Pour la première fois depuis 2011, le marché français des installations photovoltaïques de petite puissance (< 9 kWc) connaît un ralentissement brutal. Le bureau d'études spécialisé Observ'ER vient de publier son rapport annuel 2025, confirmant une chute historique des volumes de vente. Après huit années consécutives de progression, avec un taux de croissance annuel moyen de plus de 43 % entre 2017 et 2024, le secteur subit désormais un véritable coup de frein.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les installations inférieures à 3 kWc ont chuté de 45,4 % par rapport à 2024, passant de 153 250 kW à un volume bien moindre. Sur le segment 3 à 9 kWc, la baisse atteint 17,6 %, avec 564 100 kW installés contre 685 000 l’année précédente. Ces données, issues du rapport complet d’Observ’ER, révèlent une transformation profonde du paysage solaire français.
La principale explication réside dans les changements réglementaires drastiques intervenus en mars 2025. Désormais, pour les installations photovoltaïques de 0 à 9 kWc, il n’est plus possible de vendre la totalité de sa production à EDF Obligation d’Achat (OA). Seul le surplus, c’est-à-dire la part d’électricité non consommée sur place, peut être revendu. Cette mesure a profondément modifié l’équilibre économique des projets solaires domestiques.
Les propriétaires qui comptaient sur un revenu régulier grâce à la vente totale de leur production doivent désormais revoir leur modèle. Ce changement s’inscrit dans une volonté gouvernementale de favoriser l’autoconsommation plutôt que la revente massive, comme le précise le ministère de la Transition écologique dans ses dernières orientations.
Outre le changement de régime, le tarif d’achat du kilowattheure solaire a connu un effondrement spectaculaire. Alors qu’il était encore de 12 centimes d’euro par kWh en début d’année 2024, il n’est plus que d’1 centime aujourd’hui. Cette chute de plus de 91 % décourage mécaniquement toute vente, même de surplus.
Parallèlement, la prime à l’autoconsommation, qui constituait un soutien financier non négligeable pour les ménages, a subi des réductions sévères. Ces trois mesures combinées (impossibilité de vendre la totalité, tarif d’achat symbolique et baisse de la prime) créent un environnement économique particulièrement défavorable pour les petites installations.
Paradoxalement, le prix moyen d’une installation photovoltaïque de 3 kWc a continué de baisser en 2025. Il s’établit désormais à 2,15 centimes d’euro HT par watt, pose comprise (hors équipement de stockage), soit une réduction de 7,3 % par rapport à 2024.

Cette baisse s’explique par une diminution de 11,7 % du prix des équipements (modules, onduleur), grâce à la décrue des coûts de production mondiaux des panneaux solaires. En revanche, la main-d’œuvre a augmenté de 5 %, principalement sous l’effet des revalorisations salariales visant à compenser l’inflation des années précédentes.
Pour obtenir des devis précis et comparer les offres, le site Photovoltaïque Info propose un simulateur et des conseils actualisés.
Le contexte économique incertain de 2025 a également pesé sur la décision d’investir des ménages. L’inflation persistante et la hausse des taux d’intérêt ont réduit la capacité d’emprunt et le pouvoir d’achat des particuliers, qui représentent pourtant l’essentiel du marché des petites puissances.
Cependant, des signaux positifs émergent. L’autoconsommation reste une solution pertinente face à la hausse des prix de l’électricité. Avec un tarif d’achat désormais quasi nul, l’objectif devient exclusivement de produire pour consommer, ce qui peut encore offrir un retour sur investissement intéressant, surtout si le foyer est équipé d’une pompe à chaleur ou d’un véhicule électrique.
Les installateurs professionnels recommandent de dimensionner précisément son installation pour couvrir au maximum ses propres besoins, et de s’équiper d’un système de suivi de consommation. Le site ADEME fournit des guides gratuits sur l’autoconsommation optimale.
En conclusion, 2025 marque une année charnière pour le petit solaire français. Si le modèle économique de la revente totale semble définitivement révolu, l’autoconsommation pure ouvre de nouvelles opportunités pour les ménages capables d’adapter leur consommation à leur production.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Inscrivez-vous en avant-première pour ne rien manquer de nos prochaines actualités.
Saisissez le code reçu par SMS :
Entrez le code de validation envoyé sur votre mobile pour finaliser votre demande.