Pékin réagit à l’interdiction des onduleurs chinois par l’UE : tensions commerciales et impacts sur la transition énergétique

La Chine a vivement critiqué la décision de l’Union européenne d’exclure les onduleurs photovoltaïques chinois des projets solaires bénéficiant de financements européens. Dans une déclaration officielle, le ministère chinois du Commerce (MOFCOM) a averti que cette mesure risque de nuire aux relations bilatérales, aux chaînes d’approvisionnement mondiales et à la propre transition énergétique de l’Europe. Cette controverse survient alors que les tensions commerciales entre Pékin et Bruxelles s’intensifient sur fond de compétitivité dans les technologies vertes.

Contexte de la décision européenne

Le 23 avril 2025, l’Union européenne a dévoilé un projet visant à restreindre les financements des installations photovoltaïques utilisant des onduleurs provenant de fournisseurs considérés comme « à haut risque ». La liste des pays concernés inclut la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord. Les onduleurs sont des composants essentiels des systèmes solaires, convertissant le courant continu produit par les panneaux en courant alternatif utilisable par le réseau électrique. Les principaux fabricants chinois – comme Huawei et Sungrow – dominent le marché mondial avec des parts de marché significatives.

Selon pv magazine International, cette exclusion sans précédent marque un durcissement de la politique énergétique européenne. Bruxelles justifie cette mesure par des préoccupations liées à la sécurité des approvisionnements et à la dépendance vis-à-vis de pays jugés stratégiquement sensibles, bien qu’aucune preuve concrète de risques spécifiques n’ait été avancée.

Réaction officielle de la Chine

Le MOFCOM a publié un communiqué dans lequel il dénonce « l’absence de preuves factuelles » et qualifie la désignation de la Chine comme « pays à haut risque » de stigmatisation injuste. Le ministère estime que cette décision « sapera la confiance mutuelle, perturbera la coopération économique et commerciale bilatérale, déstabilisera les chaînes industrielles et d’approvisionnement, et pourrait entraîner un risque de découplage ». La Chine exige la levée immédiate des pratiques discriminatoires et menace de prendre « les mesures nécessaires » pour protéger ses entreprises, sans préciser quelles formes de rétorsion pourraient être mises en œuvre.

Cette réaction s’inscrit dans un contexte plus large de tensions commerciales. L’UE a récemment lancé une enquête sur les subventions accordées aux constructeurs chinois de véhicules électriques, tandis que Pékin a riposté par des mesures antidumping sur certains produits agroalimentaires européens. La question des onduleurs ajoute une nouvelle dimension à ce bras de fer, alors que la Chine est déjà le premier fournisseur de panneaux solaires et de batteries pour l’Europe.

Conséquences potentielles pour l’Union européenne

Le MOFCOM avertit que ces restrictions pourraient se retourner contre l’UE elle-même, en compromettant sa transition verte et sa sécurité énergétique. Les onduleurs chinois sont réputés pour leur compétitivité en termes de coût et de performance. Leur exclusion des projets financés par l’UE risque de ralentir le déploiement des énergies renouvelables, de faire grimper les prix pour les consommateurs européens et d’accroître la dépendance vis-à-vis de fournisseurs alternatifs, qui pourraient ne pas être en mesure d’absorber la demande à court terme.

Selon une analyse de l’Agence internationale de l’énergie, l’Europe importe environ 80 % de ses onduleurs solaires de Chine. Une restriction brutale pourrait ainsi créer des goulets d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement, à un moment où l’UE vise à installer plus de 600 GW de capacités solaires d’ici 2030 dans le cadre du plan REPowerEU. Les experts du secteur estiment que les fabricants européens d’onduleurs, comme SMA Solar Technology en Allemagne ou Fronius en Autriche, ne pourraient pas combler le vide à court terme.

Enjeux géopolitiques et perspectives

Cette mesure s’inscrit dans une tendance plus large de l’UE à diversifier ses sources d’approvisionnement en technologies critiques, face à la montée des tensions géopolitiques. Cependant, le manque de preuves tangibles de risques de sécurité liés aux onduleurs chinois interroge sur les motivations réelles de Bruxelles. Certains analystes y voient une tentative de protéger l’industrie européenne naissante des composants solaires, qui peine à rivaliser avec les géants chinois.

La Chine surveillera de près l’évolution de la situation et évaluera l’impact sur ses entreprises. La possibilité de mesures de rétorsion sur les importations européennes – notamment dans les secteurs aéronautique, agricole ou automobile – reste ouverte. Les prochaines semaines seront décisives : d’une part, l’UE doit finaliser son règlement ; d’autre part, Pékin pourrait intensifier ses pressions diplomatiques et commerciales. L’équilibre entre souveraineté énergétique, compétitivité industrielle et coopération climatique mondiale sera au cœur des négociations à venir.

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