L’Italie accélère sa transition énergétique avec un plan ambitieux pour sécuriser son réseau électrique. L’Autorité de régulation de l’énergie (ARERA) a donné son feu vert à la proposition du Ministère de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, portée par le gestionnaire de réseau Terna, pour lancer un appel d’offres historique. L’objectif : attribuer 16 gigawattheures (GWh) de nouvelles capacités de stockage d’énergie dans le cadre du Mécanisme d’Ajustement de la Capacité pour le Système Électrique (MACSE) prévu pour 2029.

Un objectif ambitieux assorti de prudence

Bien qu’ayant émis un avis favorable, ARERA recommande une approche pragmatique. L’autorité suggère d’ajuster les volumes définitifs mis aux enchères pour tenir compte des projets de stockage déjà en cours de développement ou qui seront acquis via le Marché de la Capacité avant la finalisation de l’appel d’offres. Cette précaution vise à éviter la surcapacité et à optimiser les investissements pour le système électrique national.

Une répartition stratégique sur le territoire italien

Le besoin supplémentaire de 16 GWh n’est pas uniforme. Il est réparti de manière stratégique à travers les différentes zones du pays pour répondre aux spécificités locales du réseau et maximiser l’intégration des énergies renouvelables :

  • Nord et Centre-Nord : 0 GWh. Cette zone, déjà bien interconnectée et dotée d’infrastructures, ne présente pas de besoin supplémentaire identifié pour cet appel.
  • Centre-Sud : Un besoin compris entre 1 GWh (minimal) et 3 GWh (maximal).
  • Sud et Calabre : Un besoin compris entre 3 GWh (minimal) et 11,5 GWh (maximal). Cette zone, riche en potentiel solaire et éolien, est une priorité pour stabiliser le réseau.
  • Sicile : Un besoin compris entre 1 GWh (minimal) et 6 GWh (maximal).
  • Sardaigne : Un besoin compris entre 0,5 GWh (minimal) et 3 GWh (maximal).

Cette répartition distingue le besoin minimal, essentiel pour garantir un niveau de base d’intégration des renouvelables, du besoin maximal, qui représente la capacité que le système peut absorber par zone sans déséquilibre.

La feuille de route de Terna vers 2030

Les analyses de Terna, qui intègrent différentes projections sur le coût du gaz naturel et des technologies de stockage, dessinent une trajectoire claire. Le gestionnaire de réseau anticipe un besoin total de capacité de stockage d’environ 42 GWh d’ici 2030 pour assurer la sécurité d’approvisionnement.

Étant donné que 10 GWh ont déjà été attribués lors de l’appel d’offres MACSE 2028, un besoin supplémentaire de 32 GWh reste à combler pour la décennie. La proposition actuelle consiste à en attribuer la moitié (16 GWh) en 2029. Cette approche par étapes permet de réévaluer précisément les besoins des années suivantes en fonction de l’évolution des coûts technologiques, du prix de l’énergie et des règles de marché, notamment les coefficients qui seront appliqués aux batteries dans les enchères de capacité.

Les enjeux du stockage pour la transition italienne

Ce développement massif du stockage, principalement via des batteries électrochimiques, est crucial pour l’Italie. Il permet de pallier l’intermittence des énergies solaire et éolienne, de reporter la production excédentaire aux heures de pointe, et de renforcer la stabilité et la résilience du réseau. Cette stratégie s’inscrit dans les objectifs plus larges de l’Union européenne en matière de décarbonation et de sécurité énergétique, tels que définis dans le plan REPowerEU.

L’appel d’offres MACSE 2029 représente ainsi une étape décisive pour concrétiser l’ambition italienne d’un système électrique plus vert, fiable et indépendant.

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