La Chine aurait gelé les autorisations réglementaires pour les nouvelles capacités de fabrication de batteries, le temps d’auditer les projets opérationnels et en planification — stockage stationnaire comme cellules pour véhicules électriques. L’information, rapportée par la presse chinoise puis reprise internationalement, n’a fait l’objet d’aucune publication officielle à ce stade.
Les autorités procéderaient actuellement à un examen des projets existants et planifiés, dans les deux grands débouchés de la cellule lithium-ion : le stockage d’énergie stationnaire et la mobilité électrique. Le gel porterait sur les autorisations délivrées à l’échelon provincial pour les usines nouvelles ou en projet, les chantiers déjà lancés n’étant a priori pas concernés.
La prudence reste de mise sur la portée exacte de la mesure : aucun texte n’a été formellement publié sur les portails gouvernementaux. L’absence d’arrêté public n’est toutefois pas inhabituelle — le dispositif s’inscrirait dans la continuité de mécanismes de régulation déjà appliqués par le passé.
Si ces informations se confirment, la décision marquerait un tournant : la fermeture d’un processus largement ouvert visant à développer rapidement les capacités de production, très souvent au moyen de subventions provinciales. C’est cette dynamique qui a produit les surcapacités actuelles, documentées notamment par l’Agence internationale de l’énergie sur l’ensemble de la chaîne de valeur des technologies propres.
Le signal se double d’une mesure fiscale : la réintroduction le mois dernier d’une taxe de 2 % sur les batteries lithium-ion met fin à une exonération de onze ans. Deux leviers convergents — administratif et fiscal — qui suggèrent une volonté de freiner l’expansion plutôt que de la stimuler.
Un ralentissement de l’ajout de capacités chinoises pèserait mécaniquement sur l’offre mondiale et donc sur les prix, aujourd’hui tirés vers le bas par l’excès d’offre. Pour les acheteurs européens de systèmes de stockage — dont le déploiement conditionne l’intégration du solaire, comme le rappellent les analyses de SolarPower Europe — la fenêtre de prix bas pourrait se refermer plus tôt qu’anticipé.

Les autorisations réglementaires provinciales pour les usines de fabrication de cellules nouvelles ou projetées, dans le stockage stationnaire comme dans les cellules pour véhicules électriques. Les projets déjà en construction active ne semblent pas visés.
Pas formellement. Aucun décret ministériel, aucune circulaire de la Commission nationale du développement et de la réforme ni bulletin officiel du ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information n’a été publié sur les portails gouvernementaux. L’information provient de la presse chinoise, recoupée par plusieurs médias.
Pour maîtriser une surcapacité née d’une décennie d’expansion rapide, largement soutenue par des subventions provinciales. La réintroduction d’une taxe de 2 % sur les batteries lithium-ion, après onze ans d’exonération, va dans le même sens.
En résumé — l’information reste à confirmer officiellement, mais la convergence des signaux est nette : gel administratif d’un côté, fin d’une exonération fiscale de onze ans de l’autre. Si la trajectoire se confirme, l’ère des prix de cellules tirés vers le bas par une offre surabondante pourrait toucher à sa fin — un paramètre à intégrer dès maintenant dans le chiffrage des projets de stockage européens.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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