Le solaire photovoltaïque franchit le cap des 3 térawatts installés dans le monde

Dans une tribune publiée sur LinkedIn, Paul Neau, formateur en transition énergétique et auteur d’un Plaidoyer pour la transition éolienne et solaire, analyse l’évolution récente des puissances photovoltaïques installées dans le monde. Les chiffres donnent le vertige : à la mi-2026, la planète comptait au moins 3 térawatts (TW) de capacité solaire photovoltaïque, soit 3 000 000 MW. Un cap historique qui révèle la place désormais centrale de cette énergie dans la transition énergétique mondiale.

Pour Bloomberg, le déploiement rapide de l’énergie solaire est « l’une des grandes épopées du XXIe siècle ». Et les faits lui donnent raison. En l’espace de quelques années, le solaire photovoltaïque est passé d’une technologie émergente à une industrie mondiale incontournable, portée par la baisse spectaculaire des coûts et une volonté politique croissante de décarboner la production d’électricité.

De 100 GW à 3 TW : une progression exponentielle

Pour mesurer le chemin parcouru, il faut se souvenir qu’en 2012, la capacité photovoltaïque installée dans le monde atteignait à peine 100 GW (100 000 MW). Cette puissance équivalait à 1,6 fois le parc nucléaire français. Il a fallu ensuite dix ans pour que l’humanité déploie un premier térawatt (1 000 000 MW) de solaire, seuil franchi en 2022.

Ce premier térawatt a été largement porté par les pays occidentaux. Grâce à des incitations financières, des tarifs de rachat généreux et des aides publiques, l’Europe et les États-Unis ont lancé la dynamique. Les prix des modules restaient alors élevés, et le soutien public était indispensable pour rendre les projets rentables.

Le deuxième térawatt a ensuite été installé en moins de trois ans, cette fois sous l’impulsion de la Chine. Le pays est devenu le moteur principal du déploiement mondial, grâce à une puissance industrielle exceptionnelle et une politique énergétique volontariste. Enfin, à peine deux ans plus tard, la mi-2026 a marqué l’atteinte du troisième térawatt, signe d’une accélération continue.

La Chine mise sur la qualité, les réseaux et le stockage

La Chine n’entend toutefois pas poursuivre sur un rythme effréné au détriment de ses infrastructures. Le déploiement du photovoltaïque, et de l’éolien dans une moindre mesure, a devancé le développement des réseaux de transport d’électricité et des systèmes de stockage. Résultat : un relatif ralentissement du déploiement est attendu dans les années à venir, comme le souligne Paul Neau dans sa tribune.

Pékin mise désormais davantage sur le qualitatif, c’est-à-dire une production solaire alignée sur les périodes de forte consommation. Cette évolution passe par des investissements massifs dans les batteries, la digitalisation des réseaux et l’interconnexion des provinces. L’objectif est d’intégrer une part croissante d’énergies intermittentes sans compromettre la stabilité du système électrique.

Le solaire photovoltaïque franchit le cap des 3 térawatts installés dans le monde

Un déploiement universel : 74 pays au-delà du gigawatt

La troisième phase de croissance se distingue par sa dimension universelle. En 2025, 74 pays disposaient chacun d’au moins un gigawatt (GW) de capacité photovoltaïque installée, contre seulement 42 en 2020. Mieux : 39 pays ont ajouté au moins 1 GW à leur parc solaire au cours de la seule année 2025. Ce n’est plus une affaire de quelques pionniers, mais un mouvement planétaire.

Cette diversification géographique s’explique par la modularité du solaire, qui s’adapte aussi bien aux immenses centrales au sol qu’aux toitures résidentielles, et par la compétitivité de la technologie. Le coût des panneaux photovoltaïques a chuté de plus de 90 % sur la dernière décennie, rendant l’électricité solaire moins chère que le charbon ou le gaz dans de nombreuses régions.

Le Pakistan, exemple d’une adoption massive en toiture

Le Pakistan incarne de manière spectaculaire ce basculement. En 2025, plus d’un quart de l’électricité consommée dans le pays provenait d’installations solaires en toiture. Les ménages et les entreprises ont massivement investi dans des panneaux solaires pour répondre à la mauvaise qualité de la fourniture électrique et aux prix élevés de l’électricité traditionnelle.

Cette percée crée une dynamique vertueuse : mise en place d’un cadre réglementaire, émergence d’un réseau de professionnels qualifiés, retours d’expérience sur les bonnes pratiques. Autant d’éléments qui contribuent à réduire les risques et à attirer les investissements, accélérant encore la transition dans ces pays photovoltaïques.

Le photovoltaïque dans le mix électrique de 26 pays

Autre indicateur de cette réussite : la part du solaire dans la consommation électrique progresse rapidement. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), plus de 10 % de la consommation électrique de 26 pays est désormais assurée par le photovoltaïque, avec des pointes allant jusqu’à 31 %. Le solaire n’est plus une énergie marginale, mais un pilier de la production électrique dans de nombreux États.

Ces chiffres résultent de la combinaison de plusieurs facteurs : ensoleillement, coûts d’investissement en baisse, prix du réseau en hausse, et volonté des gouvernements de renforcer leur indépendance énergétique. Dans les pays émergents, le solaire offre également une solution rapide pour électrifier des zones mal desservies.

Des statistiques qui divergent selon les sources

La croissance est si fulgurante que les données disponibles ne sont pas toujours cohérentes. Si BloombergNEF décrit un seuil de 3 TW franchi à la mi-202

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