Le solaire photovoltaïque continue sa progression en France. Selon le dernier tableau de bord « solaire photovoltaïque » publié par le ministère de la Transition écologique, la puissance cumulée du parc français atteint 33 GW au 31 mars 2026, dont 32,1 GW en France continentale. Ce chiffre marque une étape importante dans la montée en puissance de la filière, même si le rythme de déploiement connaît de légères fluctuations.
Au premier trimestre 2026, la puissance nouvellement raccordée s’élève à 1 495 MW, un volume inférieur de 5 % aux 1 571 MW enregistrés sur la même période en 2025. Cette diminution s’explique en partie par un contexte réglementaire en évolution et par des difficultés d’approvisionnement sur certains composants. Toutefois, la tendance reste soutenue si on la compare aux trimestres précédents.
La répartition par taille d’installation révèle des disparités marquées : les centrales de plus de 500 kW ne représentent que 0,3 % des raccordements en nombre, mais 30 % de la puissance installée. À l’inverse, les installations résidentielles de moins de 9 kW constituent 74 % des raccordements, mais seulement 7 % de la puissance totale. Ce phénomène illustre la prédominance de l’autoconsommation individuelle dans la dynamique du marché.
Sur le premier trimestre 2026, la production brute d’électricité solaire photovoltaïque en France métropolitaine s’est établie à 6,6 TWh, contre 5,9 TWh un an plus tôt, soit une progression de près de 12 %. Hors autoconsommation, la production injectée sur le réseau atteint 6,2 TWh, ce qui représente 4,6 % de la consommation électrique métropolitaine. Ce taux est en hausse de 0,7 point par rapport au premier trimestre 2025.
Cette augmentation s’explique par le gain de puissance installée, mais aussi par des conditions d’ensoleillement favorables dans plusieurs régions. Elle confirme le rôle croissant du solaire dans le mix électrique français, notamment en période de forte demande printanière.
L’autoconsommation poursuit son essor portée par les incitations financières et la baisse du coût des panneaux. Au 31 mars 2026, 62 % des installations photovoltaïques, soit 19 % de la puissance installée, produisent une électricité entièrement ou partiellement autoconsommée. Ces proportions ont respectivement gagné 1,5 et 0,5 point par rapport au trimestre précédent.
Au total, 481 GWh d’électricité solaire ont été autoconsommés en métropole sur le trimestre, soit 7 % de la production brute. Parmi eux, 247 GWh proviennent d’installations en autoconsommation totale, représentant 51 % des volumes autoconsommés. Ces installations totales constituent 14 % du parc métropolitain autoconsommant (total ou partiel) et 9 % de l’ensemble du parc photovoltaïque français.
Au-delà des foyers individuels, l’autoconsommation collective gagne du terrain. Des projets de partage d’énergie entre voisins ou à l’échelle d’une copropriété se multiplient. La réglementation évolue pour faciliter ces montages, avec des tarifs de rachat spécifiques et des aides pour les collectivités. Selon Enedis, le nombre d’opérations d’autoconsommation collective a doublé en un an.
La puissance des projets en attente de raccordement s’élève à 36,1 GW au 31 mars 2026, en léger recul de 2 % par rapport à fin 2025. Parmi eux, 8,4 GW disposent déjà d’une convention de raccordement signée. Ce stock témoigne d’une dynamique persistante dans les demandes de nouvelles installations, même si les délais de traitement restent parfois longs, notamment pour les grandes centrales au sol.
Les gestionnaires de réseau, comme RTE, travaillent à simplifier les procédures et à renforcer les capacités d’accueil du réseau électrique. Des investissements dans les postes sources et les lignes à haute tension sont prévus dans le cadre du Schéma décennal de développement du réseau (SDDR).
La répartition géographique du photovoltaïque reste concentrée. Les trois régions Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes représentent à elles seules 50 % de la puissance raccordée en France au 31 mars 2026. Elles ont également capté 46 % des nouveaux raccordements du premier trimestre, confirmant leur attractivité pour les projets solaires, qu’ils soient résidentiels ou industriels.
Ces territoires bénéficient d’un ensoleillement favorable, de politiques régionales volontaristes et d’une densité d’installateurs importante. La Nouvelle-Aquitaine, en particulier, poursuit son développement avec de grandes centrales au sol et de nombreux projets agrivoltaïques.
A 33 GW, la France se rapproche des objectifs fixés par la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui prévoit 44 GW en 2028. Pour y parvenir, le rythme de déploiement devra cependant s’accélérer : il faudrait raccorder environ 3,5 GW par an en moyenne d’ici 2028. Les acteurs de la filière misent sur l’innovation (panneaux bifaciaux, suivi à un axe, stockage) et sur une meilleure intégration au réseau.
Des freins subsistent : tensions sur les matières premières, manque de main-d’œuvre qualifiée et complexité administrative. Le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures de simplification dans le cadre de la loi d’accélération des énergies renouvelables, notamment pour les ombrières de parking et les bâtiments publics.
À plus long terme, l’objectif de 100 GW de solaire en 2035 (inscrit dans la stratégie nationale bas-carbone) nécessitera un changement d’échelle. L’essor de l’agrivoltaïsme, du solaire flottant et des installations sur friches industrielles devrait y contribuer.
Pour en savoir plus sur les chiffres détaillés, consultez le tableau de bord officiel du ministère.
Le photovoltaïque français poursuit donc sa trajectoire de croissance, soutenu par l’autoconsommation et des projets d’envergure. Les 33 GW atteints au 31 mars 2026 sont un nouveau jalon avant les prochains records attendus.
Article rédigé à partir des données officielles du tableau de bord solaire photovoltaïque – Édition avril 2026.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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