Inauguration d’un parc solaire citoyen à Saint-Romans : un modèle d’intégration environnementale

Le 18 juin 2026, le village de Saint-Romans en Isère accueillera l’inauguration d’un parc photovoltaïque unique en son genre. Porté par Enercoop Auvergne-Rhône-Alpes et la SEM Energ’Isère, ce projet de 1,6 MWc illustre comment la production d’énergie renouvelable peut s’harmoniser avec la préservation de la biodiversité et le développement local. Nous vous dévoilons les coulisses de cette réalisation exemplaire, fruit d’une concertation approfondie entre acteurs publics, associatifs et citoyens.

Un projet collaboratif ancré dans le territoire

Ce parc solaire citoyen est le résultat d’une synergie entre la coopérative Enercoop Auvergne Rhône-Alpes – fournisseur d’électricité 100% renouvelable et engagé dans l’économie sociale et solidaire – et la société d’économie mixte Energ’Isère, outil départemental de développement des énergies vertes. Ils ont travaillé main dans la main avec le Parc naturel régional du Vercors et les Centrales Villageoises des Portes du Vercors, association locale de producteurs citoyens.

Un comité de suivi réunissant tous ces acteurs a été mis en place dès les premières études. Il a permis de définir une démarche de développement des énergies renouvelables respectueuse des spécificités du territoire : paysages karstiques, corridors écologiques, activités agricoles et touristiques. Le projet a obtenu le label d’excellence Énergie Partagée, garantissant une gouvernance citoyenne, un financement éthique et un ancrage local fort.

Un parc photovoltaïque respectueux de la biodiversité

Contrairement à certaines centrales au sol qui artificialisent les sols, le parc de Saint-Romans a été conçu sur l’emprise d’une ancienne carrière déjà dégradée. Avant le lancement des travaux, un bureau d’études indépendant (Auddicé Environnement) a réalisé une étude d’impact écologique sur quatre saisons complètes. L’objectif : identifier les espèces protégées présentes (avifaune, reptiles, insectes, flore) et adapter le design du parc pour les préserver.

Les panneaux photovoltaïques sont installés sur des structures fixes surélevées, laissant un espace suffisant pour la circulation de la petite faune et la croissance d’une végétation locale. Aucun défrichement n’a été nécessaire, et les zones les plus sensibles (pelouses sèches, murets de pierre) ont été évitées. Le chantier a respecté un calendrier strict pour ne pas perturber les périodes de nidification.

Des actions de renaturation et de suivi écologique

Au-delà de l’évitement, le projet intègre des mesures compensatoires et de renaturation. En partenariat avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) de l’Isère, des aménagements spécifiques ont été réalisés :

  • Création de mares temporaires pour les amphibiens et les libellules
  • Installation de gîtes à chauves-souris et de nichoirs pour l’engoulevent d’Europe (espèce menacée)
  • Restauration d’une prairie sèche par semis d’espèces locales
  • Suivi floristique et faunistique sur 5 ans après mise en service

Ces actions sont financées par une partie des revenus de la vente d’électricité. Ainsi, le parc ne se contente pas de produire de l’énergie solaire : il devient un outil de gestion écologique du site. Ce modèle a été salué par la direction régionale de l’environnement (DREAL) comme une référence pour les projets solaires en zone sensible.

Un modèle de financement participatif et de PPA

L’électricité produite est vendue dans le cadre d’un PPA (Power Purchase Agreement) à Enercoop, qui l’utilise pour approvisionner ses clients particuliers et professionnels en Isère et dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce contrat de gré à gré, sur une durée de 20 ans, garantit un prix stable et rémunérateur pour les producteurs, sans passer par les appels d’offres étatiques.

Le financement du projet a été ouvert aux citoyens via une campagne d’investissement participatif (obligations ou parts sociales), ce qui renforce l’ancrage local. Les habitants de Saint-Romans et des communes voisines ont ainsi pu devenir co-producteurs de leur énergie. Cette boucle locale vertueuse – production, consommation, investissement – est au cœur de la philosophie des Centrales Villageoises.

Conclusion et perspectives

L’inauguration du 18 juin 2026 marque une étape importante pour la transition énergétique en Isère. Ce parc solaire citoyen de Saint-Romans démontre qu’il est possible de concilier production d’énergie renouvelable, participation citoyenne et respect de la biodiversité. À l’heure où le photovoltaïque au sol suscite des controverses sur l’artificialisation, ce projet apporte une réponse concrète : un développement sobre, intégré et partagé.

Pour en savoir plus sur les projets d’énergie citoyenne, visitez le site d’Enercoop ou celui de la ADEME. Le ministère de la Transition écologique publie également un guide des bonnes pratiques pour les installations photovoltaïques respectueuses de la biodiversité.

Rendez-vous le 18 juin 2026 à Saint-Romans (38) pour la visite du site et les échanges avec les porteurs du projet.

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