de régulation de l’énergie.
« On observe, depuis le début de l’année, plusieurs opérations de cession de portefeuilles portées par des acteurs qui cherchent à se recentrer ou à consolider leur trésorerie », indique l’entreprise.
Le marché secondaire français n’en est qu’à ses débuts et ne fait l’objet d’aucune mesure officielle de sa profondeur. Le nombre d’acteurs exprimant un besoin de trésorerie devrait cependant continuer de croître, ce qui laisse anticiper un flux d’opérations soutenu.
Jusqu’ici, la revente d’actifs solaires français relevait surtout de fonds d’infrastructure et de grands énergéticiens. L’entrée d’un développeur-exploitant régional sur ce créneau modifie la donne pour les portefeuilles de taille modeste, souvent trop petits pour intéresser les acquéreurs institutionnels mais trop lourds à porter pour une structure sous tension de trésorerie.
« Notre solidité financière nous permet d’apporter aux propriétaires de centrales une solution concrète et rapide. C’est cette asymétrie qui, selon nous, va structurer le marché dans les prochains mois », explique l’acquéreur. L’argument central n’est donc pas le prix mais la rapidité d’exécution — un facteur déterminant pour un vendeur dont la motivation première est la liquidité. Les statistiques du parc photovoltaïque français, utiles pour situer ces volumes, sont publiées par RTE.

C’est la revente de centrales solaires déjà construites et en exploitation, ou de projets en cours de développement, par opposition au marché primaire qui consiste à développer et construire de nouvelles installations.
Principalement pour dégager de la liquidité ou se recentrer sur son cœur de métier. Le ralentissement du développement de nouveaux projets, un accès au financement plus sélectif pour les acteurs intermédiaires et la baisse des tarifs de rachat renforcent aujourd’hui cet arbitrage.
7 MWc de puissance installée pour plus de 8 GWh de production annuelle, soit un portefeuille de taille intermédiaire — un segment généralement peu adressé par les grands acquéreurs institutionnels.
Non. Il n’existe pas à ce jour de mesure officielle de sa profondeur en France, ce qui rend difficile l’estimation du volume réel des transactions.
En résumé — la revente d’actifs devient une variable d’ajustement pour des développeurs pris entre financement plus rare et tarifs de rachat en baisse. Ce qui se joue n’est pas seulement un transfert de propriété : c’est une consolidation, où les portefeuilles de quelques mégawatts changent de mains au profit d’acteurs capables d’exécuter vite — et sans marché organisé ni référence de prix publique pour arbitrer.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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