Le marché européen des contrats d’achat d’électricité (PPA) a connu un mois de février exceptionnel. Selon le dernier rapport de la société suisse d’analyse Pexapark, 30 nouveaux PPA, représentant une capacité totale de 2,2 gigawatts (GW), ont été conclus. Ce volume constitue le plus haut niveau mensuel enregistré depuis février 2024 et marque un net rebond par rapport au mois de janvier, illustrant la dynamique robuste de la transition énergétique en Europe.
L’analyse révèle une répartition significative des acteurs engagés. Sur les 30 accords conclus, 21 émanent d’entreprises privées, pour un total de 1,5 GW. Ces PPA d’entreprise permettent aux sociétés de sécuriser un approvisionnement en électricité renouvelable à long terme, de maîtriser leurs coûts énergétiques et de concrétiser leurs engagements en matière de décarbonation. Les sept contrats restants concernent des projets à l’échelle des services publics (utility-scale), représentant 646 MW de capacité.
Le mois de février a été marqué par la signature d’un contrat historique. En Espagne, un PPA solaire de 426 MW a été conclu entre Merlin Properties et Solaria Energía pour une durée de 40 ans. Pexapark qualifie cette durée contractuelle (tenor) de la plus longue jamais observée sur le marché européen des PPA. Ce record contraste avec la durée moyenne d’un PPA, qui se situe actuellement autour de 11 ans. Il témoigne de la confiance des investisseurs dans la stabilité à long terme des technologies solaires et du cadre réglementaire.
Une tendance notable se confirme : environ un tiers des PPA signés en février concernaient des parcs renouvelables déjà en exploitation. Ce phénomène, observé sur plusieurs marchés, s’explique par un écart croissant entre les attentes de prix des acheteurs et des vendeurs. Les projets neufs (new-build) bénéficient d’une prime liée à leur additionnalité, tandis que les actifs opérationnels se négocient plus près de leur valeur fondamentale (PPA Fair Value), souvent avec une décote, offrant ainsi des opportunités différenciées.
Le mois de février a également été riche en contrats pour les systèmes de stockage d’énergie par batterie (BESS). Pas moins de 14 accords, totalisant 1,2 GW/3,3 GWh, ont été signés. Ils couvrent des contrats de flexibilité et des accords d’optimisation marchande. Parmi les faits marquants, on note le premier PPA BESS d’Estonie, associé à un projet solaire, ainsi que quatre contrats de type tolling, dont deux en Grande-Bretagne. Cette tendance souligne le rôle crucial du stockage pour assurer la stabilité des réseaux électriques face à l’intermittence des énergies renouvelables.
Le prix de référence européen des PPA suivi par Pexapark s’est établi à 42,70 €/MWh en février, en baisse de 6,4% par rapport à janvier. Cette tendance à la baisse a été généralisée, avec des reculs observés sur les marchés britannique, néerlandais, français, allemand, nordique, polonais, portugais et espagnol. La baisse la plus significative a été enregistrée en Italie (-11,4% sur un mois), une évolution que Pexapark attribue en partie à l’approbation du décret « DL Energia », qui introduit des mesures visant à réduire les coûts liés au gaz à partir de 2027. Pour suivre l’évolution des prix de l’énergie, les données de l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables (IRENA) constituent une ressource précieuse.
Ce dynamisme du marché des PPA en février 2024 démontre la maturité croissante des mécanismes de financement des énergies renouvelables en Europe. Il souligne l’engagement continu des entreprises et des utilities dans la transition énergétique, malgré un contexte de prix en évolution.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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