Un récent rapport de la Cour des comptes sur le soutien public aux énergies renouvelables a relancé un débat économique et énergétique crucial. Alors que l’institution pointe un coût budgétaire significatif, les professionnels du secteur défendent le rôle stratégique des renouvelables et appellent à une analyse plus globale des dépenses énergétiques de la France.
Dans son rapport, la Cour des comptes évalue le coût cumulé des dispositifs de soutien à la production d’électricité renouvelable et de biométhane à 26,3 milliards d’euros entre 2016 et 2024, soit une moyenne annuelle de 2,9 milliards d’euros. Ce coût, financé via les charges de service public de l’énergie (CSPE), fluctue fortement selon les conditions de marché.
Après une période de dépenses nettes (4,1 à 6 milliards d’euros par an entre 2016 et 2020), la flambée des prix de l’énergie en 2022 et 2023 a temporairement généré des recettes nettes pour l’État. Cependant, la tendance s’est inversée depuis 2024, avec des dépenses nettes estimées à 3,9 milliards d’euros en 2024 et 7,3 milliards d’euros prévus en 2025. Face à ces montants, la Cour recommande une meilleure efficience des aides, via un suivi économique renforcé, des appels d’offres plus compétitifs et une révision des mécanismes d’indexation.
Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et France Renouvelables ont rapidement réagi, contestant une lecture qu’ils jugent partielle et insuffisamment contextualisée.
La recommandation de la Cour d’établir un « plan de lutte contre la fraude » est particulièrement contestée. Jules Nyssen, président du SER, estime que cette formulation laisse supposer des pratiques frauduleuses généralisées. Le rapport cite pourtant seulement 849 suspicions d’écart sur plus de 755 000 contrats de soutien en vigueur fin 2024, concernant majoritairement des contrôles de conformité technique. La filière considère que cet ordre de grandeur ne justifie pas l’alarme soulevée.
Les professionnels soulignent que le coût moyen annuel de 2,9 milliards d’euros intègre des installations anciennes, notamment photovoltaïques, dont les tarifs de rachat étaient bien plus élevés à leurs débuts. À l’inverse, les projets récents bénéficient de soutiens bien moindres, certains étant même compétitifs sans subventions. Cette baisse des coûts illustre, selon eux, la réussite des politiques publiques d’accompagnement de la maturation des filières.
L’argument principal de la filière est la nécessité d’une analyse systémique. Elle invite à comparer le soutien aux renouvelables avec d’autres postes de dépenses énergétiques bien plus conséquents :
Face à ces montants, les 2,9 milliards d’euros annuels pour les renouvelables apparaissent, selon les acteurs du secteur, comme un investissement stratégique pour la souveraineté et la résilience énergétique, permettant de réduire la dépendance aux importations fossiles et leur volatilité des prix.
La filière rappelle que des évolutions réglementaires sont en cours pour améliorer l’efficacité économique des aides. Parmi elles, la possibilité de suspendre la production en période de prix négatifs de l’électricité ou la restriction du guichet ouvert pour le photovoltaïque aux petites installations. Par ailleurs, la mission confiée à Jean-Bernard Lévy et Thierry Tuot travaille à des propositions pour renforcer l’efficacité des dispositifs de soutien, montrant une dynamique d’optimisation constante.
Ce débat dépasse la simple comptabilité budgétaire. Il interroge la vision à long terme de la transition énergétique française : faut-il voir le soutien aux renouvelables comme une charge ou comme un investissement nécessaire pour sécuriser l’approvisionnement et maîtriser les coûts futurs de l’énergie ?

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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