Alors que l’intelligence artificielle (IA) s’impose comme un levier stratégique de compétitivité et de souveraineté, un collectif de personnalités du secteur de l’énergie tire la sonnette d’alarme dans une tribune publiée le 10 juin 2026 dans Les Echos. André Joffre (Tecsol), Daniel Bour (Enerplan), Jules Nyssen (Syndicat des énergies renouvelables) et Anne-Catherine de Tourtier (France Renouvelables) y rappellent un fait encore trop ignoré du débat public : l’essor de l’IA nécessitera des quantités massives d’électricité bas carbone, et la France doit d’urgence adapter sa stratégie énergétique pour ne pas rater ce virage technologique.
Dans leur texte, les signataires soulignent que la souveraineté numérique ne dépend pas uniquement des talents, des capitaux ou des semi-conducteurs. Elle repose aussi, concrètement, sur la capacité du pays à produire rapidement de l’électricité compétitive, décarbonée et disponible. Or, les besoins des centres de données et des clusters de calcul explosent. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la consommation électrique des data centers pourrait doubler d’ici 2026, portée par l’entraînement et l’inférence des modèles d’IA. La France, qui ambitionne de développer une IA souveraine, doit donc anticiper cette demande.
Un data center moderne peut consommer autant d’électricité qu’une petite ville. L’entraînement d’un modèle de langage de grande taille (LLM) nécessite plusieurs gigawattheures. En France, la part du numérique dans la consommation d’électricité est déjà significative et pourrait atteindre 20 % d’ici 2030 si rien n’est fait. Pour répondre à cette demande tout en respectant les objectifs climatiques, le pays doit impérativement disposer d’une électricité bas carbone. Le nucléaire existant apporte une base, mais les nouvelles centrales EPR2 ne seront pas opérationnelles avant au moins dix à quinze ans. À court terme, les énergies renouvelables constituent la seule solution déployable dans les délais compatibles avec l’urgence industrielle de l’IA.
La tribune insiste sur un point clé : associer les énergies renouvelables au stockage et au pilotage de la demande permet d’alimenter les data centers de manière fiable et compétitive. Les signataires appellent à un changement d’échelle immédiat sur plusieurs fronts. Comme le souligne RTE, le solaire et l’éolien sont aujourd’hui les technologies les plus rapides à installer, avec des délais de quelques mois à quelques années, contre une décennie pour un réacteur nucléaire.
Le solaire photovoltaïque se distingue par sa modularité et sa capacité à être installé sur des toitures, des parkings ombragés ou des centrales au sol. Des projets d’agrivoltaïsme permettent aussi de concilier production alimentaire et énergétique. Avec la baisse continue des coûts des panneaux et des batteries, coupler directement une centrale solaire à un data center devient économiquement viable. Plusieurs opérateurs internationaux comme Google ou Amazon ont déjà signé des contrats d’achat d’électricité renouvelable (PPA) pour leurs infrastructures en Europe. La France peut s’inspirer de ces modèles.

Pour garantir une alimentation 24h/24, l’éolien terrestre et en mer complète utilement le solaire. Les parcs éoliens, notamment offshore en mer du Nord et en Atlantique, offrent des facteurs de charge élevés et une production plus stable. Le stockage par batteries ou par stations de pompage (STEP) permet de lisser les intermittences. Enfin, le renforcement des réseaux électriques est indispensable pour acheminer cette électricité décarbonée vers les data centers, souvent situés dans des zones périurbaines. Le groupe Enerplan et le Syndicat des énergies renouvelables plaident pour une planification intégrée des investissements dans les réseaux et les capacités de production.
Les signataires de la tribune ne se contentent pas d’alerter : ils formulent des propositions concrètes. Il s’agit d’accélérer les procédures administratives pour les projets renouvelables, de massifier le stockage, de soutenir la recherche sur l’efficacité énergétique des algorithmes et des infrastructures, et d’intégrer la question énergétique dans la stratégie nationale pour l’IA. Selon eux, les énergies renouvelables ne sont plus seulement un levier de transition écologique : elles deviennent une condition sine qua non de la souveraineté numérique.
Pour approfondir, nous vous invitons à lire la tribune originale dans Les Echos.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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